Le STJV assigne Amplitude Studios, qui tente de passer en force sur l’IA

communique amplitude contre le passage en force de l'IA

Le STJV a assigné en justice Amplitude Studios qui tente de passer en force sur l’IA générative en évitant tout réel dialogue social. Le CSE d’Amplitude Studios s’associe pleinement à cette demande.

Le contexte

En 2025, le Chief Production Officer d’Amplitude Studios a commencé à organiser des ateliers autour de l’IA générative avec certain·es élu·es du CSE, l’objectif affiché étant d’étudier les intérêts et risques potentiels de l’IA.

En fin d’année, une proposition de “charte interne” sur l’IA a été proposée par le CPO à ces élu·es, leur demandant une relecture. Cette charte aurait ouvert à l’entièreté des salarié·es d’Amplitude Studios la possibilité d’utiliser des outils IA, avec un cadre extrêmement faible. En conséquence, et car iels ne sont pas subordonné·es au CPO en tant qu’élu·es, iels ont préféré temporiser en indiquant en janvier 2026 qu’il fallait mieux prendre le temps de récupérer des avis d’employé·es sur le sujet, et qu’il apparaissait que le sujet étant potentiellement très impactant sur les conditions de travail, qu’il appartenait au cadre de la négociation avec les syndicats.

Le délégué syndical de la section STJV d’Amplitude Studios a répondu pour confirmer qu’en effet la direction devait à priori ouvrir des négociations sur le sujet.

En réponse, la direction a annoncé au CSE une consultation sur cette charte et le CPO a coupé toute discussion additionnelle avec les élu·es du CSE sur le sujet, y compris à une demande de leur part d’en discuter de vive voix pour évacuer toute incompréhension qui aurait pu émerger des échanges par courriel.

Les faits

Depuis janvier 2026, la direction d’Amplitude Studios déploie toute sa créativité pour esquiver le dialogue social avec le syndicat, notamment en ajustant son projet : d’une première tentative de consultation du CSE sur une charte (qui ferait office de facto de règlement intérieur) à un “comité de gouvernance” fixant le cadre consultatif du comité.

Le CSE a répété à de multiples reprises au travers de délibérations votées en réunion qu’il appartenait à l’employeur de négocier avec le STJV, mais aucun des ajustements de l’employeur ne venait répondre à la problématique centrale remontée : effectuer un dialogue social correct.

Finalement, le comité a voté pour assigner l’employeur en justice et faire suspendre une consultation qu’il jugeait illicite en l’absence de négociations préalables.

Cela a finalement amené l’employeur à proposer une négociation au syndicat, fin avril. Mais en parallèle, la direction a décidé de démarrer une phase pilote de Github Copilot, impactant une dizaine de personnes dans l’entreprise, et plutôt que de s’embêter avec une consultation du CSE a préféré se tenir à une simple information. Lors de cette information, le CSE découvre également que la direction avait déjà procédé au développement d’un outil de production en utilisant Claude Code, sans jamais ni les avoir informé ni consulté !

Pour couronner le tout, lors de la réunion d’ouverture des négociations sur le cadrage de l’IA à Amplitude Studios, l’employeur a conditionné la tenue des négociations au maintiens de sa phase pilote sans attendre la fin des négociations, alors que la suspension des décisions de l’employeur afférentes est une obligation légale. Il est intéressant de noter par ailleurs que dans un courriel envoyé à l’issue de cette réunion l’employeur a menti, y prétendant que la réunion avait été “interrompue”, tentant de faire porter le refus du dialogue social au syndicat, alors que la réunion s’est clôt d’un commun accord car nous n’y trouvions pas d’issue dans l’immédiat.

Il nous semble qu’ils ont volontairement vicié cette ouverture de négociation pour se défaire de leurs obligations et faire ce qu’ils souhaitent sans avoir à échanger réellement avec les travailleureuses.

Le syndicat a donc sommé une dernière fois l’employeur de suspendre sa décision de phase pilote et de ré-ouvrir les négociations sur le sujet.

L’employeur n’a pas donné suite à cette demande et nous avons donc été contraints de les assigner pour obtenir gain de cause. Le CSE d’Amplitude Studios rejoint le syndicat dans sa démarche.

Derrière les technicités du dialogue social, un constat : le déni de démocratie

Le sujet est très technique : les rapports sociaux au travail sont codifiés, avec par exemple différentes instances représentatives qui ont des procédures propres (les CSE doivent être informés et consultés, les organisations syndicales négocient, etc), qui peuvent se cumuler ou se substituer en fonction de certains critères… Le résumé des faits précédent montre la complexité du droit social.

Néanmoins, le préambule de la Constitution de 1946, repris en préambule de la Constitution de 1958, est très clair avec son article 8 : “Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.”. Il nous semble que l’esprit de ce texte est d’entériner une volonté de gestion démocratique des entreprises de la République.

En choisissant depuis janvier de chercher tout moyen pour ne pas ouvrir de négociations, malgré une pléthore d’opportunités d’apporter réellement le sujet, nous ne pouvons faire qu’un seul constat : il nous semble que la direction d’Amplitude Studios choisi sur ce sujet de société de nier la démocratie au travail.

Pourtant, n’est-ce pas les travailleureuses de l’entreprise qui créent sa valeur, et qui pourraient se retrouver dans un futur proche contraints à utiliser de l’IA ? Ces travailleureuses ont voté pour & rendu représentatif le STJV, qui est donc l’interlocuteur légitime pour représenter leurs intérêts auprès de l’employeur. La direction, elle, n’a pas été élue.

