5 Décembre : le STJV appelle à la grève

Le STJV appelle l’ensemble des travailleurs et travailleuses de l’industrie du jeu vidéo, les étudiant·e·s, et toute autre personne susceptible de le faire, à faire grève le Jeudi 5 Décembre contre le projet de réforme des retraites et pour au contraire obtenir une amélioration du système actuel, de meilleures conditions de travail, moins de précarité et plus d’égalité.

Ce projet de retraite à points a pour objectif de nous faire travailler plus longtemps et de réduire le montant des pensions. Nous ne pouvons accepter plus de précarité pour les retraites, d’autant plus après des carrières désastreuses pour la santé et sous-payées dans le jeu vidéo. Nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner ! En s’attaquant aux régimes « spéciaux » des retraites, gagnés par des luttes sociales, le gouvernement cherche à nous diviser. Chaque secteur, chaque profession qui perd des droits est une excuse de plus pour justifier un nivellement général par le bas. Nous devons nous unir et défendre, ensemble, notre envie d’une vie meilleure.

Sur le travail le gouvernement actuel, comme ses prédécesseurs, est parti pour déconstruire tous les acquis sociaux. Les travailleuses et travailleurs du jeu vidéo, déjà précarisés par les pratiques néo-libérales qui dominent l’industrie, ne peuvent plus supporter des réductions de leurs droits. Entre la réforme du chômage, qui réduit déjà le niveau de vie de nombre d’entre nous coincé·e·s entre deux CDD dans un secteur qui recrute peu, et le CDI de Projet qui se dessine à l’horizon, l’avenir de notre industrie ne s’envisage pas sans lutte.

Nous revendiquons de meilleures conditions de travail et un respect de nos droits : stop au crunch, hausse des salaires, égalité des genres, lutte contre le harcèlement et toutes les discriminations, stop au CDD généralisé et au salariat déguisé, stop à l’exploitation des stagiaires !

Nous pensons que l’unité des travailleurs et travailleuses, à travers les différentes industries et les différentes revendications, nous permettra de créer une base collective à même de créer, avec toutes les personnes qui portent cet espoir, un meilleur avenir non seulement dans nos professions mais aussi pour toute la population et pour la planète. Cette grève sera l’occasion de nous retrouver et d’unifier les revendications de toutes et tous.

C’est pourquoi le STJV lance cet appel à la grève, et défilera dans divers cortèges avec les autres organisations syndicales. Nous invitons toutes les personnes travaillant, ayant travaillé, ou souhaitant travailler dans l’industrie du jeu vidéo, quel que soit leur statut, à se retrouver aux points de rendez-vous que nous organiserons. Nous rappelons à tout·e·s les salarié·e·s du privé que, s’agissant d’un appel national, ils et elles n’ont pas de démarches particulières à entreprendre pour participer à cette grève : il suffit de ne pas aller travailler le 5 Décembre.

Soutien à Austin Kelmore – Répression syndicale chez Ustwo par le licenciement abusif

En septembre dernier, le studio de jeux vidéo anglais Ustwo Games procédait au licenciement d’un de ses programmeurs, Austin Kelmore. Syndiqué à l’IWGB (Independant Workers Union of Great Britain), Austin est aussi membre et cofondateur de GWU-UK (Game Workers Unite). Il organisait des rencontres avec ses collègues en dehors des heures de bureau pour discuter de leurs conditions de travail et les aider à défendre leurs droits.

Le studio justifie sa décision en évoquant des raisons de sous-performance, mais nous ne sommes pas dupes. Nous reconnaissons là les habituelles méthodes de répression syndicale. En Angleterre, comme en France et partout dans le monde, la sous-performance est un des prétextes préférés du patronat pour discriminer et licencier des syndicalistes, parce qu’il est suffisamment vague pour s’adapter à toutes les situations (Défenseur des droits – 12ème baromètre de la discrimination dans l’emploi).

Ustwo se défend en se présentant comme un petit studio familial, malmené par de vilains syndicats. En revendiquant une culture d’entreprise basée sur l’amitié, le partage, la liberté et l’entraide, Ustwo ne fait que mettre en avant son hypocrisie. Ces valeurs s’arrêtent là où les intérêts de ses patrons commencent. Nous avons déjà été confronté·e·s en France à des entreprises qui affichent des valeurs « familiales », comme Eugen Systems, qui ont bien démontré que leurs prétendues valeurs ne servent qu’à mieux réprimer leurs employé·e·s.

Rappelons qu’Ustwo n’est pas un petit studio. L’entreprise emploie plus de 250 personnes sur 4 continents. Ses jeux ont générés plusieurs dizaines de millions de dollars de bénéfices en quelques années. C’est une entreprise à la structure plus proche des grandes entreprises prédatrices que d’une petite entreprise familiale et indépendante.

Quand Austin rencontre ses collègues, c’est pour faire valoir leurs droits et les protéger des pratiques préjudiciables de leur employeur. C’est pour une meilleure reconnaissance de leur travail. C’est pour un meilleur partage des richesses générées par les travailleurs et travailleuses de l’entreprise.

Ce licenciement inique déborde de l’aspect purement professionnel. De nationalité américaine, Austin et sa famille sont désormais en difficulté pour rester sur le territoire anglais, son visa dépendant de cet emploi. Pour rajouter à la liste des manquements, le studio a refusé la présence d’un·e représentant·e syndical·e, une pratique illégale. Des managers aux abois préfèrent hypothéquer l’avenir personnel de leurs employé·e·s plutôt que les voir s’organiser et défendre leurs droits. C’est une menace directe contre le développement d’un mouvement international de syndicalisation dans l’industrie des jeux vidéo.

Pour l’ensemble de ces raisons, les sections Jeux Vidéo de Solidaires Informatique et le STJV (Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo) condamnent les procédures abusives et illégitimes lancées par Ustwo Games, et apportent tout leur soutien à Austin et à Game Workers Unite UK.

Le syndicalisme est un droit, défendons-le !

Les salariés de gumi Europe licenciés au rabais !

Nous relayons ci-dessous le communiqué de nos collègues de gumi Europe.

 

Après l’annonce officielle de l’arrêt du jeu Brave Frontier: The Last Summoner, gumi Europe (la société développeuse et éditrice du jeu) va être fermée.

Les salariés dénoncent des conditions de licenciement et départs au rabais et pointent la responsabilité de la maison mère, gumi Inc., basée à Tokyo au Japon.

Quel sont les reproches formulés à l‘encontre de gumi Inc. ?

  • Les conditions de sortie proposées aux salariés sont minimales malgré les investissements mutuels et personnels réalisés durant une phase de développement du jeu extrêmement tendue;
  • Aucune alternative ou piste exploratoire n’a été engagée en vue de faciliter le reclassement ou la suite professionnelle des futurs ex-salariés de gumi EU. En outre, les propositions faites par les salariés n’ont reçues que des réponses négatives;
  • gumi Europe (succursale de gumi Inc) bénéficie d’argent public grâce à un crédit d’impôt du CNC, à hauteur de 1,5 millions d’euros, et dans le même temps détruit des emplois sans explorer toutes les alternatives possibles;
  • gumi Inc. fait de nombreux reproches à gumi Europe, allant jusqu’à remettre en cause la compétence même de ses salariés, afin de justifier sa décision de fermeture. Cependant gumi Europe, n’étant qu’une succursale de gumi Inc., ne peut être tenue responsable des erreurs de gestion qui restent imputables à la maison mère qui avait tous les pouvoirs de décision.

gumi Inc. fait preuve d’un grand gâchis humain.

Après une importante phase de restructuration de ses effectifs entre 2016 et 2017 (renouvellement d’une grande proportion des effectifs), après plus de 2 ans de développement, après le lancement mondial du jeu Brave Frontier: The Last Summoner, gumi Inc. décide brutalement l’arrêt du jeu et la fermeture du studio de Paris (gumi EU). Bien que déjà très vraisemblablement décidée à gumi Inc. (Tokyo) dès le mois d’Octobre 2018 cette information n’est officiellement communiquée au délégué du personnel qu’en Avril 2019, après avoir laissé s’installer pendant 6 mois une situation d’incertitude démotivante pour les salariés.

En conséquence entre Octobre 2018, date de l’arrêt progressif des budgets marketing du jeu mais aussi démarrage de la situation d’attente à peine 1 mois après le lancement du jeu, et Avril 2019, moment de l’information officielle de la fermeture du studio, plus de 20 personnes quittent le studio soit pour cause de contrat ne pouvant être renouvelé soit en démissionant à cause de la démotivation engendrée. Plusieurs départements ne fonctionnent alors plus correctement et le “système D” doit être mis en place afin de continuer à faire tourner le jeu et sortir toutes les semaines du contenu pour la communauté de joueurs, élément crucial dans un jeu dont le modèle économique est la gratuité par défaut (free to play). À titre d’exemple, en Février 2019 gumi Europe opère sans département marketing et en Avril 2019 l’équipe de QA interne est réduite à… 2 stagiaires !

Phénomène aggravant, après l’arrêt effectif du marketing en Octobre 2018 gumi Inc. fixe à gumi EU des objectifs extrêmement ambitieux et trop proches dans le temps, ayant pour échéance Décembre 2018, pour conditionner la reprise des investissements marketing. En plus de la compensation des effectifs perdus les salariés doivent s’investir à nouveau fortement pour tenter d’atteindre ces objectifs, provoquant ainsi à nouveau recours à du travail le soir voire certains week ends. Renouant ainsi avec la pratique du crunch qui était déjà régulière au sein de gumi Europe pour permettre d’atteindre les objectifs de livraisons imposés par gumi Inc. Et ce alors que pendant le même temps gumi Inc. considère la fermeture du studio.