Les décisions de phase pilote d’IA génératives doivent être suspendues, et la direction d’Amplitude Studios doit revenir à la table des négociations.

Il n’est pas acceptable que sur l’IA générative – un sujet qui agite tant la société par ses questions sociales, sur l’emploi ou encore sur l’écologie – un employeur décide de passer en force sans négocier de bonne foi avec les représentant·es légitimes de ses travailleureuses.

Cela peut paraître trivial quand à côté nos camarades de Spiders ont vu leurs emplois supprimés avec la liquidation du studio ( Liquidation de Spiders – récit d’une casse sociale – STJV ), que celleux d’Ubisoft doivent faire face à une litanie de scandales et mouvements sociaux ( Procès des ex-cadres d’Ubisoft : derrière les excuses, les responsabilités – STJV par exemple), quand les camarades de Kylotonn doivent actuellement combattre pour préserver au mieux leurs emplois avec l’annonce d’un PSE semaine dernière (Kylotonn : pied au plancher, droit dans le mur – STJV), ou bien d’autres luttes encore ; bien trop. Mais ces situations partagent une chose : tout cela émerge quand, justement, le patronat décide de n’en faire qu’à sa tête sans considérer les travailleureuses.

À Amplitude Studios, il nous appartient en ce moment de faire valoir nos droits et d’être considéré·es dignement pour éviter les mêmes travers ; partout dans l’industrie, il faut défendre la démocratie au travail pour préserver nos emplois et améliorer nos conditions de travail.

Kylotonn : pied au plancher, droit dans le mur

Kylotonn : pied au plancher, droit dans le mur. Le visuel est accompagné d'un dessin d'une voiture de rallye dans laquelle sont installés différents personnages de jeux du groupe Nacon.

Aujourd’hui, mercredi 6 mai 2026, aurait du se tenir la première réunion CSE nous informant d’un violent plan de licenciements massif, traduisant la volonté de Nacon. Cette première réunion a été reportée au 13 Mai, probablement pour essayer de ne pas entacher la « Nacon Connect » du jeudi 7 Mai, messe publicitaire de la société éponyme. Si, une fois de plus, Nacon est incapable d’anticiper et change ses plans au dernier moment, ce n’est pas notre cas.

La situation d’aujourd’hui fait suite à des années d’alertes sur la situation économique de l’entreprise, sur le déni de démocratie subit par les travailleureuses et leurs représentant·es, sur la désorganisation des productions dirigées par ce que nous estimons être des incompétent·es et sur les conditions de travail désastreuses ayant abîmé notre santé. Nos communiqués passés en 2023en 2024 et en 2026 en sont la preuve.

Nous avons pourtant tenu le coup et trouvé la force de lutter malgré :

  • les montages commerciaux, dont certains tenant selon nous plus de la magouille, vidant la trésorerie des filiales et créant l’effet domino du redressement judiciaire ;
  • les structures d’entreprises conçue pour museler les travailleureuses ;
  • les abus de biens sociaux, certains vérifiés, certains fortement soupçonnés, de la part de la direction de Kylotonn ;
  • les insultes, la direction de Kylotonn allant jusqu’à nous traiter de « puent-la-pisse » ;
  • le retrait – à la demande de Nacon – de toutes les lignes de dialogues mentionnant des relations homosexuelles dans Test Drive Unlimited, pour éviter un soi-disant « review bombing » ;
  • le harcèlement et les discriminations causant des maladies professionnelles ;
  • les ordres que nous considérons comme un sabotage de nos productions par la direction de Nacon, avec leurs demandes au doigt mouillé sans études de marché et sans nous demander notre avis – nous faisant par exemple produire un open world ambitieux sur un moteur pas adapté, sans financement ni temps de R&D adéquats, et malgré des équipes inexpérimentées sur ce genre ;
  • les entraves multiples à toute la représentation du personnel…

Mais à présent, via une direction de Kylotonn que nous trouvons servile et complaisante, Nacon peut enfin réaliser son rêve de supprimer les postes qu’elle décrète superflus. Les effectifs et compétences de Kylotonn avaient déjà été partiellement siphonnés lors de la création de Grit Games, entreprise encore plus intégrée au groupe Nacon, qui a récupéré la licence WRC. Il apparaît que Grit Games a sélectionné ses salariés (au masculin, ce n’est pas une erreur) en prenant grand soin d’éviter toute personne syndiqué·es ou appartenant à une minorité de genre.

Dans ses objectifs pour le redressement judiciaire de Kylotonn, Nacon déclare sans sourciller ne plus vouloir confier de projets à Kylotonn pour une durée indéterminée, et ne souhaiter conserver qu’une équipe réduite au minimum pour continuer à presser le citron de Test Drive Unlimited, par de la monétisation agressive. Cela ayant été mis en place, il ne reste plus qu’à effectuer « le sale boulot » : virer comme des malpropres toutes les personnes « en trop », surtout depuis l’annulation unilatérale par Nacon d’un projet prometteur en préproduction, sans la possibilité de le présenter à d’autres éditeurs et investisseurs.

Colère en fond de cinquième

Le silence de Nacon sur ces évènements en dit long. Il s’agit pour nous d’une série d’actes réfléchis pour faire payer aux travailleureuses l’outrage de s’être organisé·es, d’avoir lutté pour améliorer les conditions de travail, d’avoir tenté d’instaurer des processus plus démocratiques et même plus efficaces. Ce silence n’est pour nous que le prolongement de celui que nous subissons depuis des années.