Les effectifs de gumi Europe sont talentueux et ont des compétences qui peuvent être réutilisées dans d’autres studios ou d’autres activités du groupe (jeu vidéo, réalité virtuelle, ingénierie pour la crypto monnaie…). Aucune démarche d’analyse des compétences ni aucune tentative de “reclassement” n’a été opérée par gumi Inc. qui a préféré opter pour une fermeture sèche sans se préoccuper de ses employés.

En outre, alors que cela s’est déjà produit dans le passé du groupe (fermeture du studio de Stockholm en 2016) et malgré la demande explicite de certains salariés, gumi Inc. a refusé de céder le code source du jeu, ce qui aurait permis la sécurisation de la création d’une nouvelle société pour environ 10 salariés qui auraient pu bénéficier de 3 années accumulées de développement technologique. Jamais gumi Inc. n’a mentionné la recherche de repreneur ni accepté la cession du code source du jeu suite à la demande des salariés. En cela encore une fois gumi Inc. n’affiche aucune volonté de vouloir faire des efforts pour sécuriser l’avenir de ses ex-salariés.

gumi liquidateur de la confiance de la communauté

Le modèle de jeu free to play repose sur la confiance qui s’établit entre le développeur et sa communauté de joueurs. Pour y parvenir les équipes de gumi EU ont depuis 2014 – depuis le premier projet Brave Frontier opéré par gumi EU – déployé de nombreux moyens et se sont mies à l’écoute des attentes des joueurs via ses manageurs de communautés. Résultat : plusieurs centaines de milliers d’heures de jeu consacrées et autant d’euros investis par les joueurs. Ce cercle vertueux est brutalement mis à mal par la décision de gumi Inc. de fermer le jeu et entraîne immédiatement après l’annonce officielle de fermeture (le 11 Juin 2019) un délitement de la communauté construite. La communauté se sent flouée au vu de l’engagement dont elle a fait preuve.

Brave Frontier: The Last Summoner n’est hélas pas le seul cas concret au sein de gumi. Cela laisse à penser que gumi Inc. n’envisage sa communauté que comme un moyen financier, tout en omettant la confiance préalable à cette relation. Il faut à cela rajouter que les manageurs de communauté communiquent avec les joueurs à visage découvert et que leur personne est connue de ceux ci. Il est ici question de professionnalisme mais aussi de réputation sur le marché de l’emploi. Comment dissocier son image personnelle de celle de son employeur qui ne respecte pas ses engagements ?

gumi bénéficie d’argent public mais ne respecte pas ses promesses

1,5 million d’euros d’aide au titre du crédit d’impôt du jeu vidéo ont été attribués à gumi afin d’accompagner le développement et le lancement du jeu Brave Frontier: The Last Summoner.

En contrepartie, il est implicitement attendu que les plans de développement et de commercialisation du jeu soient respectés. Hors dans le plan déclaré auprès du CNC (et qui a permis la validation du crédit d’impôt), 3,5 millions d’euros étaient prévus pour le marketing du jeu sur plusieurs mois. In fine seuls 500 000 euros ont été investis dans le marketing, précipitant ainsi l’effondrement de la notoriété du jeu et permettant ainsi à gumi Inc. de justifier de la décision de fermeture par la non atteinte des résultats attendus.

Il y a à la fois une situation de non respect de ces déclarations et engagement mais aussi de mise en place d’une prophétie auto-réalisatrice provoquant les conditions nécessaires pour que le groupe puisse justifier l’actuelle situation de fermeture de gumi Europe.

Pour toutes ces raisons les salariés de gumi Europe se sentent aujourd’hui floués et non respectés au vu du de l’investissement qu’ils ont réalisé durant ces 3 ans de développement.

En outre, le management de gumi a recruté et fait déménager des profils pointus venus de l’étranger (pays européens et asiatiques principalement) sur la promesse d’un plan de carrière à long terme (développement de jeux additionnels…). Rien de cela ne se sera passé et nous avons communément le sentiment qu’il est de notre devoir de continuer à entretenir au mieux le lien de confiance qui a fait venir ces personnes en France pour sauvegarder notre attractivité et notre compétitivité à tous.

Les salariés de gumi Europe demandent donc la reconsidération et la réévaluation des conditions de sortie et espèrent être entendus par leur maison mère gumi Inc. avant de devoir intenter des actions en justice.

Eugen Systems licencie 6 travailleurs impliqués dans un conflit avec la direction

Le 19 décembre, 6 employés de Eugen Systems ont été licenciés, soit un quart des effectifs restants de l’entreprise (21 personnes). Début 2018, l’entreprise comptait une cinquantaine d’employé·e·s.

Bien que les licenciements soient en apparence déconnectés du différend salarial qui oppose Eugen Systems à une partie de ses équipes, nous estimons qu’il s’agit d’un acte de représailles en prévention de la poursuite au prud’hommes intentée par 15 personnes travaillant ou ayant travaillé à Eugen Systems et soutenue par le STJV. L’audience pour cette première affaire devrait avoir lieu en mars 2019.