Cependant, les travailleureuses de Kylotonn, fidèles à leur engagement ces dernières années aussi bien au sein de l’entreprise qu’en dehors, ne se laisseront pas faire.


Nous appelons à une grève reconductible dès aujourd’hui, Mercredi 6 Mai 2026 et jusqu’au Lundi 11 Mai 2026 au soir, pour protester contre l’organisation infâme que nous subissons, et qui laisserait Nacon s’en sortir sans nous remettre notre dû. Poursuivre la production d’Endurance Motorsport Series (EMS) et Test Drive Unlimited (TDU) comme si de rien n’était, c’est permettre à Nacon de commercialiser des jeux produits et peaufinés par des travailleureuses qu’ils comptent virer selon nous de manière abjecte et autoritaire, sans état d’âme ni remerciement, usant du bien habile redressement judiciaire pour nous museler. Notre seul moyen de protester efficacement, pour qu’ils daignent nous considérer et les contraindre à s’asseoir à la table des négociations, c’est de toucher Nacon au porte-monnaie en ralentissant la production et en impactant les dates de sorties. Notre grève sera donc reconduite tant qu’il le faudra.

Nous exigeons :

  • l’annulation de tous les licenciements tant qu’un plan solide pour le futur de l’entreprise ne sera pas présenté ;
  • la réactivation du projet non annoncé et sa présentation à d’autres financeurs ;
  • le passage de toustes les travailleureuses au statut Ingénieurs & Cadres pour accroître nos droits et nos protections face à ces actes indignes ;
  • la révision contractuelle des liens entre Kylotonn et Nacon pour mettre fin au droit de vie et de mort du groupe sur nos vies et notre travail.

Pour partager la formulation de nos camarades de Spiders, vous ne pillerez pas les fruits de notre travail sur le cadavre encore chaud de nos emplois.


Nous appelons toute personne solidaire, ainsi que les joueuses et joueurs qui comprendraient à travers ce communiqué que Nacon est seul décisionnaire de tout ce qui est reproché, à contribuer à la caisse de grève mise en place pour l’occasion. Nous appelons aussi à la solidarité des travailleureuses de nos sociétés sœurs ainsi que de nos prestataires : le rapport de force se construira sur nos efforts unis.

Nous apportons toute notre solidarité à nos camarades de Spiders et de Nacon Tech, lâchement liquidés et dont le travail continuera à rapporter à Nacon malgré tout, ainsi qu’à nos camarades de Cyanide et de Big Bad Wolf qui attendent leur sort.

Des piquets de grève auront lieu devant nos locaux à Paris et Lyon le Jeudi 7 Mai à partir de 10h. Nous vous invitons à nous rejoindre en masse au 33 rue Maurice Flandrin à Lyon et au 96 rue Orfila à Paris. Les prises de parole auront lieu à 11h30.

Liquidation de Spiders – récit d’une casse sociale

Sur fond noir, une araignée dessinée de manière mignonne pend du haut de l'image, une larme sur le point de tomber d'un de ses yeux. À droite, le texte "Liquidation de Spiders"

Spiders a été mis en liquidation judiciaire le 29 avril. D’ici quelques semaines, le studio cessera définitivement d’exister. Ce sont 71 travailleureuses qui voient leur emploi, leur carrière et leurs revenus sacrifiés par ce que nous considérons comme de l’incompétence et de la malveillance des directions de Spiders et Nacon.

Officiellement, la liquidation est due au fait que Spiders n’ai pas de revenus et n’ai pas trouvé de repreneur. Selon nous, elle est en réalité le résultat d’un processus délibéré de la part du groupe Nacon.

« Meurtre » avec préméditation ?

Le studio était victime depuis son rachat en 2019 d’un montage financier dans lequel Nacon était à la fois le propriétaire, le président et l’unique client de Spiders. Le studio ne recevait plus aucuns royalties sur les jeux qu’il a produit après GreedFall, et tous ses revenus et sa trésorerie étaient captés par le groupe. Spiders était de facto une coquille vide, réduit en pratique à un simple département de Nacon, mais organisé de manière à pouvoir être supprimé selon les caprices de la direction de Nacon.

C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Quand Nacon a subitement annulé la production du projet Dark l’année dernière, de façon unilatérale et sans explications concrètes, cela a enclenché un compte à rebours pour le studio, qui n’avait pas de contrat assurant sa survie après la sortie de GreedFall 2.

Nacon n’a pas voulu signer de contrat immédiatement après, et n’a fait que repousser les échéances de signature de nouveau contrat. Le groupe semble également avoir interdit à Spiders d’aller proposer son travail à d’autres éditeurs ou investisseurs, bloquant cette voie de sortie de crise.

Même après la mise en redressement judiciaire du studio, Nacon aurait pu signer un contrat avec Spiders. Les administrateurices judiciaires ont confirmé que Nacon n’a jamais exprimé l’idée de signer un contrat pour continuer l’activité de Spiders, et n’a donc jamais voulu sauver l’entreprise.

De manière générale, les directions de Spiders et Nacon ont fait preuve de légèreté blâmable dans leur gestion du studio, notamment en ignorant les nombreuses alertes du CSE sur la situation économique, la stratégie et la gestion de l’entreprise, sur lesquelles il a rendu de nombreux avis négatifs lors des consultations annuelles obligatoires.

Pour nous, tout cela montre que cette liquidation est un choix conscient et prémédité de la direction de Nacon.