Le différend a débuté fin 2016 lorsque les équipes de Eugen Systems ont réalisé qu’elles étaient payées moins que le salaire minimum prévu par SYNTEC, convention collective en vigueur dans l’entreprise. Les employé·e·s d’Eugen Systems demandent alors un ajustement rétroactif de leurs salaires en accord avec la loi. Par exemple, un employé d’Eugen Systems titulaire d’un diplome bac+5 spécialisé en jeu vidéo et ayant deux ans d’expérience était payé environ 21 600€ brut par an. Dans sa situation, le minimum applicable est d’environ 28 200€ brut, ce qui est bien supérieur. Ces bas salaires sont particulièrement problématiques à Paris, l’une des villes les plus chères du monde.

Le 14 février 2018, après 15 mois de négociations n’ayant mené nulle part, la moitié du studio (21 personnes sur 44) décide de se mettre en grève après avoir reçu une énième fiche de paie inférieure aux revendications. La grève se terminera le 3 avril après un retentissement dans la presse internationale et une forte mobilisation autour des grévistes. Aucune avancée n’ayant été faite, le différend est amené aux prud’hommes.

Les six employés licenciés le sont au motif d’avoir dégradé l’ambiance ou tenu des propos insultants sur un chat privé dans une conversation restreinte. Tous les six avaient participé à la grève.

GWU : A propos des licenciements chez Telltale

Cet article est une traduction du billet publié par Game Workers Unite : https://www.gameworkersunite.org/blog/statement-on-the-telltale-layoffs

Game Workers Unite est une organisation qui vise à mettre en contact les activistes pro-syndicalisation, les travailleurs et travailleuses exploité·e·s et leur allié·e·s de toutes disciplines, toutes classes et tous pays au nom de la création d’une industrie du jeu vidéo syndiquée.

Retrouvez-les :


 

Comme beaucoup d’entre vous le savent, Telltale a récemment licencié approximativement 250 travailleurs et travailleuses, ne gardant que 25 personnes pour “remplir les obligations de l’entreprise vis à vis du conseil d’administration et des partenaires”. La situation est triste, mais familière – c’est un problème endémique à l’industrie. Des centaines de travailleurs et travailleuses se voient refuser salaire ou couverture santé sans préavis, laissé·e·s vulnérables dans une région où le coût de la vie est extrêmement élevé. Certaines de ces personnes venaient juste d’être embauchées.

Soyons honnêtes. La direction de Telltale est incompétente. Ce sont des exploiteurs. Ils connaissaient la situation et ont échoué en ne prévenant personne. Nous savons que le management méprise ses travailleurs et travailleuses. Plusieurs sources ont continuellement mis en lumière les conditions de travail à Telltale, démontrant que depuis la création du studio, il s’agit plus de prioriser la direction et les actionnaires – toujours au détriment de leurs employé·e·s.

Aux travailleurs et travailleuses qui ont été touché·e·s : nous vous voyons. Nous sommes vous. Nous sommes debout avec vous. Nous sommes là pour parler, pour écouter, pour offrir tout le support que nous pourrons. Prenez le temps qu’il faut pour vous reposer et récupérer, mais sachez que nous serons là pour vous quand vous aurez besoin de soutien. En tant que travailleurs et travailleuses, nous pouvons construire une meilleure industrie, aux conditions de travail durable, équitable et dignes. Une industrie qui offre des filets de sécurité et qui force la responsabilité de nos entreprises. Une industrie où personne ne vit dans la peur d’être exploité·e par la direction d’une entreprise.

Aux fans de Telltale, aux joueurs et aux joueuses : apprenez à voir la différence entre les entreprises et les personnes qui font les jeux. Percez à jour les mensonges du top management et sachez que les équipes sont exploitées et méprisées. Nous sommes aussi contrarié·e·s que vous quand un jeu est annulé. Dirigez votre colère contre les actionnaires qui traînent notre medium dans la boue pour le profit.

Ce problème n’est pas spécifique à Telltale ou à la direction de ce studio – c’est un problème que nous voyons encore et toujours dans notre industrie ; et nous continuerons à le voir tant que le management sera en position d’exploiter les travailleurs et travailleuses. Sur les 6 derniers mois, nous avons assisté à la fermeture de trois grands studios. La façon de créer des jeux est viciée, et cela amènera dans le futur à la chute d’autres studios que nous aimons.

La syndicalisation ne peut pas résoudre le problème chez Telltale après coup, mais elle aurait pu éviter tellement de dommages à un nombre incalculable de salarié·e·s en assurant des indemnités de rupture et une couverture santé qui dure d’un emploi à l’autre. Nous ne pouvons plus continuer à juste réagir à ces événements, c’est perdre une bataille. Nous ne pouvons pas juste envoyer nos propositions de poste après chaque fermeture de studio. Nous devons faire preuve d’initiative. Nous devons nous syndiquer avant que ces désastres ne partent trop loin. S’il vous plaît, impliquez-vous, commencez à vous organiser avec vos collègues et contactez-nous pour de l’aide et du soutien.

Tant que les équipes seront isolées quand elles se lèvent contre l’exploitation des entreprises, nous souffrirons en tant qu’industrie. Nous sommes là pour unifier les travailleurs et travailleuses – pour utiliser notre force collective et ainsi faire une différence dans l’industrie. Nous nous tenons aux côtés de l’équipe qui a été jetée par la direction de Telltale et nous sommes là pour aider de quelque manière que ce soit.

Vous pouvez nous écrire à gameworkersunite@gmail.com ou via Twitter – nous voulons entendre votre histoire.

Solidairement,

Game Workers Unite

Fin de la grève chez Eugen Systems

Nous relayons une nouvelle fois un communiqué rédigé par nos collègues grévistes du studio parisien Eugen Systems. Vous pouvez les soutenir via leur caisse de grève, toutes les participations sont bienvenues : https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

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Second Wave

Comme vous avez pu le lire dans notre précédent communiqué, les négociations avec la direction sont au point mort.
Nous pensons que nous n’obtiendrons pas d’avancées supplémentaires avec cette grève, malgré nos réclamations qui relèvent du respect du code du travail et de notre convention collective.

Ainsi, nous avons cessé la grève le mardi 3 avril, après plus d’un mois et demi, pour conserver nos ressources en vue du futur. Mais ce constat clinique n’entame en rien notre détermination : bien que la grève soit terminée, le conflit lui, ne l’est pas. Nous continuons, par les moyens légaux dont nous disposons, de lutter pour faire valoir nos droits. Ainsi une quinzaine de salariés et anciens salariés d’Eugen Systems ont saisi le conseil des prud’hommes. Nous ne perdons toutefois pas de vue que ce mouvement a été porté par un collectif de 24 salariés au total, sur 44 salariés dans l’entreprise, pour une amélioration des conditions de travail au bénéfice de tous.

Si nous avons pu tenir plus d’un mois et demi, c’est bien grâce au soutien reçu, qu’il s’agisse de messages d’encouragement ou de dons de votre part à tous et à toutes.
L’intérêt public (médias, politiques, joueurs…) pour ce mouvement social inédit nous conforte dans l’idée que cela n’a pas été vain, et que nous avons raison de nous battre pour nos droits. Nous comptons bien aider cette industrie à mûrir, à reconnaître la valeur de notre travail et de nos compétences.

Et nous continuerons à le faire, quelles que soient les tentatives d’intimidation qui pourront avoir lieu.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems


Concernant la caisse de grève, nous avons décidé de la laisser ouverte quelques temps, pour ceux qui souhaiteraient encore participer. Nous la clôturerons dans quelques jours.
Nous procéderons ensuite à une répartition similaire à celle que nous avons déjà exposée par le passé.

6 semaines de lutte chez Eugen Systems

Nous relayons une nouvelle fois un communiqué rédigé par nos collègues grévistes du studio parisien Eugen Systems. Vous pouvez les soutenir via leur caisse de grève, toutes les participations sont bienvenues : https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

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Escalation

Après 6 semaines de grève et un manque de volonté évident à faire évoluer la situation, la direction d’Eugen Systems avance enfin à visage découvert et ne cache plus qu’elle n’a aucune intention de négocier.
La dernière rencontre du vendredi 23 mars n’a duré en tout et pour tout qu’une quinzaine de minutes. Et pour cause, face aux refus systématiques de la direction, il a été demandé si elle accepterait de négocier quoi que ce soit. Sa réponse est aussi claire que concise : non.

La précédente rencontre avait eu lieu le 21 mars.
La direction avait rédigé unilatéralement un projet d’accord de fin de grève. Toutes nos revendications y étaient refusées ou ignorées, déclarant au passage que la grève était inutile et que le dialogue avait toujours été ouvert. Plutôt osé après avoir ignoré les grévistes pendant 2 semaines et la majorité des remarques remontées par les délégués du personnel pendant plus d’un an.

Dans ce projet d’accord la direction met en avant les efforts qu’elle consent à faire envers nous qui justifieraient l’arrêt de la grève.
Parmi ces engagements on trouve en réalité une majorité d’obligations légales qui auraient dues être remplies sans que nous n’ayons à les demander.

  • Nous apporter la preuve que la médecine du travail sera bien payée l’an prochain. L’adhésion à la médecine du travail est une obligation légale, nous ne devrions pas avoir besoin d’un tel engagement pour être certains que ce soit fait.
  • Mettre en place une salle de pause à chaque étage des locaux pour pouvoir accueillir suffisamment de monde. C’est encore une obligation légale qui n’avait d’ailleurs pas été réclamée dans le cadre de la grève.
  • La promesse d’un futur accord d’entreprise sur les classifications. Une discussion sur ce point était déjà prévue. De plus, avant de discuter de nouvelles classifications peut-être faudrait-il commencer par respecter celles qui nous sont dues ?
  • Détailler le calcul des quelques rattrapages de salaires et primes de vacances sur 3 ans. Il s’agit de la durée de prescription légale qu’imposerait un tribunal en plus de dommages et intérêts. Sachant que la prime n’a jamais été versée, qu’en est-il des années précédentes ?
  • Comptabilisation des heures de négociation comme des heures travaillées pour les 4 membres de la délégation. Il s’agit une fois de plus d’une obligation légale.