Immense gâchis

Le studio Spiders a été créé en 2008, il y a 18 ans, et était un des plus anciens studios de jeu vidéo en France. Il a sorti 7 jeux originaux, travaillé sur 4 autres pour d’autres studios.

Au moment de sa liquidation Spiders travaillait sur la préproduction d’un nouveau jeu original, Mist. Les travailleureuses croyaient vraiment à ce projet, et ont continué à travailler dessus même après la mise en redressement judiciaire. Malheureusement, le jeu ne verra jamais le jour.

Les travailleureuses du studio ne recevaient déjà rien d’autre que leurs salaires, bien maigres pour une grande partie des salariés. Maintenant, il est impossible que celleux-ci voient le moindre centime des ventes des jeux.

Nous refusons que le groupe qui a coulé Spiders pille le cadavre encore chaud de nos emplois. Si nous espérons que nos jeux continueront à être apprécié, nous aimerions que les joueureuses évitent d’acheter les jeux Spiders édités par Nacon, à savoir Steelrising et GreedFall: The Dying World. Cela reviendrait à récompenser le groupe pour ses actions. Nous préférerions que les joueureuses se procurent nos jeux par d’autres moyens, comme le marché de l’occasion par exemple.

Malgré le silence assourdissant de l’industrie sur l’effondrement du deuxième employeur du secteur en France, la lutte va continuer après la mort de Spiders. Nous allons tout faire pour que la malveillance et les fautes de gestion des directions de Spiders et Nacon, qui paraissent délibérées, ne restent pas impunies.

Nous apportons tout notre soutien :

  • aux travailleureuses de Spiders ;
  • aux travailleureuses des sociétés du groupe Nacon, qui n’ont pas encore subit toutes les conséquences du redressement judiciaire de Nacon ;
  • aux travailleureuses du jeu vidéo en général, qui luttent pour la survie de l’industrie envers et contre le patronat.

La lutte continue ✊

1er mai 2026 – Emploi, conditions de travail, liberté : stop au hold-up !

Header 1erMai2026

Après des décennies de normalisation des politiques de droite et d’extrême-droite, jusque dans les rangs de la gauche et partout dans le monde, des fissures béantes apparaissent à tous les niveaux de la société.

L’industrie française du jeu vidéo menace de rentrer dans une des pires crises sociales de son histoire, le patronat ne cache plus sa sympathie pour le fascisme et ses déjeuners mondain avec la direction du RN, les guerres et génocides causés par l’extrême-droite tuent et appauvrissent sur tous les continents…

Mais il y a toujours des voies de sortie et des lueurs d’espoir, comme nous le rappellent notamment la résistance populaire aux rafles d’ICE aux USA, la défaite cuisante de Viktor Orban en Hongrie, ou les prises de position récentes du gouvernement Espagnol.

Protéger nos vies

Le patronat veut tout nous voler : nos salaires, notre sécurité sociale, notre santé, notre temps, notre voix, notre liberté, notre identité… Et tout ça dans le seul but d’accumuler toujours plus d’argent et de pouvoir, et en étant prêt à le faire par tous les moyens.

Ne laissons pas le patronat et l’extrême-droite cambrioler nos vies.

Avant de finir tous harcelés, en burnout et/ou licenciés, nous devons nous mobiliser et agir à tous les niveaux, depuis les petites entreprises jusqu’au parlement en passant par la rue.

Manifester notre solidarité

Le 1er mai est la journée internationale des travailleureuses. Tous les ans depuis le 19ème siècle, les travailleureuses manifestent à travers le monde pour faire valoir nos droits, notre existence, notre fierté d’appartenir à la classe qui produit réellement de la valeur.

Cette année, le concept même de dédier une journée par an aux travailleureuses se fait attaquer au plus haut sommet de l’État français, qui reprend à son compte les positions du régime collaborationiste de Vichy. Répondons en manifestant pour montrer notre solidarité, nous préparer à l’année qui vient et exiger des conditions de travail et de vie décentes pour toustes.

Salarié‧es de société du jeu vidéo quel que soit votre domaine d’activité, enseignant‧es dans des cursus en lien avec le jeu vidéo, travailleureuses indépendant‧es, étudiant‧es, chercheureuses, chômeureuses, journalistes, vidéastes, streameureuses… rejoignons-nous partout en France pour manifester ce 1er mai.

Redressement judiciaire de Kylotonn, Cyanide, Spiders et Nacon Tech : Nacon et les directions doivent assumer les conséquences de leurs propres actions

RJNacon

Mise à jour 03/04/2026 : Les audiences de demande de mise en redressement judiciaire de Cyanide, Kylotonn, Nacon Tech et Spiders ont eu lieu le lundi 30 mars 2026 au tribunal de commerce de Lille. Les 4 audiences ont eu lieu l’une derrière l’autre, avec le même résultat, attendu, pour les 4 entreprises : leur mise en redressement judiciaire, avec la nomination des mêmes mandataires et administrateurs judiciaires que pour Nacon. Les audiences étant à huis clos, les représentant‧es des salarié‧es qui y étaient ne peuvent pas dévoiler le contenu des débats. Iels déplorent cet état de fait, vu le niveau abject des positions défendues par Alain Falc au cours de ces audiences. Iels notent cependant que le tribunal a été attentif à la parole des représentant‧es des salariés.

Mise à jour 27/03/2026 : Avant l’ouverture du redressement judiciaire de Spiders – dont l’audience est prévue le lundi 30 mars, avec Kylotonn, Cyanide et Nacon Tech – Nacon a publié une annonce pour chercher un repreneur pour Spiders. Nous souhaitons aux travailleureuses du studio que l’entreprise soit rachetée sans casse, et un avenir loin des errances du groupe Nacon.