La grève a été déclenchée en raison du non-respect de la loi, faire passer son application partielle pour un geste gracieux de leur part ne nous trompe pas.

Toutes nos propositions ont été refusées en bloc, même celles n’engendrant aucun coût pour l’employeur.
Il nous a par exemple été refusé un étalement des retenues de salaire des jours de grève sur plusieurs mois, un compromis courant qui permettrait de nous laisser de quoi vivre chaque mois.
Pour justifier ce refus, il nous a été répondu que ce n’était pas une question d’argent.

De plus, suite à notre insistance, la direction avait signé le 5 mars un accord écrit à payer la cotisation obligatoire à la médecine du travail et à nous en apporter immédiatement la preuve une fois le paiement effectué. Le paiement date du 12 mars, et la direction n’a daigné en partager la preuve que lors de la rencontre du 21. 9 jours donc après le paiement. La direction parait avoir quelques difficultés à respecter un accord signé.

Puisque ni la discussion ni la grève ne semblent affecter nos employeurs et qu’exiger le respect de la loi semble être une demande exagérée à leurs yeux, nous estimons qu’il est temps d’affermir nos méthodes.
Une quinzaine d’anciens et actuels employés d’Eugen Systems ont entamé une procédure aux prud’hommes. Cela ne concerne cependant que les contentieux passés et ne permettra donc pas de régler les problèmes de fond en termes de conditions de travail et de respect pour le travail fourni.

Ces 6 semaines de grève n’ont toutefois pas été totalement infructueuses : nous avons pu nous concerter, créer des liens avec divers organismes et personnes. Notre situation n’est pas unique et d’autres entreprises profitent de la passion des employés pour mettre en place des conditions de travail illégales.
Nous invitons toutes les personnes, groupes et associations qui voient en notre lutte un combat juste à nous aider, que ce soit : médiatiquement en partageant les articles décrivant notre situation, financièrement via la caisse de grève, moralement par vos messages de soutien et en témoignant de la légitimité de cette lutte sur les réseaux, par vos conseils, appuis, etc. Toute aide que vous pourrez apporter sera la bienvenue.

Distribution de la caisse de grève

Nous avons procédé à une première répartition de la caisse après un mois de grève (mi-mars). A ce moment-là, le montant de la caisse était de 8070€ provenant de 182 participants, ainsi que 550€ de dons directs. Pour une complète transparence nous vous indiquons notre méthode de distribution qui a été la suivante :

  • compensation intégrale du coût de la grève aux personnes qui en avaient strictement besoin. Ces personnes ont pu temporairement apporter un soutien actif au mouvement malgré leurs difficultés financières, entièrement grâce à vous.
  • comptabilisation du nombre de journées de grève auxquelles a participé chacun, pour arriver à un total de 292 journées.
  • chaque gréviste non remboursé a pu indiquer le pourcentage de ses parts qu’il souhaite recevoir. Cela permet aux personnes qui jugent pouvoir se le permettre, si elles le souhaitent, de laisser une partie de leur compensation pour les autres. C’est bien entendu une action volontaire, chacun recevant l’intégralité de sa compensation par défaut. Cela fait un total de 261 parts.
  • compensation individuelle équivalant au nombre de parts multiplié par la valeur d’une part. Au final cela représente, pour une personne ayant fait grève pendant tout le mois et n’ayant pas redistribué ses parts, un montant d’à peu près 630 €.

Merci à tous et à toutes pour vos messages de soutien et vos dons. Ils nous aident à tenir le coup, et nous rappellent que notre cause est juste et notre action nécessaire.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems

Déjà plus de 3 semaines de grève chez Eugen Systems

Nous relayons une nouvelle fois un communiqué rédigé par nos collègues grévistes du studio parisien Eugen Systems. Vous pouvez les soutenir via leur caisse de grève, toutes les participations sont bienvenues : https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

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Weeks of Conflict

Nous avons débuté notre grève le 14 février, voilà plus de 3 semaines. 16 mois de contestation déjà.

Mercredi 28 février, après deux semaines de grève, la direction s’est enfin adressée directement à nous en proposant de rencontrer une délégation de grévistes afin de discuter.
Nous nous sommes rendus disponibles dès le lendemain matin, pourtant il aura fallu attendre le lundi 5 mars pour qu’ait lieu la première rencontre avec la direction, celle-ci ayant refusé les propositions de dates précédentes. Encore une fois, nous ne pouvons que remarquer l’absence de considération pour l’urgence de la situation.

Notre délégation s’est donc réunie avec la direction le matin du lundi 5 mars, en présence de M. l’inspecteur du travail en tant que médiateur.
Nous abordons la réunion en mentionnant que notre employeur n’a pas cotisé pour l’année 2018 à la médecine du travail, ce qui est bien entendu obligatoire.
Ce qui est décrit comme un oubli suite à une facture non reçue est extrêmement problématique : certains de nos collègues sont en plein burnout et dépression, et le non-paiement des cotisations empêche par exemple la médecine du travail de planifier des visites médicales de prévention pour les autres salariés. La direction nous assure qu’elle a demandé à recevoir à nouveau la facture, et s’est engagée à la régler dès que possible. A l’heure où nous écrivons ce communiqué, le 9 mars, cela n’est toujours pas régularisé.

Concernant nos réclamations et nos revendications, la réponse de la direction est simple : non. Les irrégularités actuelles et passées sont toujours niées, et aucune des propositions que nous avons apportées n’est ne serait-ce que considérée.
La direction a indiqué à de nombreuses reprises qu’elle considère que certains contrats sont anciens ou erronés, et qu’elle n’a par conséquent pas à les respecter. Elle considère par exemple que les métiers créatifs (game designers, graphistes, level builders…) n’ont pas besoin de formation et que ces salariés seraient surqualifiés par leurs formations spécifiques, souvent de niveau Bac +5.
La réunion est reconduite au lendemain matin, pour que la direction prenne le temps d’établir une proposition de grille de classifications concernant les postes de l’entreprise.

Le mardi 6, nous recevons donc cette proposition sous l’état de brouillon, incomplète (il n’est fait mention que des métiers de programmation) et remplie d’erreurs. Nous considérons que cette proposition faite par la direction n’est pas sérieuse, mais pire encore, elle contient des éléments nettement moins avantageux que ce qui se pratique actuellement dans l’entreprise. Drôle de façon de négocier.
Étant donné qu’elle n’est qu’à l’état de projet, nous ne publions pas de détails, mais faisons part de notre méfiance à son sujet. Le fait que la grille ne concerne que certains métiers et qu’elle soit encore à l’état de brouillon nous laisse penser que la direction tente encore de gagner du temps.

A plusieurs reprises au cours de ces réunions, il nous a été reproché de diffuser des mensonges par nos communiqués et de ne pas contrôler les publications des journalistes et utilisateurs des réseaux sociaux : la direction semble ignorer que nous ne contrôlons pas l’opinion publique, alors même qu’elle refuse le droit de réponse que lui accordent les journalistes.
Nous avons demandé à ce qu’on nous désigne précisément quels propos de nos communiqués étaient contestés, mais n’avons obtenu aucune réponse concrète.

Nous n’avons depuis pas eu d’autre proposition de rencontre, et la direction a refusé la nôtre pour ce vendredi 9 mars, sans se donner la peine d’en expliquer les raisons.

Nous attendons toujours que la direction prenne conscience de la gravité des problèmes soulevés et montre sa volonté à résoudre le conflit. Il est impensable de continuer à nier les irrégularités et de tenter en parallèle d’abaisser encore nos conditions de travail.

Nous vous remercions une nouvelle fois pour les messages de soutien et les donations qui nous aident énormément !

Les employés grévistes d’Eugen Systems

Les grévistes d’Eugen Systems tiennent le coup

Nous relayons une nouvelle fois un communiqué rédigé par nos collègues grévistes du studio parisien Eugen Systems. Vous pouvez les soutenir via leur caisse de grève, toutes les participations sont bienvenues : https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

Ils nous ont confirmé la reconduite de leur grève jeudi 22 février.

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Still Division

Voici désormais une semaine que nous sommes en grève.

Chaque jour nous recevons des messages de soutien de joueurs et de personnes travaillant dans l’industrie, de France et d’ailleurs. Ces derniers nous rappellent que les problèmes sur lesquels nous attirons actuellement l’attention ne sont pas restreints à notre entreprise mais sont bien plus répandus, même si les symptômes peuvent différer. Nous sommes très touchés par ces messages qui donnent un sens à la lutte que nous sommes contraints de mener aujourd’hui. Nous n’oublions pas non plus les personnes qui vivent actuellement des situations similaires dans d’autres industries ou dans la fonction publique.

Nos revendications concernent l’application de la loi, en particulier en ce qui touche à nos salaires. Mais les problèmes auxquels nous sommes confrontés semblent trouver leurs racines dans un phénomène plus profond : un manque de valorisation du travail que nous réalisons chaque jour. Nous ne serions tous et toutes qu’autant d’outils parfaitement remplaçables. Nos savoirfaire, notre expérience, nos qualités et qualifications diverses ne sont pas des paramètres qu’il convient de prendre en compte.

Pourtant qui conçoit les jeux, les fabrique, les enrichit en contenu, et s’assure de leur bon fonctionnement ?