Suite à la mise en redressement judiciaire de Nacon le 3 mars, les studios de production Kylotonn, Cyanide et Spiders, ainsi que le studio de motion capture Nacon Tech ont à leur tour demandé à être mis en redressement judiciaire ce lundi 23 mars 2026. Le timing des différentes annonces de BigBen Interactive et Nacon nous interroge.

Si à court terme, un redressement judiciaire peut éviter à certains de ces studios de disparaître dès la fin du mois de mars faute de pouvoir payer les salaires, ces annonces sont dramatiques. Non seulement pour les travailleureuses qui risquent de perdre leur emploi, mais pour toute notre industrie, car le groupe Nacon est le deuxième employeur du jeu vidéo en France.

C’est malheureusement la suite logique du vide stratégique de Nacon, et de la politique financière choisie par sa direction depuis plusieurs années, qui consiste à être en permanence au bord de la banqueroute. En investissant massivement dans le jeu vidéo à coup de rachats de studios, Nacon et sa direction ont cherché à faire de l’argent facile, sans stratégie sur le long terme pour ces studios, leurs projets et leurs équipes.

Leur désintérêt pour la production de jeu vidéo et leur incompétence ont activement saboté des studios qui étaient jusqu’alors viables, et mis en péril des projets à fort potentiel. Les années de défauts de gestion et l’absence de stratégie, aussi bien au niveau du groupe que des filiales, les ont empêchés de se moderniser, de s’organiser et de se développer. Aujourd’hui, même en ayant complètement vidé les trésoreries des studios ces dernières années – des dizaines de millions d’euros qui devaient assurer la stabilité des studios et des emplois ! – ils en ressortent déficitaires.

Les bricolages comme l’arrêt des recrutements et augmentations depuis plus d’un an, ou les solutions de bonimenteurs comme « l’IA », que Nacon force de plus en plus de studios à utiliser sans même savoir pourquoi, ne permettront pas de faire des économies et d’assainir les comptes du groupe. La dégradation des conditions de travail au fil des années, et la création de nouveaux studios dans le but à peine voilé de saboter ceux existants, constituaient déjà des stratégies détournées de réduction du nombre de salariés et ont renforcé les problèmes du groupe.

Nacon en tant que groupe ne pourra s’en sortir qu’en changeant complètement les personnes à sa direction et en se structurant pour mettre fin aux dérives internes, au turnover incessant et au manque de moyen dans les pôles éditions et marketing. On ne peut pas laisser les responsables de la situation actuelle continuer à nous emmener dans le mur sans subir de conséquences.

La mauvaise réputation de Nacon a grandement ternie celle de ses studios, il y a donc du travail pour redorer leur blason et les rendre à nouveau viables. Mais c’est possible, et c’est ce que les travailleureuses souhaitent.

Des solutions aux problèmes de Nacon existent, et ont déjà été exposées aux directions des studios et publiquement par les travailleureuses, notamment :

  • La rationalisation et l’amélioration des conditions de travail, des processus, et des outils dans le groupe et la construction d’une véritable stratégie éditoriale et industrielle ;
  • La mise en place d’une politique sociale – il n’y en a aucune actuellement – et l’amélioration des conditions de travail qui nuisent activement au moral des travailleureuses et donc à la productivité des entreprises ;
  • La formation des directions, des managers et des salariés, avec de vraies formations en lieu et place des outils de charlatans dignes d’un test Buzzfeed ou des « tutos YouTube », pour assurer le maintien des compétences et la compétitivité des studios ;
  • Une réelle lutte contre le turnover à tous les niveaux du groupe, qui empêche de construire une base de compétences solide ;
  • La lutte contre le harcèlement qui fait souffrir les travailleureuses, multiplie les arrêts maladie et réduit d’autant la productivité dans le groupe et ses filiales ;
  • Le développement d’une véritable démocratie au travail avec la mise en place de processus de décisions incluant directement les travailleureuses, car iels ont les solutions aux problèmes existants et ne demandent qu’à pouvoir les mettre en place.

Malgré des années d’épreuve, les travailleureuses de nos studios ont toujours la volonté de faire des jeux et de les faire mieux. Iels tendent la main à quiconque aura les moyens et la volonté de redresser la barre, et se tiennent à disposition des autorités compétentes pour assurer la continuité d’exploitation des studios, sauvegarder les emplois et régler les problèmes causés par leurs directions.

Les sections syndicales STJV de Kylotonn, Spiders et Big Bad Wolf Studio, avec le soutien de la section syndicale STJV de Passtech Games

Kalank en grève !

La section STJV de Kalank annonce à la direction que ses employé·es lanceront une grève le lundi 09 mars, et la reconduiront aussi longtemps qu’il le faudra.

Cet ultimatum nous est apparu comme la seule solution face aux problèmes de l’entreprise, qui persistent alors qu’ils ont déjà été remontés à plusieurs reprises par le CSE et par les employé·es elleux-mêmes.

Nous déplorons des problèmes :

  • De sous-effectifs menant à une surcharge de travail, en attestent plusieurs brun-outs en l’espace d’un an ;
  • De gestion de projets chaotique et décisions arbitraires au mépris des avertissements et de l’expertise des employés ;
  • Une gestion irresponsable de nos droits salariaux avec des écarts de salaires injustifiés.

Assez de mépris, il est temps d’écouter les salarié·es !

STOP

  • Aux demandes de production irréalistes et à la mise sous pression des employé·es !
  • Aux inégalités salariales !
  • Au refus global de télétravail régularisé !

OUI

  • À la confiance et à l’écoute de l’expertise des employés !
  • À l’équilibrage et à la mise en place d’une véritable grille de salaires !
  • À minimum deux jours de télétravail encadrés pour toustes !

Réaction des représentant‧es du personnel du groupe Nacon à sa demande de mise en redressement judiciaire

RJNacon

Nous relayons cette lettre-ouverte des représentant·es du personnel des entreprises de Nacon à la direction du groupe.

Suite à l’annonce de BigBen Interactive de son incapacité à rembourser son emprunt obligataire, le groupe Nacon a déclaré une cessation de paiement et a demandé au tribunal du commerce de Lille à être placé en redressement judiciaire. L’audience a eu lieu le 2 mars 2026, actant l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire et nommant les administrateurices judiciaires.

Nacon a annoncé avoir consulté son CSE et semble avoir communiqué auprès de ses salarié·es direct·es, mais aucune annonce n’a été faite au niveau du groupe. Nous avons appris que l’audience avait eu lieu après les faits, en même temps que le public. Les filiales de Nacon ont jusqu’ici été tenues à l’écart, sans information, les travailleureuses devant se contenter des déclarations de dirigeant·es elleux aussi maintenu·es dans le noir et de communiqués à destination des marchés financiers.

Sans aucun moyen de communication directe avec Nacon, nous avons peur que ses filiales ne soient pas inclues dans le redressement judiciaire, et/ou ne soient pas consultées pour établir le plan de redressement.

Nous tenons à rappeler que le groupe Nacon emploie plus de 900 travailleureuses dans 6 pays. Il est le deuxième plus gros employeur de France dans l’industrie du jeu vidéo. Sa mise en redressement judiciaire est une crise majeure pour notre industrie, et doit être traitée comme telle.

Alors même que l’emploi de près d’un millier de travailleureuses est en jeu et que l’avenir des entreprises du groupe est menacé, ce silence est incompréhensible et insupportable. Il nous semble incompatible avec le respect que devrait avoir le groupe pour les travailleureuses qui produisent ses jeux.

Nous demandons de Nacon :

  • Des explications détaillées sur
    • les circonstances qui ont menées à ce redressement judiciaire ;
    • la manière dont les alertes levées ces dernières années par les représentant‧es du personnel des filiales du groupe ont été prises en compte ou, si elles ne l’ont pas été, pour quelles raisons ;
    • ce qui est envisagé à court et moyen terme, et notamment ce qui a été présenté au tribunal et a été ou sera présenté aux administrateurices judiciaires ;
  • La transmission aux directions et aux représentant‧es du personnel des différentes filiales, partout dans le monde
    • des informations présentées lors des consultations du CSE de Nacon ;
    • du jugement du tribunal de commerce de Lille ;
  • L’implication et la consultation des directions et des représentant‧es du personnel des entreprises du groupe tout au long de la période d’observation à venir, et lors de l’élaboration du plan de redressement.

Nous demandons que les représentant‧es du personnel de toutes les filiales, partout dans le monde, soient reçus par Nacon au plus vite, à la fois à distance et sur place à Lesquin.

Nous nous tenons à disposition des administrateurs judiciaires qui ont été nommé‧es, pour les aider à remplir au mieux leur mission de sauvegarde des emplois.

Nous sollicitons également l’aide des élus, notamment des élus locaux des communes et circonscriptions où des emplois et une partie de l’activité économique risquent de disparaître.

Si vous êtes représentant du personnel ou simple salarié d’une entreprise du groupe Nacon, et que vous souhaitez partager des informations et/ou être tenus au courant de la procédure, contactez les sections syndicales du groupe.

Signataires, en ordre alphabétique :

  • CSE Big Bad Wolf Studio
  • CSE Cyanide
  • CSE Eko Software
  • CSE Kylotonn
  • CSE Passtech Games
  • CSE Spiders
  • Section syndicale STJV Big Bad Wolf Studio
  • Section syndicale CGT Kylotonn
  • Section syndicale STJV Kylotonn
  • Section syndicale STJV Passtech Games
  • Section syndicale STJV Spiders

GG25 : un an après

Grève générale du jeu vidéo : un an après. En fond, une photo du rassemblement de la GG25 à Paris en février 2025. En bas, les logos du STJV et de la GG25

Suite à un bilan catastrophique de l’industrie du jeu vidéo le STJV avait établi un plan d’action pour améliorer l’industrie, qui incluait un appel à une grève générale du jeu vidéo.

Celle-ci a eu lieu le 13 février 2025, et a été rejointe par d’autres syndicats présents dans le secteur y compris à l’international, avec des grèves coordonnées dans le jeu vidéo en Espagne et en Italie.

Elle a été très forte, avec plus de 1000 travailleureuses sur 9 rassemblements à travers la France, et environ 2000 travailleureuses en grève sur la journée, soit 20% de toute l’industrie française du jeu vidéo. Elle a montré à quel point les travailleureuses sont conscients des problèmes traversant le jeu vidéo, et veulent participer à la gestion de notre industrie.

Un tout petit plus d’un an plus tard, force est de constater que l’industrie du jeu vidéo ne va pas mieux, et que les dirigeant‧es des entreprises du secteur restent sur leur trajectoire autodestructrice. Iels continuent à prendre des décisions hors-sol, espérant du haut de leur piédestal que les problèmes se résoudront par magie et que les profits suivront, probablement. On pourrait dire qu’à leurs yeux l’emploi, les revenus et la santé des travailleureuses ne sont que des variables de gestion, mais il faudrait pour cela qu’iels soient capables de gérer quelque chose.

En face, les travailleureuses et syndicats se mobilisent toujours plus et produisent du travail concret, dans l’espoir de sauver notre industrie de la bêtise de nos patron‧nes. Le mouvement social en cours à Ubisoft en est un exemple criant.

Faisons un bilan des avancées du STJV sur les orientations présentées en janvier 2025.

Informer les travailleureuses

  • Nous avons débuté en interne le travail sur un futur baromètre de l’industrie, pour objectifier les conditions de travail et d’emploi dans le jeu vidéo ;
  • Nous continuons notre travail de production de fiches informatives, à la fois dans le syndicat et publiquement, avec notamment un travail en cours sur le droit des freelances et travailleureuses indépendant‧es ;
  • Un programme de formation interne est en cours de développement, et devrait être déployé courant 2026.

Sensibiliser les pouvoirs publics

  • Depuis la grève générale de 2025, de nombreux contacts ont été développés et entretenus avec des élus locaux, pour présenter notre industrie et les enjeux qui la traversent, et pour aider les studios en grève ;
  • Le STJV a pu conseiller des élus pour préparer leurs auditions de patron‧nes du jeu vidéo à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Réorganiser les productions de jeu vidéo

En plus des réflexions et discussions permanentes qui ont lieu au STJV, nous avons en particulier :

  • Produit un travail interne sur l’IA générative et les dangers long terme que ces technologies présentent pour l’emploi et pour l’industrie ;
  • Entamé un travail sur les statuts de coopératives ouvrières et les formes de production de jeu vidéo à petite échelle, pour étudier les alternatives possibles et lutter contre la création d’une petite bourgeoisie du jeu vidéo indépendant.

Internationaliser les luttes

  • Le STJV a participé activement aux activités et congrès d’Uni Global et Uni Europa en 2025 et continuera à le faire en 2026, pour présenter au niveau international et interprofessionnel son modèle d’organisation et défendre la nécessité pour les syndicats d’avoir des positions claires et radicales, sous peine de disparaître face au fascisme ;
  • Nous essayons depuis des mois d’aider des travailleureuses du jeu vidéo palestinien‧nes à échapper au génocide en cours par Israël, mais sommes bloqués par le refus de la France de les évacuer ;
  • Avec IWGB Game Workers, le STJV a organisé fin 2025 un sommet européen du jeu vidéo, qui a mené à une déclaration commune et débouché sur un plan d’action concret entre 6 syndicats du jeu vidéo, qui sera mis en place en 2026 ;
  • Game Workers Coalition (GWC), le réseau international de syndicats du jeu vidéo, a continué de s’étendre sur tous les continents.

Créer et acquérir de nouveaux droits

  • En 2025, nous avons concentré nos efforts sur le renforcement des compétences et connaissances en négociation, à la fois par la formation des représentant‧es du personnel à la négociation en entreprise, et par du soutien direct entre sections syndicales ;
  • Nos camarades à Don’t Nod ont obtenu la reconnaissance du statut cadre pour les travailleureuses de l’entreprise, en faisant la deuxième entreprise du jeu vidéo à reconnaître ce fait après Amplitude, et ce statut a également été reconnu rétroactivement dans une procédure aux prud’hommes ;
  • Malgré des manœuvres dilatoires d’Ubisoft, nous avons obtenu, avec les autres syndicats présents dans le groupe, la reconnaissance d’une Unité Économique et Sociale incluant toutes les sociétés du groupe Ubisoft ;
  • Nous avons également vu cette année l’arrivée dans l’industrie du jeu vidéo d’un nouveau droit avec l’arrivée, lentement mais sûrement, du congé menstruel ou pour maladie courte.

Faisant le constat de plusieurs années de blocage des directions d’entreprise, qui ne semblent comprendre que la force, le STJV avait incité ses sections syndicales et les CSE à poursuivre leurs entreprises pour faire reconnaître leurs droits. Dont acte : le nombre de poursuites a beaucoup augmenté en 2025, et le STJV et les CSE enchaînent les victoires au tribunal sur les négociations, le respect du droit du travail, le harcèlement…

Les travailleureuses du jeu vidéo ne se sont pas reposé‧es sur leurs lauriers après la grève générale de février 2025 ! Au contraire, iels ont montré que, malgré les obstacles qui se posent à eux, il est possible de construire un mouvement durable pour essayer de stabiliser et rendre vivable une industrie du jeu vidéo méprisée et piétinée par son propre patronat.

Suivant le principe de la double besogne, nous continuerons à suivre nos orientations et implémenterons les actions nécessaires pour améliorer nos conditions de travail à court terme, et rendre l’industrie du jeu vidéo viable à long terme en donnant le pouvoir aux travailleureuses.

Triple condamnation aux prud’hommes pour Ishtar Games (groupe Nacon)

Sur fond rouge et noir, à gauche de l'image, Phoenix Wright de la série Ace Attorney dans une posture triomphale, pointant du doigt vers l'avant de l'image. À droite, le texte "Victoire !" dans une fonte stylisée rappelant celle des interjections d'Ace Attorney. En bas de l'image, le logo STJV.

En août 2023, au moins 6 salarié·es du studio Ishtar Games (détenu par le groupe Nacon) se sont vu proposer des ruptures conventionnelles. Leur employeur proposant des indemnités inférieures au paiement d’un préavis (3 mois), 3 d’entre elleux ont refusé. Quelques semaines plus tard, iels se faisaient licencier pour « insuffisance professionnelle ».

Accompagné·es par le STJV, iels ont saisi le conseil des prud’hommes, qui a rendu ses délibérés en janvier dernier. Les 3 licenciements ont été jugés sans cause réelle et sérieuse, et donc illégaux. La société a été condamnée à payer des dommages-intérêts d’environ 7 000 € par dossier, environ 25 000 € au total, et à rembourser 1 mois d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) à France Travail.

Au regard de ce résultat, le STJV considère qu’iels ont donc eu raison de ne pas céder à la pression de la rupture conventionnelle, bénéficiant ainsi de 3 mois de préavis (au lieu de 5 semaines), de l’indemnité légale de licenciement, du remboursement à l’assurance chômage des sommes qui étaient dues par l’employeur, mais également de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

La société n’ayant pas fait appel, sa condamnation est définitive.

Nous nous félicitons de cette victoire : l’arbitraire patronal, c’est terminé. Un syndicat, des cotisations, ça sert à se défendre, défendre les autres, et ça sert à gagner.

Les jugements anonymisés sont consultables ci-dessous.

Jugement Tourcoing janvier 2026 licenciements abusifs 00
Jugement Tourcoing janvier 2026 licenciements abusifs 01
Jugement Tourcoing janvier 2026 licenciements abusifs 02

Conformément aux dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la société ISHTAR GAMES a souhaité exercer un droit de réponse sur cet article :

Conformément à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la société ISHTAR GAMES, représentée par son réprésentant légal, entend exercer son droit de réponse à l’article publié le 19 février 2026 intitulé « Triple condamnation aux prud’hommes pour Ishtar Games (groupe Nacon) ».

Cet article présente ces décisions comme la sanction de « licenciements illégaux » et suggère que la société aurait exercé des pressions sur des salariés pour les pousser à accepter des ruptures conventionnelles.

En août 2023, six ruptures conventionnelles ont été proposées, dans le respect du cadre légal : trois ont été acceptées et homologuées, trois salariés ont refusé.

Les trois salariés concernés ont ensuite été licenciés pour insuffisance professionnelle et ont saisi le Conseil de prud’hommes, invoquant notamment harcèlement moral, atteinte à la liberté d’expression, manquement à l’obligation de sécurité, risques psychosociaux, licenciement économique déguisé et conditions de rupture vexatoire.

Le Conseil de prud’hommes a écarté tous ces griefs, et conclu expressément à l’absence de pressions, et jugé seulement que l’insuffisance professionnelle n’était pas suffisamment établie, retenant des licenciements sans cause réelle et sérieuse, sans prononcer leur nullité ni les qualifier d’« illégaux ».

En qualifiant les licenciements d’illégaux et en évoquant des pressions illicites, l’article donne une vision inexacte des décisions et du comportement de la société.

ISHTAR GAMES réaffirme son attachement au respect des droits des salariés, des décisions de justice et au dialogue social, dans un contexte économique actuellement difficile pour le secteur du jeu vidéo.

Une industrie, une lutte – Un front uni de syndicats du jeu vidéo en Europe de l’Ouest

"Une industrie une lutte" - avec des logos de Ver‧di, CSVI, FIOM-CGIL, GWUI Ireland, IWGB Game Workers et le STJV

Les travailleureuses du jeu vidéo du monde entier ont de nombreux problèmes communs. Nos emplois sont menacés, nous ne sommes pas écouté‧es au travail, et on nous impose des politiques comme la fin du télétravail et des outils tels que les IAs génératives, alors même que cela dégrade nos conditions de travail.

Nous voulons la justice et des carrières stables pour toustes, sans licenciements, sans qu’on nous impose des outils d’IA, et sans management autoritaire.


Les entreprises multinationales s’organisent déjà par internationalement. Les travailleureuses du jeu vidéo travaillent déjà ensemble dans les entreprises et sur des productions internationales. Les syndicats doivent donc, eux aussi, sorganiser par delà les frontières.

Nos syndicats se sont rencontrés à Paris le mois dernier. Ensemble, nous avons manifesté en soutien à nos camarades licenciés par Rockstar pour avoir fait usage de leurs droits. Nous avons partagé nos connaissances, nous avons échangé sur nos stratégies et tactiques, et nous avons discuté de solutions à nos problèmes commun. Et, surtout, notre groupe de travail a défini des actions concrètes à court terme.

Nous sortons de ces rencontres avec une certitude absolue : ensemble, les travailleureuses peuvent améliorer durablement leurs emplois, leurs carrières et leurs vies.

Nous avons la capacité d’agir, et nous allons le faire.

Nous faisons le serment d’amplifier la coopération entre nos syndicats à court et moyen terme, et de rester unis face à tout ce qui se passe dans notre industrie et dans le monde.

Syndiquez-vous et battez-vous pour vos droits !

Coordinadora Sindical del Videojuego – CGT (Espagne)
FIOM-CGIL Milan Work Council (Italie)
ver‧di Game Devs Roundtable (Allemagne)
Game Workers Unite Ireland – FSU (Irlande)
IWGB Game Workers (Royaume-Uni)
Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo (France)

Logos de CSVI-CGT, FIOM-CGIL, ver‧di, GWU Ireland, IWGB Game Workers, et du STJV
Comptes
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