À l’heure qu’il est, nous n’avons toujours reçu aucune forme de réponse ou proposition de la part de la direction d’Eugen Systems.
Nous regrettons qu’elle continue à se voiler la face après quinze mois durant lesquels nous avons désespérément tenté d’attirer l’attention sur la gravité des problèmes auxquels nous sommes confrontés et sur la nécessité de trouver une solution qui tienne compte des intérêts des salariés, et non pas uniquement de ceux de la direction. Quand ces solutions passent par une réduction unilatérale du salaire, une remise en cause des grades et qualifications des employés, ou par la négation des éléments essentiels de leurs contrats de travail, elles sont naturellement inacceptables.

Comme nous l’avons fait savoir à la direction de notre studio en début de semaine, nous ne tirons aucune satisfaction du sinistre qui a eu lieu dans l’immeuble qui abrite les locaux de l’entreprise et qui a conduit à un arrêt temporaire de la production. Notre mouvement de grève se poursuit malgré tout et nous attendons toujours la satisfaction de nos exigences, qui rappelons-le ne représentent rien d’extraordinaire : la juste valorisation de notre travail et la prise en considération de nos droits.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems

Les grévistes d’Eugen Systems répondent au communiqué de leur direction

Nous relayons encore une fois un communiqué de nos camarades grévistes d’Eugen Systems.

 

Le communiqué publié hier par Eugen Systems sur tous ses réseaux nous semble être une démonstration publique des raisons nous ayant menés à cette grève.

À l’heure actuelle la direction n’est toujours pas revenue vers nous, et préfère publier un démenti, lequel consiste, encore une fois, à nier certains faits, en ignorer d’autres, prétexter des erreurs et faire de creuses promesses.

 

Cela ne nous étonne pas, puisque la négation du problème est la réponse systématique de la direction depuis le début de nos tentatives de discussions.

 

On nous demande, une fois de plus, de faire confiance, et de bien vouloir attendre un peu pour régler les problèmes soulevés. Nous avons perdu confiance en notre employeur et en son cabinet de RH pour faire valoir nos intérêts, tous deux ayant démontré leur objectif à plusieurs reprises : ne pas avoir à appliquer nos droits, ne pas avoir à payer les salaires selon les règles en vigueur, diviser les salariés et réprimer toute contestation.

Tous les délais que nos interlocuteurs réclament depuis le début des discussions il y a quinze mois visent à gagner du temps, car si proposition il y a, il s’agira d’une explication permettant de ne pas avoir à payer ce qui nous est dû.

 

Le dernier argument en date, à savoir l’erreur de bonne foi, est tout bonnement inaudible, s’agissant de problèmes soulevés il y a plus d’un an de façon officielle, et qui sont présents dans l’entreprise depuis aussi longtemps que nous pouvons nous en souvenir. Ces problèmes étaient déjà présents tandis que l’entreprise n’avait aucun délégué du personnel pour les soulever.

 

La direction prétend faire un effort particulier dans la communication avec les représentants du personnel. Pourtant, il a fallu une lettre signée par la vaste majorité des employés au mois de novembre 2017 pour lui faire prendre en compte les remarques que ces délégués transmettent.

 

Les derniers entretiens individuels en date se sont déroulés sans trace écrite et ont été l’occasion de faire pression sur des salariés pour qui les minimas conventionnels n’étaient pas respectés afin qu’ils signent des avenants à leur désavantage. Par conséquent l’annonce de ces prochains entretiens ne nous rassure absolument pas.

 

Nous rappelons présentement les revendications pour lesquelles nous sommes entrés en grève. Nous réclamons une régularisation immédiate des points suivants :

  • Minima conventionnels non appliqués
  • Classifications (grades et coefficients) dues et non attribuées
  • Primes de vacances non versées depuis de nombreuses années
  • Non-respect des lois en vigueur sur le temps de travail
  • Baisse de nos salaires bruts au moins de Janvier 2018 pour y intégrer les heures supplémentaires auparavant non déclarées, en tentant de faire passer cette action pour une rectification d’erreur de comptabilité alors que le problème a été signalé au printemps 2017 — cette baisse faisant au passage tomber certains salaires sous les minima conventionnels
  • Rémunération intégrale de la période de grève

En outre, nous exigeons immédiatement que cessent les convocations en réunions individuelles d’employés grévistes pour les interroger sur ce sujet. Il s’agit d’une remise en cause du droit de grève, ce qui est intolérable.

De la même façon, la direction qui a explicitement fait savoir à certains collègues qu’elle identifiait les employés syndiqués comme ennemis avérés de l’entreprise assume par ce fait une position claire : la négation du droit des travailleurs à se syndiquer.

Enfin, nous tenons à remercier du fond du cœur les personnes qui participent à la caisse de grève organisée par le STJV, ainsi que celles et ceux qui font parvenir leurs messages de soutien par mail, twitter, facebook, forums, parole… Votre solidarité n’est pas passée inaperçue. Merci.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems