Arkane Studios pourrait fermer sans jamais avoir connu l’échec

Bandeau de l'article Arkane Studios Microsoft doit répondre maintenant

Le futur d’Arkane doit être choisi par ses salarié·es

Aujourd’hui, alors que la production de Blade avance de bon train et que le projet promet de faire honneur à la qualité de travail à laquelle Arkane a habitué son public, les travailleureuses se retrouvent face à une bien triste réalité : notre studio pourrait voir ses portes se fermer pour la seule et unique raison que Microsoft l’a décrété, au risque de saboter le jeu qu’il a lui-même financé.

Après nos premières prises de paroles dans le Monde et Les Échos il y a deux semaines, Microsoft avait daigné nous accorder un sursis, un mois supplémentaire à la procédure. C’est un pas en avant, et la preuve qu’ils peuvent avancer, mais c’est bien loin d’être assez.

Le STJV alerte aujourd’hui sur le péril dans lequel se trouve l’entreprise, mais aussi ses travailleureuses : alors que le choix de Microsoft de se séparer d’Arkane Studios impose aux travailleureuses une pression permanente de devoir conjuguer la fatigue de la production du projet, le stress de la recherche de repreneur et l’anxiété de voir leurs emplois peut-être disparaitre ; les conditions de départs proposées par Microsoft restent indignes. Encore plus quand on considère que le géant de la tech a décidé unilatéralement et sans fondement aucun, de détruire la vie de centaines de travailleureuses.

Microsoft a décidé de fermer Arkane

Microsoft a décidé de justifier cette décision par des motifs économiques. Microsoft a même créé ces motifs économiques. Car après avoir gelés pendant 19 mois les recrutements du groupe, créant artificiellement des retards et des surcoûts, Microsoft invoque aujourd’hui ces mêmes retards et surcoûts comme motifs de fermeture. Sans parler des ressources financières d’Arkane. Comment ne pas être vu comme un « centre de coût » quand les jeux précédents du studios, vendus à plusieurs dizaines de millions de copies tous titres confondus sont complètement absents des résultats de l’entreprise. Ou encore, de la trésorerie d’Arkane, constamment à sec car remontée au groupe via un mécanisme de cash pooling. Jusqu’à cette fermeture elle-même faite au mépris de tout bon sens, y compris financier, car fermer Arkane Studios et annuler Blade couterait sans doute aujourd’hui plus cher que de le finir.

La réalité c’est que ces décisions sont le résultat d’un calcul froid et méthodique, faisant abstraction de la réalité de nos vies, nos projets et nos rêves pour servir les intérêts financiers court-termistes de Microsoft. Dans la lignée des vagues de milliers de licenciements annuels, des fermetures de studios et maintenant des dizaines de milliers de départs volontaire proposés par le groupe, la décision de fermer Arkane n’est pour eux que l’application brutale d’une logique de recherche de maximisation des profits. Arkane est rentable. Juste pas assez rentable aux yeux de Microsoft.

Alors oui, Microsoft est responsable de la situation dans laquelle se trouve Arkane. Microsoft est responsable de la situation dans laquelle se trouvent les travailleureuses. Microsoft doit donc en assumer les responsabilités.

Des moyens à la hauteur des enjeux

Grâce à la loi française, Arkane Studios a la possibilité de trouver un acquéreur. Et nous avons toustes la conviction qu’il existe un avenir pour un studio comme Arkane, avec ses 25 ans d’histoire, ses multiples jeux à succès et une équipe dont le talent est reconnu internationalement. Nous voulons continuer à faire vivre ce studio qui est le nôtre, terminer et vous présenter Blade, et bien d’autres jeux par la suite. Et nous souhaitons ardemment que ce futur existe.

Mais ne nions pas la réalité : nous voulons une reprise qui donne au studio les moyens de durer au-delà de Blade, pas une poursuite de l’activité à n’importe quelles conditions. Si aucune offre de reprise sérieuse n’émerge, Arkane fermera ses portes. Ce faisant, ce seront 217 vies qui seront chamboulées, entrainées vers la précarité et jetées sur le marché du JV alors que ce dernier traverse une crise sans précédent. Et à ces 217 salarié·es, il faudra ajouter tous les prestataires, freelances, services de maintenance, de sécurité, ménage qui permettent à notre studio de fonctionner. En plus des développeurs, des centaines d’emplois en danger.

Alors quand le groupe qui décide que nous devons mettre la clé sous la porte est, selon bien des sources, celui le plus rentable au monde, totalisant plus de 133 Milliards de dollars de bénéfices nets l’année passée, le minimum est que les mesures permettant d’assurer un avenir aux travailleureuses soient proportionnées à ces moyens. Les conditions proposées jusqu’ici sont inacceptables à nos yeux, et nous ne laisserons pas les vies des travailleureuses d’Arkane Studios être ainsi détruites sans en payer le juste prix. Aussi nous demandons :

  • De donner aux travailleureuses un contrôle sur leur futur et les choix qui les régissent :
    • Aller plus loin que la consultation du CSE et donner aux employé·es une voix à la table des négociations dans le choix de leur potentiel repreneur, via leurs représentants au CSE et les syndicats .
    • Mettre en place un fond de protection pour les employé·es, d’un montant similaire aux garanties du PSE, en cas de licenciement économique par le repreneur dans les 24 mois après le rachat.
  • Dans le cas d’un PSE, de débloquer des fonds à la hauteur du groupe qu’est Microsoft afin que, dans l’éventualité où Arkane Studios ferme, les travailleureuses soient indemnisés à la hauteur du préjudice subit :
    • Une indemnité de licenciement de 200K€.
    • 2 ans de congé de reclassement financé par Microsoft.
    • Mise en place de la mutualisation des moyens de formation et de création d’entreprise avec une prime de reliquat pour permettre à toustes de pouvoir envisager un après sereinement.
    • Indemnisation de rupture de contrat pour les travailleureuses indépendantes laissés sur le carreau par la production à la hauteur de l’indemnité de licenciement.

Construire la grève : le 5 novembre pour lutter, et au delà pour gagner

Bandeau construisons la grève générale à partir du 5 novembre

Après plus d’un mois de mobilisation sans relâche de la part des lycéen·nes, des manifestations massives le 17 et le 24 Octobre, des actes de solidarité et de joie que nous avons toustes vécu, la seule réponse de ce gouvernement autoritaire est de criminaliser et de réprimer. Le nombre de gardes à vue explose, la plupart étant infligées à des mineur·es, et chaque jour la milice du capital mutile et blesse en espérant fracturer notre détermination.

Encore une fois, il s’agit faire passer en force un budget inique et de nous pousser jusqu’à notre point de rupture, et ce à grands coups de hache dans les services publics et l’éducation. Ces « économies » réalisées sur le dos des masses laborieuses sont une fois de plus détournées vers les poches des actionnaires, grands patrons et capitalistes en tout genre.

Capitalisme et racisme allant de pair, la violence envers les personnes racisées continue de se débrider comme le montrent les alliances entre nervis fascistes et police, ainsi que l’ignoble attentat raciste de Trappes. Dans ce paysage politique et médiatique qui a normalisé la parole d’extrême droite, il est de notre responsabilité d’y opposer une mobilisation antiraciste et antifasciste de masse grâce à l’action syndicale.

Ce que ce gouvernement et ses chiens de garde ignorent, c’est qu’on ne brise pas la solidarité de classe avec des matraques ou des montages larmoyants de vitrines brisées. Il est plus que jamais temps d’amplifier le mouvement et de faire converger les luttes. Sur tous nos lieux de travail, allons chercher les collègues et camarades et organisons assemblées générales et grèves. Imposons nos revendications par la cessation du travail et la solidarité.

Il est important de se souvenir qu’on n’appelle pas à la grève générale, on la construit. Cantines solidaires, caisses de grève, piquets et blocages sont autant de mesures qui permettent aux mouvements de durer dans le temps et de gagner.

C’est pourquoi le STJV appelle à la grève dans le jeu vidéo du 5 au 13 Novembre, pour prendre l’initiative et ne pas laisser le patronat s’organiser. Nous invitons toustes les travailleureuses à se mobiliser et ce quel que soit leur statut : les licenciements injustes que nous subissons depuis des années maintenant n’abîment en rien nos capacités.

Nous demandons une politique budgétaire qui améliore la vie des travailleureuses, des étudiant‧es et autres écoliers, une politique sociale qui met fin aux licenciements massifs dans le jeu vidéo et les autres industries, et l’arrêt immédiat de la répression du mouvement social, aussi bien dans la rue que dans les entreprises.

Profitons de ce premier appel national pour s’organiser localement sur le long terme. Participons aux blocages et actions locales, protégeons nos plus jeunes camarades en manifestation et donnons de notre temps pour les cantines solidaires et l’action syndicale. Ce n’est pas aux syndicats d’organiser les travailleureuses, c’est aux travailleureuses d’organiser les syndicats.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tout·es les enseignant·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

À Don’t Nod, nos sauvegardes sont corrompues

Sur fond rouge et noir, en haut au centre de l’image, le titre « DONTNOD » en grosse lettres noires sur fond blanc. En-dessous, sur la droite, un texte blanc sur fond rouge "Licenciements : nos sauvegardes sont corrompues". Sur le côté gauche, un dessin stylisé du Ballast, un personnage du jeu Jusant, avec des cernes et un foulard noir floqué STJV.

L’anticipation avec 18 mois de retard

Le studio vient d’annoncer – d’abord à la presse financière, puis aux salarié·es, comme à son habitude – son placement en procédure de sauvegarde.

Cette procédure est distincte du « Plan de Sauvegarde de l’Emploi » (plan de licenciements), mais vient le compléter puisque, sans le gel des dettes apporté par la sauvegarde, l’entreprise ne disposerait même pas de fonds suffisants pour mener à terme son PSE.

Dans son communiqué, le PDG Oskar Guilbert écrit qu’une « procédure de sauvegarde constitue une démarche d’anticipation ». En décembre 2025, la direction présentait déjà au CSE plusieurs scénarios financiers. Le meilleur, supposant le financement de 2 jeux, prévoyait des licenciements. Le pire, en l’absence de financement (ce qui se révélera être le cas), une liquidation courant 2026. De quelle anticipation parle-t-on lorsque l’entreprise attend 11 mois supplémentaires, et 5 après l’alerte des commissaires aux comptes de mai, pour réagir ?

Comble de l’anticipation, la direction convoquait le CSE le 3 septembre pour une information-consultation sur l’ouverture d’une procédure de sauvegarde. Durant cette réunion le PDG a fait pression sur les membres du CSE, afin qu’iels renoncent au délai légal et rendent leur avis sur-le-champ. Si le CSE n’a pas cédé, il est étonnant de s’apercevoir que la direction de l’entreprise a mis ensuite plus d’un mois pour lancer effectivement la sauvegarde.

Le PDG conclut sa déclaration par des formules creuses sur l’attention portée aux salarié·es, dont chacun·e sait qu’il s’agit d’un tissu de mensonges probablement écrits par ChatGPT.

Le communiqué poursuit en indiquant que la société attend 5.6M€ (7.5 – 1.9) de versement de Crédit d’Impôt Jeu Vidéo. Nous signalons à toutes fins utiles que la société a été condamnée cette année notamment pour atteinte aux intérêts collectifs de la profession : « l’absence de reconnaissance par l’employeur de la situation de harcèlement moral de M. C. et des carences de M. W. pour la sécurité des salariés ont porté partiellement atteinte aux intérêts de la profession ». Selon le critère « respecter la législation sociale » pour toucher le CIJV, le CNC ne pourra en toute logique que retirer son agrément à Don’t Nod. Nous déplorons qu’en ne prenant pas de mesure contre le harcèlement, Don’t Nod se soit placée toute seule dans une position où elle risque de perdre une subvention qui semble pourtant nécessaire à sa survie.

Ces dernières années, s’il fallait bien trouver un point positif aux finances de Don’t Nod, c’était l’absence de dettes. Le problème, quand on arrive ensuite à court de trésorerie et que l’on s’acharne à éviter ses responsabilités, c’est qu’il faut créer artificiellement des dettes pour pouvoir les geler et en conserver les sommes dans sa trésorerie. Nous avons eu le déplaisir d’apprendre que la société ne s’acquitte plus de ses cotisations sociales auprès de l’URSSAF depuis juillet, dans ce but. C’est peut-être là qu’on trouvera le plus d’« anticipation » de la part de la direction.

Sauvegarde de l’emploi : not found

Malgré des modifications à la marge, l’organisation cible est toujours selon nous totalement inadaptée à la production du dernier projet en cours de développement, P14.

La quasi-totalité des postes non-managériaux est supprimée : 6/6 animateurices, 3/3 character artists, 3/3 concept artists, 8/10 artistes environnement, 2/3 sound designer, 4/8 game designers, 3/5 level designers, 6/6 associate producers, 18/22 programmers, 3/5 QA testers, 2/3 devops, 3/4 RH…

La direction procède à un ciblage individuel extrêmement clair et ne se cache pas vraiment de réfléchir en termes de personnes, ce qui est illégal. Cela passe par sa définition des catégories professionnelles :

  • elle définit 47 catégories professionnelles (55 initialement) pour 140 salarié·es, ce qui est énorme ;
  • 23 catégories sont unipersonnelles, désignant directement des personnes à garder ou lourder ;
  • elle ne respecte pas sa propre « méthodologie » de manière cohérente, qui contredit d’ailleurs les fiches de poste préexistantes dans l’entreprise.

Cela passe également par des critères d’ordre dont le barème départage très peu les salarié·es, à l’exception de l’appréciation, très subjective, des « qualités professionnelles ».

Pour compenser cette hécatombe et continuer la production d’un jeu qui, à ce jour, n’a pas réduit de scope et occupe environ une centaine de personnes, la direction mise tout sur la sous-traitance. Les chefs d’équipe, qui sont considérés comme naturellement plus compétents, plus expérimentés que les non-managers, sont conservés dans l’organisation et devront selon la direction à la fois orchestrer ce recours massif à la sous-traitance et reprendre la charge de travail de production des équipes licenciées. N’importe qui avec un minimum de jugeote et d’expérience dans la production d’un jeu vidéo se rend bien compte à quel point cette décision est hors-sol. Le coût du passage en sous-traitance d‘un projet jusqu‘ici largement internalisé et de la perte de l’expertise développée tout au long de la production semblent ignorés au profit d‘économies court-termistes aux débouchés nébuleux.

Passage en force

La direction vient de donner le clap de fin à la mauvaise pièce de théâtre qu’ont été les « négociations » du PSE. Elle choisit donc de passer par une décision unilatérale et de soumettre son plan à une étude approfondie par la DRIEETS pour son homologation.
En réalité, elle n’a jamais eu l’intention de négocier quoi que ce soit et ne s’en est pas caché. Nous n’avons eu en face de nous que mauvaise foi et gaslight permanents.

Elle décrète qu’elle est incapable d’accorder quoi que ce soit : ce sera le minimum légal et estimez-vous heureux·ses. Un plan de départs volontaires est hors de question car l’entreprise serait à deux semaines près de trésorerie et ne pourrait pas supporter le délai de mise en place. Un accord de performance collective abaissant les rémunérations de la direction est reçu comme une boutade insultante (alors qu’il économiserait de l’argent à l’entreprise).

Depuis des années, l’entreprise est emmenée droit dans le mur, refusant d’écouter tout avis extérieur, contre tout principe de réalité. Cela fait 2 ans que les salarié·es vivent sous une épée de Damoclès, dans l’incertitude et l’angoisse, entretenues par une communication interne alternant entre inexistante ou ostensiblement mensongère. L’impact sur la santé des salarié·es a été largement documenté par le CSE, entre accidents de travail (6 en 2026) et une récente expertise pour Danger Grave et Imminent.

Dès 2024, le CSE, le STJV et les salarié·es alertaient sur la probabilité d’un deuxième PSE (ou pire) si la direction ne changeait pas de manière de faire et si elle persistait à mettre tous ses œufs dans le même panier (P14). Nous y sommes. Deux ans passés à chasser des financements en essuyant refus sur refus, systématiquement, à essorer les salarié·es pour produire démo sur démo, pour chaque salon, rencontre, Gamescom… La direction a laissé pourrir la situation et nous avec, en prenant ses rêves pour la réalité.

Elle a ignoré le CSE, ses middle-managers, le STJV, les commissaires aux comptes, en croyant dur comme fer qu’un miracle allait advenir pour financer un jeu trop gros, trop ambitieux, trop cher. Elle a continué à tromper les travailleureuses en faisant miroiter des possibilités de signature durant juillet/aout pour produire pas une, mais deux versions démo coup sur coup pour la Gamescom 2026 et les semaines suivantes. Pendant ce temps, elle cessait de régler ses cotisations sociales à l’URSSAF et préparait un second PSE, en assumant de l’avoir caché aux salarié·es pour ne pas prendre le risque d’impacter les démos sur lesquelles iels cravachaient. Drôle de façon de les remercier.

Arrivée à l’automne, la direction a tiré sur la corde jusqu’à mettre l’entreprise dans une situation de quasi-cessation de paiement. Ainsi, elle crée de la dette pour soutenir sa consommation de trésorerie, et a une excuse toute trouvée pour licencier en masse au minimum légal : on n’a plus de sous ma bonne dame, vous comprenez. On s’en est bien assuré n’ayez crainte. Ce ne sera que pur hasard si l’on signe un financement juste après.

Pour ajouter l’affront à la douleur, elle refuse de laisser partir en priorité les salarié·es qui le souhaiteraient via un plan de départ volontaire. Elle ne s’intéresse pas aux dégâts causés par sa faute sur la santé des salarié·es, ne prévoit aucune réelle mesure de prévention. Les salarié·es se sentent pris·es en otage par une direction radicalisée qui continue de jouer avec la vie et le futur de 140 personnes, sans aucune considération pour les conséquences.

L’information-consultation du CSE approche de la fin, et il rendra son avis le 3 novembre. La DRIEETS aura ensuite 21 jours pour se prononcer sur l’homologation du plan et, s’il est accepté, on peut s’attendre à des notifications de licenciement dès le 25 novembre.
S’il est rejeté en revanche, la direction devra revoir sa copie et improviser : vous l’aurez compris, les plans B ce n’est pas leur fort.

— La section syndicale STJV Don’t Nod

Quantic Dream : répression syndicale envers notre délégué – grève le jeudi 8 octobre

Bluesky Mastodon Communiqué QD(1)

Ce jeudi 1er octobre, nous avons eu la désagréable surprise d’apprendre que le délégué syndical de la section STJV de Quantic Dream était mis à pied à titre conservatoire et convoqué à un entretien préalable de licenciement pour une soi-disant « faute grave ». Cela veut dire que l’entreprise suspend son contrat de travail et son salaire, en attendant de décider de le licencier ou non.

Un contexte tendu à Quantic Dream

Alors que le PSE absolument brutal et injustifié est en train d’entrer en application, la section STJV bataille quotidiennement dans la commission de suivi : il faut bien veiller à ce que l’accord majoritaire s’applique correctement et que les travailleureuses bénéficient de leurs droits durement gagnés.

En parallèle, le STJV est retourné à la table des négociations pour les NAO de « partage de la valeur ». Il s’agit de négocier en particulier les critères de répartition d’une enveloppe de 6 millions d’euros sanctuarisée à cet effet, par l’entreprise, en 2022.

Dans le studio au sens large, l’ambiance délétère et anxiogène instaurée par la Direction, son plan et ses communications, perdure. Il faut rappeler qu’elle est l’unique responsable de la situation de l’entreprise et du PSE qu’elle a conçu. Le conflit social qui a eu lieu pour obtenir des conditions de départ dignes, par la grève, n’aurait pas été nécessaire sans sa conduite insultante et méprisante envers les travailleureuses, qui ont fait la richesse du studio et de ses propriétaires.

De l’entrave à la répression

Depuis des mois et tout au long du PSE, nous avons vu la Direction commenter et critiquer sans cesse les actions du STJV, en utilisant ses moyens d’employeur pour communiquer auprès des salarié·es, tout en refusant la réciprocité de ces moyens au STJV. On se rappelle qu’elle a même censuré le CSE dès le début de la procédure.

Ces communications fleuves de la part de David de Gruttola et Guillaume de Fondaumière, qui s’étalent sur des pages et des pages, sont remplies d’approximations, de mensonges et d’accusations visant à décrédibiliser le STJV et ses membres. Elles laissent supposer une fébrilité et un besoin de prendre ses distances avec la réalité pour tenter de garder la tête haute.

Le STJV a exigé que cette pratique d’entrave et discrimination syndicale cesse, en vertu notamment de l’article L.2141-7 du Code du Travail. Cela n’a pas été le cas, et l’employeur a même décidé de passer à la vitesse supérieure.

Le délégué syndical STJV a donc été convoqué ce jeudi 1er octobre à un entretien préalable au licenciement pour une soi-disant « faute grave », et mis à pied à titre conservatoire.

Pour être plus précis, la Direction reproche tout d’abord la diffusion et les modalités de restitution d’un verbatim d’une réunion de négociation. La mise à pied concernerait également les différentes communications de la section STJV.

Voici la justification de la Direction :

« Ces faits interviennent par ailleurs dans un contexte plus général dans lequel plusieurs collaborateurs nous ont alertés sur le caractère agressif, intimidant et anxiogène de vos communications ainsi que sur leurs conséquences sur leurs conditions de travail et leur état de santé.

Compte tenu de la nature et de la gravité de votre comportement, de sa répétition et, surtout, de ses conséquences déjà constatées sur la santé et la sécurité de plusieurs collaborateurs, votre maintien dans l’entreprise pendant la durée de la procédure n’est pas possible. »

De notre côté, nous considérons que la transparence avec nos collègues, l’exposition des méthodes de la Direction et les communications dénonçant sa violence font partie de nos outils et de nos devoirs syndicaux. Absolument rien ici n’est illégal ou même reprochable à un syndicat ou à son délégué. Au contraire, c’est Quantic Dream qui rentrerait dans l’illégalité, selon l’article L.2141-5 du Code du Travail :

« Il est interdit à l’employeur de prendre en considération l’appartenance à un syndicat ou l’exercice d’une activité syndicale pour arrêter ses décisions en matière notamment de recrutement, de conduite et de répartition du travail, de formation professionnelle, d’avancement, de rémunération et d’octroi d’avantages sociaux, de mesures de discipline et de rupture du contrat de travail. ».

Messieurs de Gruttola et de Fondaumière ont visiblement besoin de réviser les principes de liberté d’appartenance et d’action syndicales en France.

Au regard de leurs actions des derniers mois et du contenu explicite de cette lettre, nous considérons qu’il s’agit de répression syndicale caractérisée. Le scandale est double : la Direction ne daigne pas écouter ses employé·es légitimement en colère et se permet même de harceler et violenter leurs représentant·es élu·es. Au-delà de la colère et de la tristesse que nous ressentons pour notre camarade, nous sommes également atterré·es par le non-sens et la brutalité de cette démarche : la Direction se croit toute puissante et ne peut souffrir aucun reproche.

Appel à la grève pour le 8 octobre

Le STJV lance un appel à la grève national le jeudi 8 octobre, jour de l’entretien préalable au licenciement du délégué syndical STJV à Quantic Dream, pour de meilleures conditions de travail comme la réduction du temps de travail, pour la distribution de l’enveloppe des 6 millions d’euros, contre la répression syndicale, pour que les travailleureuses aient voix au chapitre.

Nous vous invitons à nous rejoindre devant Quantic Dream (30 rue Raoul Wallenberg, 75019 Paris) à 10h.

Nous n’acceptons pas que le patronat piétine des dispositions d’ordre public du Code du Travail. Cette attaque visant notre délégué syndical est un coup porté à toustes les travailleureuses de l’industrie. Nous défendons un camarade mais également la profession dans son ensemble face à un patronat violent et radicalisé.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

6 octobre 2026 : soutien aux lycéen·nes mobilisé‧es et grève pour nos conditions de vie

Communique greve 6 oct

Reconduction de l’appel pour les 13 et 17 octobre 2026

Malgré le mépris médiatique dominant et une répression policière toujours plus violente et injuste, nous ne sommes pas dupes : les journées de mobilisation des 6 et 8 octobre dernier ont été d’immenses succès.

Nous sommes fièr·es de soutenir ce mouvement lycéen, et de voir de plus en plus d’autres secteurs le rejoindre, notamment l’Enseignement Supérieur et la Recherche, dont nous ne connaissons que trop bien les déboires. La cause même de ce mouvement est connu de tous·tes depuis des années : la société ne peut plus supporter l’abandon par l’État de ses missions sociales, et son basculement vers l’autoritarisme.

Les premières réponses du gouvernement n’étant que de vastes fumisteries, il convient de maintenir la pression et de continuer la mobilisation des travailleureuses du jeu vidéo. De ce fait, le STJV reconduit son appel à la grève pour les 13 et 17 octobre prochain dans toute la France, et à la mobilisation au sein des entreprises.

Le STJV sera officiellement présent à plusieurs manifestations pour ces 2 dates.


Depuis fin septembre, un mouvement social lycéen demande de pouvoir étudier dans des conditions saines et décentes, avec des revendications aussi simples que d’avoir des emplois du temps raisonnables, de ne pas crever de chaud ou de froid dans les salles de classe (quand il y en a) avec des trous au plafond, d’être moins de 40 par classe, d’avoir des chaises en bon état et même, à certains endroits… d’avoir des toilettes fonctionnelles. Ce mouvement qui s’est initié en banlieue parisienne, à Saint-Denis, s’est maintenant étendu partout en France grâce à la solidarité des autres établissements scolaires. Il fait aujourd’hui face à une répression policière et judiciaire ahurissante dans tout le pays, et à un abject mépris infantilisant de la part des médias et de la classe politique bourgeoise.

Le timing de ce mouvement, et la violente répression auquel il fait face, n’est pas un hasard. Le gouvernement a présenté son budget pour 2027 et il cherche encore une fois à imposer des restrictions budgétaires qui empirent les conditions d’études, appauvrissent à nouveau les classes populaires, et rendent au passage les soins encore plus inaccessibles qu’ils ne l’étaient. Les écoles de jeu vidéo étant déjà largement privatisées et peu accessibles, ces diplômes ne valant souvent même pas leur poids en papier ailleurs que sur un CV, le jeu vidéo devient de facto encore plus inaccessible à chaque nouveau budget. La proposition du gouvernement est claire : « Lycéen·ne, espère que tes parents puissent te payer une école privée et ferme-la ».

Qui plus est, l’impact de ce budget inique touche directement toute la classe laborieuse. Les travailleureuses du jeu vidéo se retrouvent bien souvent au chômage par ces temps de casse sociale, et celleux qui gardent leur travail ont besoin de soins tant les conditions peuvent être dégradées dans ce « métier passion ». Il en va donc également de notre santé et de notre capacité à rebondir après une fermeture de studio ou un épuisement professionnel. Une fois de plus, nous ne céderons pas le moindre centimètre de terrain sans nous battre.

Il est important de se mobiliser contre la politique de pauvreté du gouvernement, son refus de la démocratie et de la liberté d’expression, aux côtés des lycéen‧nes qui sont en première ligne aujourd’hui. La réponse violente d’un pouvoir politique et d’une bourgeoisie qui se fascisent à vitesse grand V doit renforcer nos solidarités et nous rappeler que nous ne nous battons pas uniquement pour empêcher le pire, mais surtout pour faire advenir des lendemains meilleurs qui les terrifient.

Le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo soutient la mobilisation des lycéen·nes, et appelle tous‧tes les travailleureuses du jeu vidéo à faire grève et à rejoindre les manifestations et actions de mobilisation du 6 octobre prochain. Nous demandons une politique budgétaire qui améliore la vie des travailleureuses, des étudiant‧es et autres écoliers, une politique sociale qui met fin aux licenciements massifs dans le jeu vidéo et les autres industries, et l’arrêt immédiat de la répression du mouvement social, aussi bien dans la rue que dans les entreprises.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

Guillaume de Fondaumière continue de maltraiter les travailleureuses de Quantic Dream

Sur fond rouge et noir, en haut de l'image le titre QUANTIC DREAM Plus bas, à gauche les personnages de jeux Quantic Dream (deux personnages de Spellcasters Chronicles et Yoda), à droite le sous-titre "Rendez l'argent !" En bas à droite de l'image, le logo du STJV

Une enveloppe de 6 millions accaparée par la Direction

Le 27 août dernier, nous avons signé à Quantic Dream, après d’âpres négociations, un accord pour le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). C’est dans ce contexte tendu, avec un dialogue social particulièrement difficile, que nous continuons les différentes NAO (négociations annuelles obligatoires), qui ont été fortement perturbées, voire mises en pause par le PSE. Parmi les négociations, il y a celle sur le « partage de la valeur ».

Durant cette négociation, l’objet qui nous préoccupe particulièrement est une enveloppe sanctuarisée de 6 millions d’euros à destination des employé·es de Quantic Dream, à Paris et Montréal. C’est une somme qui a été mise de côté suite au rachat de NetEase en 2022 et qui a été immobilisée pour permettre aux personnes rejoignant l’entreprise a posteriori d’avoir également un bonus lié à ce rachat (les personnes étant en poste à ce moment-là ayant reçu des actions dans ce cadre).

Le 5 août, en plein pendant le PSE, nous avons eu une NAO « partage de la valeur ». Lors de celle-ci, nous avions énoncé (conjointement avec Force Ouvrière, l’autre syndicat présent au sein de l’entreprise) notre souhait que cette enveloppe soit distribuée cette année, avant que les licenciements ne soient effectifs. Cela fait parfaitement sens : des employé·es au sein de tous les projets de l’entreprise vont être licencié·es très prochainement. Cette enveloppe avait même été présentée comme un bonus à venir lors d’entretiens d’embauche !

Au cours de cette négociation, la Direction a indiqué être d’accord avec nos revendications. Elle nous a informé qu’elle allait se renseigner sur les mécanismes banquiers permettant de mobiliser la somme et nous faire des propositions très prochainement.

Guillaume de Fondaumière, rends l’argent !

Le 10 septembre, un mois après la dernière réunion et deux semaines après la signature de l’accord pour le PSE, nous avons eu une nouvelle réunion. Lors de celle-ci, la Direction change de ton : elle commence à nous expliquer que le PSE est derrière nous, et qu’il faut tourner la page. Les collègues même pas encore licencié·es et les équipes inquiètes de leur avenir apprécieront.

La Direction, toute rayonnante, prétend que le contenu de la précédente réunion n’était que des discussions sans engagement, et qu’elle n’avait pas à ce moment-là le mandat pour discuter de ce sujet. Une seule manière de résumer le mépris dont elle fait preuve : du pur foutage de gueule !

Elle nous explique ensuite être entièrement fermée à utiliser cette somme en 2026, avant les licenciements. Elle considère que les personnes licenciées sont déjà très grassement indemnisé·es, et qu’il faut motiver les employé·es restant·es à travailler sur Star Wars Eclipse. Comme si conserver son emploi n’était pas une motivation suffisante dans une industrie massacrée par les errances des dirigeants de nos studios.

Sa volonté est désormais de distribuer cette somme à l’issue de la sortie de Star Wars Eclipse, en cas de bénéfices conséquents sur le projet, pour les personnes encore dans l’entreprise. Que se passe-t-il si le projet ne marche pas ? Si l’entreprise ferme faute de soutien de NetEase ? S’il y a un nouveau PSE ? Nous considérons que c’est maintenant que l’entreprise doit motiver ses troupes, et non pas essayer de tendre une carotte hypothétique, qui laisserait déjà sur le carreau de nombreuses personnes.

Nous connaissons la chanson car elle est jouée par toustes les dirigeant·es d’entreprise : un objectif volontairement inatteignable pour ne jamais redistribuer l’argent aux travailleureuses.

Face au refus catégorique de la Direction de discuter du sujet, nous avons claqué la porte de la négociation. Elle refuse systématiquement de négocier les sujets qui ne l’intéressent pas, et il est temps que cela cesse.

À titre d’exemple, pour la NAO « temps de travail » (suspendue à cause du PSE) nous avions deux revendications principales : la baisse du temps de travail (nous sommes la seule entreprise française du jeu vidéo à travailler 40 heures par semaine par défaut) et la pérennisation du télétravail via un accord. Elle n’a jamais souhaité aborder ces sujets. À Quantic Dream, on appelle cela « le dialogue social apaisé ».

Le double visage de la violence

Comble du hasard, 6 millions d’euros, cela représente l’argent qu’a personnellement touché Guillaume de Fondaumière lors de la revente du studio. Bien que nous comprenons qu’il soit frustré que son acolyte David « Cage » de Gruttola s’en soit mieux sorti que lui, en ayant engrangé treize fois plus (!) d’argent, s’étant mis la coquette somme de 80 millions d’euros dans sa poche, ce n’est pas une raison de ne pas distribuer l’argent aux travailleureuses. Après, on nous explique que les licenciements étaient inévitables faute d’argent… C’est au total plus de 100 millions d’euros qui ont été distribués en 2022, et on nous explique que les derniers 6 millions devront attendre encore des années. C’est proprement inacceptable.

Le lendemain, dans une réunion destinée à remotiver les troupes, Guillaume de Fondaumière s’est permis de critiquer de manière à peine voilée nos communications syndicales, les considérant comme violentes. La bourgeoisie patronale trouvera toujours cela normal de mettre à la porte nos collègues, et violent qu’on ose s’y opposer. La vraie violence, ce n’est pas quelques employé·es énervé·es par l’impétuosité de la Direction qui ont l’outrecuidance de réagir avec un emoji de clown. C’est précisément les communications violentes de la Direction où elle attribue l’échec de Spellcasters aux équipes, bien ingrates de ne pas remercier nos chers patrons de leur avoir donné du travail (avant de les licencier froidement).

Il appelle de ses vœux à ce que chacun·e puisse travailler sereinement au sein du studio. Petit conseil : distribuer l’argent qui est dû aux travailleureuses, arrêter de les insulter régulièrement dans les communications de l’entreprise, ce serait déjà un premier pas pour que cela soit le cas. Sans compter la question des licenciements : qui peut sereinement travailler dans une entreprise quand on risque à tout moment de se faire licencier ?

Nous n’avons qu’une seule chose à dire à Guillaume de Fondaumière : le respect s’acquiert, il ne se décrète pas. Tant que le cirque patronal ne cessera pas, les travailleureuses seront en colère. Que nous soyons là ou pas, tant que vous continuerez vos actions iniques, iels seront légitimement révolté·es. D’autant plus avec des doubles discours sur NetEase, notre unique actionnaire : pendant le PSE ils sont à deux doigts de fermer le studio, deux semaines plus tard ils nous soutiennent sans réserve. Comment pouvons-nous croire la Direction de Quantic Dream quand elle se contredit de la sorte ?

À Quantic Dream, le crunch fait partie de la culture d’entreprise. Chaque fin de production a été particulièrement difficile, et toustes les travailleureuses du studios redoutent la période à venir. C’est tout logiquement qu’iels se sentent lesé·es par une Direction inconséquente et violente. Il est temps que cela cesse.

La Direction doit payer pour son ignominie

Pour toutes ces raisons, et pour nous faire entendre auprès de cette Direction qui n’en manque pas une, nous appelons à la grève reconductible à partir du mardi 15 septembre.

Nos revendications sont les suivantes :

  • que la Direction verse enfin aux employé·es concerné·es l’enveloppe de 6 millions d’euros, avant les licenciements liés au PSE ;
  • que la Direction diminue notre temps de travail sans baisse de salaire ;
  • que la Direction cesse sa communication méprisante envers les employé·es ;
  • que la Direction arrête sa discrimination syndicale permanente et sa diffamation systémique, sans quoi nous prendrons toutes les mesures légales nécessaires.

Notre caisse de grève est toujours ouverte pour soutenir la présente mobilisation et les futures à venir. Elle pourra permettre de redistribuer de l’argent aux grévistes pour limiter au maximum l’impact financier. Nous vous encourageons à la diffuser le plus largement possible.

Nous avions prévenu que nous ne nous laisserions pas faire : dont acte. Nous nous battrons aussi longtemps que nécessaire contre Guillaume de Fondaumière, David « Cage » de Gruttola et toute cette clique qui nous méprise tant.

Un accord trouvé dans la douleur pour le PSE à Quantic Dream

Sur fond rouge et noir, en haut de l'image le titre QUANTIC DREAM Plus bas, à gauche les personnages de jeux Quantic Dream (deux personnages de Spellcasters Chronicles et Yoda), à droite le sous-titre "Accord de PSE signé, la lutte continue !" En bas à droite de l'image, le logo du STJV

Depuis le 20 mai 2026, la section syndicale Quantic Dream est sur le pied de guerre pour défendre du mieux possible les salarié·es de l’entreprise face à un abject plan de licenciement, visant un quart des salarié·es.

Après un simulacre de négociations, des pressions de toute part et des tentatives de coercition, nous avons tenu bon et avons été en mesure de signer un accord le jeudi 27 août 2026. Nous ne pouvons ni nous en réjouir, ni appeler cela une victoire. Toutefois, par rapport au plan initial de la Direction, qui était tout simplement insultant et inique, nous avons fait d’énormes progrès, grâce à une mobilisation sans faille de nos camarades et collègues.

Nous allons revenir en détail sur l’historique de cette période sociale mouvementée, mais d’abord observons les mesures obtenues par rapport à celles qui étaient initialement proposées.

Synthèse des mesures obtenues

MesureProposition initialeAprès négociation
Prime supra-légale (départ contraint)5 000 €35 000 €
Prime supra-légale (départ volontaire)10 000 €35 000 €
Recherche d’emploi1 000 €5 000 € en France métropolitaine
7 000 € dans les DROM-COM et à l’étranger
Déménagement1 500€5 000 € en France métropolitaine
10 000 € dans les DROM-COM et à l’étranger
Création ou reprise d’entreprise10 000€10 000€
15 000€ par salarié·e, pour une structure montée par plusieurs salarié·es licencié·es
Formation dans le cadre d’un projet d’entreprise1 500€5 000€

Nous avons obtenu de nombreuses mesures en plus de celles qui étaient proposées initialement :

  • Budget de formation dans le cadre d’une recherche d’emploi, une obligation légale qui ne figurait même pas dans le plan initial :
    • 3 000€ pour une VAE (validation des acquis de l’expérience),
    • 8 000€ pour une formation d’adaptation,
    • 12 000€ pour une formation de reconversion ;
  • Mutualisation de tous les budgets des mesures d’accompagnement (possibilité de dépasser le maximum s’il y encore du budget) ;
  • Remboursement des prêts étudiants des salarié·es de moins de 36 ans, à hauteur de 5 000€ ;
  • Dans le cadre d’un PSE, les salarié·es licencié·es ont la possibilité de bénéficier d’un régime spécial nommé CSP (contrat de sécurisation professionnelle). Dans le cas où la personne a au moins un an d’ancienneté, elle peut bénéficier de l’ASP (allocation de sécurisation professionnelle), correspondant à 75% de son salaire brut. À moins d’un an d’ancienneté, c’est l’ARE (allocation de retour à l’emploi) qui est versée, correspondant à 57% du salaire brut. Nous avons obtenu que la Direction paie la différence pour toustes les salarié·es concerné·es ;
  • Reversement du reliquat des mesures d’accompagnement aux employé·es à l’issue des 12 mois du CSP ;
  • Des mesures renforcées pour les salarié·es fragiles (+30% sur les budgets de formation), avec une définition de salarié·es fragiles que nous avons réussi à grandement élargir ;
  • 25 départs volontaires de substitution (mécanisme qui permet de prendre un départ volontaire dans une catégorie non impactée si une personne dans une catégorie impactée peut prendre le poste) ;
  • 20 départs volontaires de solidarité (mécanisme qui permet de prendre un départ volontaire dans une catégorie non impactée pour sauver une personne qui aurait été impactée par le plan) ;
  • Remboursement de tous les jours de grève ;
  • Intégration des personnes licencié·es dans les crédits du jeu ;
  • Paiement des actions qui étaient dépendantes de la présence des employé·es dans l’entreprise à fin décembre.

Limites de l’accord

Il nous faut toutefois signaler que, bien que nous ayons signé, nous avons de vifs désaccords sur certains points.

Nous sommes notamment convaincu·es que ce plan n’améliorera pas la situation de l’entreprise car la Direction, de ses propres aveux, est incapable de prévoir quoi que ce soit. Nous avons passé trois mois à demander l’organisation cible suite à la réorganisation engendrée par ce PSE, chose qu’elle a été incapable de fournir.

« Le staff plan change quasiment tous les jours », nous dit-elle. Nous ne sommes pas étonné·es du développement particulièrement compliqué que subit Star Wars Eclipse quand Guillaume de Fondaumière est incapable d’organiser son entreprise et quand David « Cage » de Gruttola change d’avis chaque matin en tant que Directeur Créatif.

Le rapport d’expert ne dit pas autre chose : il y est montré que, à chaque niveau de l’entreprise, une culture de « l’itération » poussée à l’extrême cause des risques psycho-sociaux à l’immense majorité des employé·es. Une culture qui « fait partie de l’ADN du studio » selon ses dirigeants. Le crunch et le burn-out aussi, apparemment. Plutôt que de regarder la vérité en face, la direction cherche à tout prix à ne pas payer le cabinet d’expertise, et lui demande des informations personnelles très précises sur chacun·e de ses salarié·es, contestant le métier qu’iels exercent.

Par ailleurs, certains documents n’ont jamais été fournis ni au CSE, ni aux organisations syndicales, ni à la DRIEETS (Direction régionale interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) qui les demandait. La direction a-t-elle des choses à cacher sur son incompétence organisationnelle ?

Faute d’une quelconque vision pour le futur de l’entreprise, faute de documents prouvant une quelconque soutenabilité, le CSE a rendu un avis défavorable. En tant que section syndicale, nous soutenons cette analyse : les développements chaotiques de Spellcasters Chronicles et de Star Wars Eclipse ne vont pas magiquement s’améliorer, au contraire. Cela fait déjà plus de trois mois que les équipes de Spellcasters n’ont aucun travail, l’employeur faillissant explicitement à ses obligations. Entre cela et le risque de licenciement qui plane sur les équipes de Star Wars, il nous apparaît bien difficile d’atteindre des conditions de travail ne serait-ce qu’acceptables au sein de l’entreprise. Voir ses collègues se faire licencier, des équipes décimées qui ne pourront plus répondre aux besoins d’autres équipes, cela va créer de lourdes tensions inévitables, que nous déplorons d’avance.

Au milieu de tout cela, la Direction réfute tout risques psycho-sociaux, considérant le rapport d’expert comme biaisé en faveur des employé·es. Pire encore, la Direction reproche aux experts de ne pas faire le travail qu’elle aurait dû elle-même faire, notamment sur le report de charges (du travail des personnes licencié·es vers les personnes qui restent). Encore une preuve qu’elle navigue à l’aveugle. Pas étonnant, vu que David « Cage » de Gruttola se compare à Christophe Colomb en réunion d’équipe…

Et quand elle fournit des documents, il faut voir leur qualité : on a notamment eu un benchmark censé prouver qu’Eclipse se vendrait suffisamment pour rembourser la dette colossale auprès de NetEase. Dans celui-ci figure uniquement une dizaine de jeux à succès sans cohérence, qui se sont bien vendus, avec quelques mots pour expliquer le rapport avec Star Wars Eclipse. Ce document omet même magiquement les jeux Star Wars qui ne se sont pas bien vendus. Et nous sommes censés leur faire confiance…

Un autre élément qui nous pose un problème majeur est la définition des catégories professionnelles. Elles ont été établies à la base de manière illicite en ciblant explicitement les équipes de feu Spellcasters Chronicles. Si elles ont été remaniées, les livres présentaient en toute illégalité les postes impactés jusqu’à une semaine avant la signature… Malheureusement, nous n’avons pas réussi à les faire correspondre à la définition jurisprudentielle. Notre objectif étant de limiter les départs contraints, notre stratégie a été d’ouvrir au maximum les départs volontaires.

Nous avons donc aujourd’hui sur 95 suppressions de postes, soit 91 licenciements et 4 postes vacants, avec :

  • 24 postes en reclassement ;
  • 91 départs volontaires potentiels pour les postes impactés (nombre qui sera évidemment bien inférieur) ;
  • 25 départs de substitution ;
  • 20 départs de solidarité.

Nous espérons qu’avec les départs volontaires et les reclassements, le nombre de départs contraints sera réduit au maximum. Nous avons sondé les salarié·es et avons connaissance d’un nombre conséquent de personnes en souffrance au sein de l’entreprise qui souhaitent la quitter : c’est également ce qui nous a poussé sur cette voie.

Il faut également noter que malgré les affirmations de la Direction, il n’y a eu aucune baisse du nombre de postes supprimés.

Pourquoi avoir signé dans ce cas ? C’est une question légitime. Tout d’abord parce que le risque d’un passage en force de la Direction aurait été au détriment des salarié·es. Elle nous l’a répété en négociation de nombreuses fois : elle ne se plierait qu’aux volontés minimales de la DRIEETS, pénalisant doublement les salarié·es impacté·es par les licenciements. L’exemple le plus flagrant : elle aurait réduit de 20 000€ l’indemnité supra-légale pour la ramener à 15 000€.

L’autre raison, c’est la coercition et la déloyauté permanente de ces négociations. Éléments que nous détaillons dans l’historique ci-après.

Historique d’un PSE d’une terrible brutalité

Le 20 mai 2026, la Direction a annoncé sans préavis l’établissement d’un « plan de sauvegarde de l’emploi », un plan de licenciement économique visant un quart des travailleureuses de l’entreprise en France, et une vingtaine de nos collègues à Montréal.

Alors que, en tant que syndicat majoritaire dans l’entreprise, nous essayions simplement d’avoir une négociation normale (c’est-à-dire proposer des mesures, et en attendre des contre-propositions, plutôt que se faire entendre dire « non » en permanence), la Direction a traité notre méthode de perverses, et même de fasciste… Venant d’une entreprise qui voulait censurer un affichage contre l’extrême-droite dans notre panneau syndical, c’est cocasse. C’est en tout cas un bon exemple du ton féroce employé par la Direction durant ces trois mois.

Une communication d’entreprise sous forme de harcèlement généralisé

Nous n’avons pas été les seuls insulté·es par la Direction. Nos collègues en ont aussi directement fait les frais. Plutôt que d’avoir une communication ouverte et compatissante face à la situation difficile que représente la perte de son emploi dans un secteur qui ne recrute plus, Guillaume de Fondaumière et David « Cage » de Gruttola ont préféré asséner les salarié‧es de mails infâmes. Florilège :

  • Guillaume de Fondaumière a accusé le CSE de provoquer des risques psycho-sociaux car les représentant·es du personnel ont informé les salarié‧es sur la première proposition de la Direction, pour ne pas les laisser dans le noir. Il est même allé jusqu’à menacer les représentant·es du personnel de poursuites judiciaires devant l’ensemble des salarié·es ! Menaces réitérées jusqu’au harcèlement par un second mail de Guillaume de Fondaumière et un autre de David « Cage » de Gruttola extrêmement hostile envers les membres du CSE.
  • Dans ce même mail, la Direction indiquait accepter les candidatures aux postes de reclassement, mettant la charrue avant les bœufs pour essayer de couper l’herbe sous le pied au CSE et aux organisations syndicales, et créant au passage de l’incertitude, de l’incompréhension et du stress dans les équipes, qui ne savaient même pas si elles étaient concernées ou non à ce stade.
  • Seulement 9 jours après l’annonce du plan de licenciements, David « Cage » de Gruttola a envoyé un long mail à l’ensemble des salarié·es pour s’offusquer de leur « ingratitude », et se défausser entièrement de toute responsabilité. Son ego n’a pas supporté d’avoir été visé par la colère des employé·es qui imputent, à juste titre, l’échec de Spellcasters à la Direction Créative qu’il dirige. Plus tard, nous apprendrons même que la Direction considère que l’échec des Spellcasters a pour principale cause les soi-disant retards des équipes… à qui la faute, lorsqu’on est dirigé·es par des girouettes incapables de se décider ? Dans ce mail il expliquait qu’Eclipse est un jeu « exceptionnel », et que les futur‧es licencié‧es devraient être reconnaissant d’avoir eu l’opportunité d’obtenir un emploi au sein de Quantic Dream. Un niveau de mépris à vomir, alors que le choc de l’annonce du PSE était encore frais.
  • Suite à cela, David « Cage » de Gruttola, apparemment peu occupé par les productions en cours et la gestion de l’entreprise, s’est amusé à envoyer régulièrement des messages aux équipes d’Eclipse pour affirmer dans le vent que tout va bien, alors que la défiance augmentait considérablement au sein de l’entreprise. Il n’a jamais eu un mot pour les personnes visées par le licenciement et les équipes de Spellcasters dont il se fiche éperdument.
  • Guillaume de Fondaumière a enchaîné les mails en hallucinant des accords imaginaires que le STJV aurait soi-disant signé chez Spiders, en comparant Quantic Dream à Don’t Nod pour justifier de proposer un accord en deçà de celui d’une entreprise qui était en très grande difficulté, en critiquant le coût du cabinet d’expert mandaté par le CSE (pourtant bien inférieur à la rémunération d’un patron d’entreprise de la taille de Quantic Dream), en mentant sur les documents transmis (certains ne seront au final jamais transmis, alors même que la DRIEETS les demandait)… Il s’est permis d’aller jusqu’à commenter notre action syndicale, ce qui constitue une entrave illégale manifeste, critiquer les articles de presse, la grève et les grévistes… Toujours sans aucune once de compassion pour les personnes qu’il licencie froidement.
  • Au bout de deux mois de procédure, Guillaume de Fondaumière a enfin fait mine de vouloir répondre aux questions des employé·es. Pour cela, il leur a laissé à peine trois jours, en pleine période de vacances, pour envoyer des questions à la Direction… avant de largement réécrire ces questions sans consulter les salarié‧es les ayant envoyées. Les réponses sont un gloubi-boulga flou, produit à la va vite, qui mélange des éléments légaux à la pertinence douteuse avec des critiques à peine dissimulées des syndicats. La Direction y passe plus de temps à essayer de racheter son image qu’à répondre aux inquiétudes concrètes des travailleureuses. Ce sera la seule et unique fois que les salarié·es recevront des « réponses » de la part de la Direction.

Des avancées jusqu’à la dernière minute, grâce à la mobilisation des travailleureuses

Après plusieurs réunions improductives, durant lesquelles nous avons dû improviser des cours de droit du travail à une Direction bien ignorante sur le sujet, nous avons organisé une journée de grève nationale le 25 juin 2026. Cette mobilisation, et la couverture médiatique qui a suivi, ont forcé la Direction à arrêter de camper sur ses positions : dans la foulée, elle a envoyé une longue communication aux salarié·es pour expliquer qu’elle était en position de force… tout en commençant à s’ouvrir à nos revendications. Et ce timing n’est pas qu’une coïncidence : chaque mobilisation d’importance a fait avancer nos revendications, notamment à la fin de la procédure où la grève reconductible d’une semaine a drastiquement fait avancer nos demandes.

Il nous faut adresser un vif remerciement à nos collègues qui, malgré la chaleur harassante, la fatigue et la période de vacances, nous ont suivi tous les jeudis après-midis pour des débrayages pendant près de trois mois. La mobilisation a été constante avec une centaine de personnes tous projets confondus, soit un quart de l’entreprise en mobilisation permanente, sur place ou à distance. C’est cette force collective qui nous a permis de tenir sur la durée et d’en arriver là.

Nous regrettons cependant que le STJV ait été seul, tout au long de la procédure, à organiser la mobilisation sociale qui a permis d’obtenir des avancées pour les salarié‧es qui seront licencié‧es. La section syndicale et les élu·es CSE de FO ont explicitement refusé de se joindre à la grève, et ont fait des communication démotivantes auprès des salarié‧es.

Il faut aussi prendre en compte que, même si le STJV est le syndicat majoritaire de l’entreprise, nous avons perdu un nombre conséquent d’élu·es durant la mandature en cours. Nous ne sommes donc pas aligné·es avec la majorité des élu·es du CSE en place, ce qui a limité notre marge de manœuvre sur des questions comme les catégories professionnelles. D’autant plus que le CSE, rappelons-le, a été menacé et muselé par la Direction dès le début de procédure.

Nous avons pu avancer considérablement sur la fin, et nous nous attendions même à enfin avoir des négociations apaisées, mais il n’en fut rien. Comme une cerise sur le gâteau, la dernière réunion de négociation n’en était pas une. Plutôt que de prévoir un créneau en bonne et due forme, la Direction nous a invité à une « relecture finale » d’une petite heure, nous incitant très fortement à signer un accord en l’état, alors que nous avions encore de nombreuses revendications. Nous avons tenu bon, et avons réussi à faire évoluer considérablement l’accord, malgré les pressions de toute part.

Pour que vous vous rendiez bien compte :

  • Dimanche, la section syndicale FO poste un message sur le réseau de l’entreprise pour informer les salarié‧es qu’elle considère l’accord parfaitement acceptable en l’état ;
  • Lundi, Guillaume de Fondaumière envoie un mail à l’ensemble des employé·es reprenant pour la première fois, après des mois de procédure, l’état actuel des négociations et explicitant ouvertement que les mesures les plus favorables seraient supprimées si nous ne signions pas ;
  • Mardi matin, lors de notre prise de parole initiant notre grève pour la dernière journée de négociation (ou de « relecture »…), des membres du CSE informent les salarié·es présent·es que NetEase menace de fermer Quantic Dream si nous ne signons pas d’accord ;
  • La Direction réitère cette menace une heure plus tard lors de la réunion, en nous faisant lecture d’un mail de NetEase qui est très explicite à ce sujet.

Nous avons considéré que, si cette menace est effectivement réelle et non pas une stratégie de négociation, il était du devoir de la Direction de céder à nos revendications pour permettre la signature d’un accord. Nous avons eu raison, puisque nous avons ainsi pu obtenir des avancées significatives, notamment sur les départs volontaires.

Conclusion et perspectives

De nombreuses directions ont eu l’idée lumineuse de vendre leur studio à des groupes qui les méprisent pour s’acheter un nouveau manoir et quelques voitures de luxe, à défaut d’une dignité. Avec des effets exceptionnels : fermetures de studios (Spiders, Big Bad Wolf, Midgar Studio…), destruction de centaines d’emplois (Kylotonn, Quantic Dream…), et maintenant menaces directes sur l’existence de Quantic Dream. Le tout avec les budgets de productions qui explosent, les conditions de travail qui se dégradent et la qualité des jeux produits en baisse. Il n’est juste pas envisageable d’avoir un emploi dans de bonnes conditions… Alors que les employeureuses se tordent le cerveau pour essayer d’expliquer que notre action syndicale détruit les emplois, nous réaffirmons que ce sont bien leur incompétence et leurs choix qui mènent nos entreprises droit dans le mur.

À Quantic Dream, nous avons refusé de plier du début à la fin de la procédure. Quand la Direction nous expliquait être contrainte financièrement par NetEase, son unique actionnaire qui a fait un bénéfice net de plus de 5 MILLIARDS de dollars en 2025, nous avons expliqué que nous ne signerions jamais un accord qui ne prenait pas cela en compte, et l’avons forcé à négocier régulièrement cette enveloppe à la hausse.

La mobilisation constante à travers l’entreprise a été déterminante, preuve de l’importance du mouvement social et de l’action syndicale. Nous avons dû faire le travail de la Direction en informant régulièrement nos collègues sur l’évolution de la procédure, sur l’état des négociations, sur les conditions de départ, sur les procédures légales… Pendant que la Direction essayait activement de maintenir les salarié‧es dans l’ignorance et l’angoisse.

Même si nous ne pouvons pas considérer qu’un accord sur des licenciements soit une victoire, nous avons l’ambition que les conditions de cet accord inspirent les travailleureuses dans d’autres entreprises et constituent une base minimale à respecter pour tout employeureuse souhaitant s’engager dans une procédure de PSE dans le jeu vidéo.

Nous avons également une pensée pour nos camarades de Montréal, où une vingtaine de nos collègues ont été licencié·es en juillet. Le droit du travail canadien étant bien moins protecteur, leur situation est d’autant plus compliquée, et bien que nous ne les représentons légalement pas, nous leur apportons tout notre soutien. Nous encourageons les travailleureuses du jeu vidéo à se syndiquer et à défendre leurs droits quel que soit leur pays, leur nationalité, leur métier, leur statut ou leur entreprise.

Au sein de Quantic Dream, nous continuerons à lutter pour obtenir des conditions de travail décentes, et pour forcer la Direction à enfin avoir une vraie stratégie d’entreprise, qui va au-delà de NetEase et de la sortie de Star Wars Eclipse, et assure que le studio existera encore après la production en cours.

Grâce à la solidarité entre travailleureuses et au soutien sans faille de nos collègues, nous ne lâcherons rien pour améliorer cette industrie.

Oskar Guilbert saborde Don’t Nod

Sur fond rouge et noir, en haut au centre de l’image, le titre « DONTNOD » en grosse lettres noires sur fond blanc. En-dessous, sur la droite, un texte blanc sur fond rouge "90 postes menacés, une liquidation en accès anticipé. Sur le côté gauche, un dessin stylisé du Ballast, un personnage du jeu Jusant, avec des cernes et un foulard noir floqué STJV.

Le plan de licenciements nouveau est arrivé

Le couperet est tombé : comme le craignaient les salarié·es et le STJV il y a deux ans déjà, un nouveau plan de licenciements est imposé à Don’t Nod.

L’entreprise prévoit de supprimer 90 postes, soit les deux tiers de l’effectif, pour le réduire à 49 salarié·es.

Comment se retrouve-t-on là ?

Le plan de licenciements de 2024, qui s’est fait dans la douleur, n’a pas permis de redresser l’entreprise puisque la direction n’a pas changé, et qu’elle a même continué de se radicaliser contre ses employé·es au lieu de faire son travail et respecter la loi.

Depuis plus de deux ans, la direction de Don’t Nod a été incapable de signer le moindre contrat de financement ou d’édition pour assurer la production du dernier jeu en développement au studio de Paris. Deux ans de production harassante pour les équipes qui ont tout donné, d’une Vertical Slice complètement démesurée aux multiples démos GamesCom, en passant par un reboot du projet. Le mur était visible de loin mais, comme à son habitude, la direction de Don’t Nod a foncé dedans tête baissée, en se répétant qu’il allait peut-être s’écarter par l’opération du saint esprit.

À la lecture des documents financiers publics, il est aisé de se rendre compte que l’entreprise risque une cessation de paiements aux alentours de novembre 2026. Ce fait est connu depuis plus d’un an, et le CSE alerte sur ce risque depuis 2023 ! Même les commissaires aux comptes ont fini par se réveiller et émettre une alerte au printemps 2026. En mai 2026 Oskar Guilbert défendait sa stratégie pour maintenir la continuité d’exploitation de l’entreprise, en prétendant intensifier les efforts marketing sur le jeu Aphelion après le regrettable flop du jeu, et se vantait du chiffre d’affaires « record » de 2025… pourtant plus de 2 fois inférieur au coût de fonctionnement de l’entreprise.

La direction semble fondamentalement incapable de comprendre ce qu’elle inflige aux travailleureuses de son studio, et les impacts que cela a sur l’activité de l’entreprise par ricochet.

Dans le « diagnostic RPS » (risques psycho-sociaux) que l’entreprise a elle-même commandé à un cabinet, tous les indicateurs sont au rouge, sauf un, l’entente entre collègues. La direction a donc pris la seule décision logique : virer nos collègues et garder peu ou prou uniquement la hiérarchie… heu attendez, quoi ?

Le sens du timing

Le CSE a été convoqué vendredi 28 août pour le lancement du plan de licenciements le jeudi 3 septembre, dernier jour de préparation d’une énième importante version interne du jeu (la deuxième en un mois) à destination de partenaires potentiels. Conscient de l’image qu’un plan de licenciements va encore donner, et dans un ultime espoir de ne pas voir cette dernière ligne droite perturbée, Oskar Guilbert en vient aux coup bas : il fait parvenir le 31 août aux élu·es du personnel un courrier d’avocat agitant des risques de délit d’initié et de prison, dans l’espoir de s’assurer leur silence.

Les salarié·es ont été informé·es de l’existence du plan, sans aucun détail, mardi 1er septembre dans une réunion en visio de 8 minutes montre en main, lors de laquelle absolument aucun moyen d’expression n’était disponible. Enfin, iels ont appris le nombre de suppressions prévues ce vendredi matin, dans la presse qui a été informée avant elleux.

Les travailleureuses interprètent ce calendrier ainsi : « maintenant que vous avez crunché pour produire la meilleure démo possible d’un reboot du jeu en 4 mois, merci de dégager, on n’a plus besoin de vous ».

La suite dans les idées

L’organisation visée par le plan de licenciements est tout simplement risible, aberrante et totalement inadaptée à continuer la production du jeu censé trouver un financement. Comment la direction de Don’t Nod s’imagine-t-elle pouvoir continuer la production du jeu, pourtant très loin d’être commercialisable ? Mystère.

Peut-être se croit-elle assez maligne pour arnaquer des partenaires financiers en leur soutirant assez d’argent pour vivoter quelques mois. L’histoire récente nous invite à douter de ses capacités à le faire.

Peut-être encore considère-t-elle que les animateurices, artistes personnages, artistes environnement et artistes conceptuels ne sont finalement pas utile pour produire un jeu vidéo, et qu’il est tout à fait possible d’en virer des équipes entières.

Peut-être s’imagine-t-elle attirer un repreneur, en lui vendant un petit studio et ses licences, dont on a écrémé les « éléments perturbateurs » ?

Plutôt mourir que d’avoir un CSE

Chacun·e saura apprécier l’objectif annoncé de réduire le nombre de salarié·es à 49. Il ne nous semble pas choisi au hasard, loin de là, et ne répond pas à une problématique de production ou de budget.

Car 49, c’est juste en dessous du seuil de 50 salariés qui donne au CSE toutes ses prérogatives les plus importantes : la personnalité morale pour ester en justice, un budget, le recours aux expertises, des protections supplémentaires pour les salarié·es lors de plans de licenciements… Tout ce qui a permis de confronter la direction de Don’t Nod à son incompétence. Comme à chaque fois, chez Don’t Nod et ailleurs, les directions n’ont qu’une seule priorité : fuir leurs propres responsabilités.

De plus, ce plan de licenciements intervient alors que le mandat actuel du CSE approche de sa fin et que la totalité des élu·es sont menacé·es par le plan de licenciements. La direction semble vouloir faire d’une pierre deux coups, en se débarrassant de salarié·es qu’elle juge indésirables et en empêchant tout renouvellement d’un CSE efficace pour défendre celleux qui resteront.

Ce n’est que la suite logique de sa stratégie actuelle de harcèlement à l’encontre des représentant·es du personnel, qui sont victimes de représailles juridiques, mises·e au placard, poussé·es à la faute et à la démission. Encore fin juillet 2026, 4 d’entre elleux ont dû déclarer un accident du travail (suivis d’arrêts maladie), suite au comportement profondément abject de membres du département « ressources humaines » lors d’une réunion portant sur la santé des salarié·es.

Alors que le CSE reste un organe dont la production est principalement consultative, dont les prérogatives ont été largement amoindries par les ordonnances Macron de 2017, ces dernières années nous montrent que le patronat du jeu vidéo est incapable de supporter la moindre contradiction. Il semble préférer casser délibérément son jouet plutôt que devoir supporter la présence de quelques adultes de temps en temps. Le tout dans le silence assourdissant et sans doute complice des pouvoirs publics.

Liquidation en accès anticipé

Il faut bien réaliser que le plan de licenciements proposé est le scénario « optimiste », reposant sur l’hypothèse que l’entreprise arrive à survivre à l’automne.

La direction joue depuis des mois du flou et des informations contradictoires, éphémères, pour continuer à extraire le maximum de travail et de bonne volonté des équipes. Même chez les Chief et Executive producers, le discours jusqu’ici était faussement encourageant et se gardait bien d’expliquer que, même avec le montant de financement recherché et annoncé à toute l’entreprise, de nombreuses suppressions de postes devraient avoir lieu. Quand le CSE les confrontait et questionnait sur ce sujet, tous prétendaient ne pas être informés et ne pas pouvoir répondre. La réponse est maintenant connue.

Il est difficile d’anticiper exactement ce qu’il va se passer dans les prochaines semaines et mois car la signature d’un financement de l’entreprise, et donc sa survie, reste extrêmement peu probable. Mais nous faisons confiance à l’incompétence d’Oskar Guilbert et de ses valets pour continuer à prendre les décisions les plus infâmes possible.

Quantic Dream : un PSE au bulldozer

Bluesky mastodon dernier communique pse

Le combat de nos camarades à Quantic Dream contre un plan de licenciements, dont les rebondissements ne sont toujours pas finis, continue. Alors qu’approchent la fin des négociations, notre section syndicale alerte sur les irrégularités qui ont entaché tout le processus.

Brutalisation de la représentation du personnel

Nous en parlions lors de l’article précédent, la direction du studio semble choisir de lire la loi avec un angle inédit : imposer des délais illégaux, s’entêter sur des dispositions qui ne tiendront pas à l’examen le plus élémentaire du plan par l’inspection du travail… tout cela n’inspire pas confiance. C’est d’autant plus le cas quand elle a fait perdre près de la moitié du temps alloué (1 mois et demi sur 3 mois) pour négocier l’accord de méthode. Pour notre lectorat qui n’est pas adepte du « dialogue social », l’accord de méthode, c’est la base de toute négociation puisqu’on y définit les moyens alloués et le fonctionnement prévu. C’est la garantie que la négociation peut se dérouler correctement, et il est évidemment crucial quand plus de 100 emplois sont menacés.

Ce n’est malheureusement pas tout. La direction de Quantic Dream ne semble pas comprendre que dans « dialogue social », il y a « dialogue ». Nos camarades ont vu la direction refuser de fournir des documents nécessaires à l’exercice par peur que les négociateurices les « pervertissent » – quoi que cela puisse bien vouloir dire, se faire reprocher des « méthodes de fascistes » (la République française, dont nous demandons l’application des lois, appréciera l’insulte…), ou encore se faire asséner qu’il ne « faut pas lire la presse, c’est un tissu de mensonges ». Sans parler de ce que cela révèle sur la personne des dirigeants du studio, il est clair qu’un plan de licenciements ne peut pas etre négocié correctement si la direction choisit l’insulte et la violence à tous les étages.

Nous ne pouvons évidemment pas non plus faire l’impasse sur le fait que la délégation syndicale a formulé des propositions et revendications tout au long de la négociation, propositions savamment ignorées par la direction qui met 4 réunions à les considérer. Dans l’une des dernières réunions, alors que des propositions étaient formulées plus d’une semaine avant, la direction n’en a tout simplement pas parlé. Est-ce là le sérieux et la considération qu’il faudrait attendre des patrons quand ils souhaitent licencier 115 personnes ?

Malveillance et pingrerie

Un constat général est que la direction de Quantic Dream vise à se contenter du strict minimum en tout point. Quand l’entreprise ne souffre ni d’un marché en berne (qui se porte très bien, merci pour lui), ni du manque de bonne volonté des travailleureuses (leur mobilisation montre bien leur envie de sauver leurs emplois et le produit de leur travail), il est normal d’offrir des conditions un tant soit peu décentes au départ pour accompagner celleux qui doivent perdre leur place simplement parce que la direction le veut. À Quantic Dream, ce n’est pas le cas. Tout au long des réunions la direction, et en particulier Guillaume de Fondaumière, n’a pas écouté ce qui lui était proposé. Au contraire, elle semble souhaiter s’aligner sur le bas du panier autant que possible, oubliant qu’elle est obligée à une négociation loyale, pas à une parodie.

Cette pingrerie de bas étage se traduit par des manœuvres complètement incompréhensibles. Par exemple, la direction se plaint du coût que représenterait le financement des formations des personnes licenciées, semblant complètement ignorer qu’il s’agit d’une obligation légale. S’il est toujours désagréable de s’acquitter de ses dettes, nous aimerions que la direction de Quantic Dream partage ses recettes magiques qui l’en dispenseraient.

La situation de Quantic Dream, filiale du groupe NetEase (qui lui aussi se porte très bien, merci pour lui), devrait au moins permettre d’envisager une compensation décente aux personnes lésées par les décisions de la direction. Au contraire, leur recherche permanente du moins-disant amène à une situation proprement absurde, où les propositions de la direction seraient inférieures à ce qui avait été obtenu par nos camarades à Don’t Nod, entreprise largement moins bien soutenue financièrement. Il est tout bonnement infâme de se retrouver dans cette situation. Si Quantic Dream veut détruire des emplois, elle doit payer.

Et les employé·es dans tout ça ?

Enfin, nous voulons revenir sur le traitement des salarié·es de l’entreprise, qui souffrent également de la situation. D’abord, bien évidemment, de l’incertitude créée par ce plan bancal qui risque bien de jouer les prolongations. Ces risques psycho-sociaux subsistent d’autant plus que nos camarades ne peuvent pas communiquer correctement avec les travailleureuses de l’entreprise après que la direction leur ait retiré les droits qui étaient pourtant les leurs par usage. Loin des yeux, loin du cœur ?

Il faut aussi pointer du doigt le destin funeste réservé à l’équipe ayant travaillé sur le jeu Spellcasters Chronicles. Alors que le fruit de leur labeur a vu son existence coupée court plus tôt dans l’année, cela fait maintenant deux mois que leurs compétences sont laissées en jachère. Nous rappelons que le contrat de travail lie un·e travailleureuse qui loue sa force de travail à un employeur, qui de son côté a l’obligation de fournir du travail. Avant de rompre le contrat, encore faudrait-il en remplir les obligations les plus élémentaires.

Finissons sur la considération apportée aux craintes des employé·es. Nous l’avons dit, la direction s’est attaquée à la capacité de la représentation du personnel à partager l’avancée des négociations aux salarié·es. Par contre, elle ne se gêne pas de son côté pour se répandre en mensonges. De toute cette période, la direction n’a pas reconnu une seule fois les nombreux manquements qui ont été les siens, parfois sur des règles pourtant élémentaires. Au contraire, David « Cage » de Grutola a pu se gargariser que les personnes bientôt licenciées aient eu la chance de travailler sur le projet, comme si le seul fait de l’approcher était déjà un grand privilège. Est-ce ainsi que l’on respecte celleux qui créent la valeur exploitée par l’entreprise ?

Quantic Dream, d’antiques crimes

Un aparté ici : cette procédure s’arrête aux frontières du pays, mais il ne faut pas oublier non plus nos collègues à Montréal, dont une vingtaine sont également concerné·es par ces licenciements. La protection (toute relative comme on a pu le voir au long de cet article) de la loi française ne leur est pas accordée, alors même que leur situation est très similaire à la notre. Nous leur témoignons toute notre solidarité, car iels méritent le respect tout autant que leurs collègues de France.

Cette négociation risque de n’avoir été qu’une pantomime d’une direction ayant décidé de n’en faire qu’à sa tête, mais se prêtant au théâtre d’un « dialogue social » performatif plutôt que d’écouter les suggestions qui lui sont faites. Notre section se battra jusqu’au bout pour que les travailleureuses de Quantic Dream soient respecté·es et que s’il leur faut perdre leur emploi, cela se fasse au moins dans des conditions décentes. C’est notre message à la direction depuis le début du processus de négociation, et nous nous y tenons.

Nous nous adressons donc à toutes les personnes ayant entravé cette négociation (elles se reconnaîtront) : si vous ne respectez pas la loi quand elle vous est rappelée, vous en subirez les conséquences. Nous défendrons nos camarades et le droit des travailleureuses à vivre décemment de leur labeur, quoi qu’il nous en coûte.

Enfin, pour démontrer notre détermination et notre unité, nous appelons à la grève reconductible à Quantic Dream à partir du mercredi 5 août pour dénoncer la conduite indigne de cette négociation par la direction, demander l’extension des négociations et, au minimum, l’inclusion des demandes des représentant‧es du personnel dans le plan de licenciements.

Face au harcèlement à Don’t Nod, une victoire inédite

Sur fond rouge et noir, à gauche de l'image, Phoenix Wright de la série Ace Attorney dans une posture triomphale, pointant du doigt vers l'avant de l'image. À droite, le texte "Victoire !" dans une fonte stylisée rappelant celle des interjections d'Ace Attorney. En bas de l'image, le logo STJV.

Le 31 mars 2026, le CSE de Don’t Nod Entertainment et le STJV ont obtenu une victoire inédite contre l’entreprise Don’t Nod Entertainment devant le Conseil de Prud’hommes de Paris.

Nous ne communiquons dessus que maintenant car nous avons longtemps espéré une réaction raisonnable de Don’t Nod. Force est de constater qu’elle a eu toutes les occasions de corriger sa conduite, y compris après une condamnation, et a choisi de persister dans ses affres. Cette affaire de harcèlement a des conséquences et ramifications importantes que nous allons détailler.

Résumé de l’affaire

En novembre 2024, un salarié informe le CSE sur sa situation de harcèlement et met en cause son manager, M. C. Le CSE utilise alors son droit d’alerte pour « atteinte aux droits des personnes », défini par l’article L2312-59 du Code du Travail. Cela donne lieu à une enquête menée par le membre du CSE qui a déclenché le droit d’alerte, avec une représentante de l’employeur (RH).

Au cours de l’enquête (de novembre 2024 à avril 2025), 9 entretiens individuels ont été réalisés, en rencontrant les salarié·es qui travaillent ou ont travaillé avec ce manager. Ces entretiens, ainsi que les échanges entre l’élu et la représentante RH, donnent lieu à des conclusions qui résument ce qu’a rapporté l’enquête et présentent des recommandations à l’employeur.

L’élu et la représentante RH n’ont pas pu s’accorder sur le contenu des conclusions, faisant une lecture très différente des révélations de l’enquête et de la qualification juridique à en tirer. En conséquence, deux jeux de conclusions ont été produits et présentés à l’employeur. L’élu ayant mené l’enquête, et le CSE après lui, constatent notamment :

  • Des propos dégradants et humiliants ;
  • Une volonté de contrôle et de micro-management ;
  • Une absence d’encadrement et de formation des subordonné·es ;
  • Des agissements et de la discrimination sexistes et transphobes ;
  • De la discrimination syndicale et répression de grévistes ;
  • La connaissance de longue date de certains faits par M. W., supérieur de M. C.

Ces agissements révélés par l’enquête ont été commis à l’encontre de plusieurs salarié·es au fil des ans, et ont également entraîné des conséquences sur la santé de plusieurs salarié·es, des demandes de changement d’équipe, et des départs de l’entreprise. Les conclusions, qui s’appuient sur pas moins de 16 articles de loi, ont été présentées en réunion mensuelle du CSE le 30 avril 2025.

Constatant l’inadéquation des conclusions et recommandations présentées par le département RH, mais aussi l’inaction de l’employeur (qui ne prendra même pas la peine d’aborder le sujet à l’occasion des réunions CSE de mai et juin), l’élu a saisi le Conseil de Prud’hommes de Paris le 26 juin 2025 en vertu de l’article L2312-59, pour qu’il ordonne à la Société de prendre un certain nombre de mesures pour préserver la santé et la sécurité des salarié·es.

Le STJV s’est joint à la procédure pour faire reconnaître une « atteinte aux intérêts collectifs de la profession », en vertu de l’article L2132-3 du Code du Travail.

Le jugement : le CSE et le STJV créent du droit

Verdict

L’audience a eu lieu le 5 janvier 2026, le verdict a été rendu le 31 mars 2026 et communiqué aux parties le 24 avril 2026. Le Conseil de Prud’hommes :

  • Ordonne à la Société DON’T NOD ENTERTAINMENT de prendre toutes les mesures propres à faire cesser les comportements managériaux inappropriés qui portent atteinte aux salariés ;
  • Fait droit à la demande de mettre en place un système d’alerte dédié pour les salariés auquel le CSE sera associé dans son choix et son application ;
  • Fait droit à la demande de mettre en place une formation de sensibilisation obligatoire contre le sexisme et les agissements sexistes, l’identité de genre et la transidentité, par un organisme choisi par l’entreprise parmi 3 propositions émises par le CSE
  • Fait droit à la demande de mettre en place un affichage du « par ces motifs » aux lieux d’entrée et de sorties du personnel, ainsi que par voie numérique sur le Slack de l’entreprise pendant une durée de deux mois ;
  • Condamne la société à payer au CSE les sommes de :
    • 500 € au titre de dommages et intérêts pour préjudice subi en qualité d’enquêteur
    • 1 500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile
  • Condamne la société à payer au STJV la somme de 500 € au titre de dommages et intérêts pour atteinte aux intérêts de la profession.
  • Déboute la société de toutes ses demandes.

Concernant les demandes du STJV, le Conseil écrit : « l’absence de reconnaissance par l’employeur de la situation de harcèlement moral de M. C. et des carences de M. W. pour la sécurité des salariés ont porté partiellement atteinte aux intérêts de la profession », car l’enquête a démontré que M. W. avait été informé de divers faits et n’avait pas pris de mesures suffisantes pour mettre fin au harcèlement.

Jugement CPH Paris mars 26 Don’t Nod

Analyse

L’article L2312-59 dispose que « Le juge peut ordonner toutes mesures propres à faire cesser cette atteinte ». Le CSE a donc demandé à ce que cela soit le cas via diverses mesures citées précédemment (système d’alerte, formation) mais également par toute sanction disciplinaire qu’il jugerait adaptée. Rappelons que l’employeur a l’obligation de protéger les salarié·es du harcèlement, et que le harcèlement relève non seulement du Droit du Travail mais également du Droit Pénal.

Dans son jugement, le Conseil déboute les demandes de sanction disciplinaire en expliquant que malgré cette formulation de l’article L2312-59, « ces mesures ne peuvent en aucun cas se substituer aux prérogatives que la Loi réserve à l’employeur » et que « Le juge n’a donc pas, et ne peut pas se substituer aux prérogatives de l’employeur en matière de sanction, d’organisation du travail, de promotion, de mutation ».
Cependant, il reconnaît explicitement le harcèlement de M. C. et les carences de M. W. comme on l’a vu, et ordonne à l’employeur de « prendre toutes les mesures propres à faire cesser les comportements managériaux inappropriés qui portent atteinte aux salariés ».

Notre interprétation est donc que le Conseil se considère incompétent pour ordonner des sanctions, mais ordonne bien à l’entreprise de prendre « toute mesure », et que cela n’exclut pas (au contraire) les sanctions disciplinaires. En effet, il fait droit aux autres demandes et, sans se substituer au pouvoir disciplinaire, ordonne en plus à l’employeur d’agir : c’est donc qu’il doit prendre des mesures supplémentaires.

Il est extrêmement rare que les CSE se saisissent de cet article. Il l’est encore plus qu’ils obtiennent une décision à la fois précise dans ses mesures et large dans son application, comme c’est le cas ici. Nous nous félicitons de ce résultat et insistons particulièrement sur la portée nouvelle de cette décision. Nul doute qu’elle va éclairer d’un jour nouveau des situations similaires que nous savons nombreuses parmi les entreprises du secteur, et au-delà.

Pour citer notre avocate, Me Clocher :

Le jugement montre que le CSE a un véritable outil pour améliorer les conditions de travail des salariés et suppléer aux carences de l’employeur. Il reste cependant à obtenir que le juge puisse faire injonction aux employeurs d’ordonner des sanctions.

Chez Don’t Nod, on laisse prospérer le harcèlement

Si Don’t Nod a bien exécuté son obligation d’affichage de la décision, elle n’a pris en pratique aucune mesure pour faire cesser le harcèlement. En effet l’entreprise ne partage pas notre analyse, et fait selon nous une lecture erronée et de mauvaise foi en considérant que le jugement l’empêcherait de prendre des sanctions.

Elle considère que le supposé « rappel à l’ordre » adressé à M. C., dont on n’a jamais bien pu apprécier la temporalité ni la réalité, et la formation « communication managériale » qu’il a suivie en décembre 2025, seraient des mesures suffisantes. Elle ignore commodément que le jugement a été rendu après ces « mesurettes », dont le Conseil a eu connaissance pendant les débats, et qui ne suffisent donc pas puisque l’entreprise a été condamnée.

Le CSE n’a été informé d’aucune mesure ou décision concernant les deux managers mis en cause.

Depuis le jugement, le CSE a demandé officiellement, par l’intermédiaire de son Conseil légal, à ce que des mesures soient prises conformément au jugement, et notamment de ne pas promouvoir M. W., en vain.

Les sujets de la formation et du processus d’alerte quant à eux sont en cours de discussion entre l’entreprise et le CSE.

Les responsables intouchables ?

On a beaucoup parlé de Don’t Nod en tant qu’entreprise jusqu’ici. C’est bien l’employeur qui a été condamné, mais nous ne pouvons faire l’impasse sur la question des personnes dirigeantes. L’entreprise n’est pas une entité abstraite, et son action est impulsée par un « Comité de Direction ». Des personnes physiques ont pris la décision d’ignorer les conclusions du CSE, de ne jamais y répondre, de ne prendre aucune mesure, et de continuer malgré la condamnation.

Ces personnes ont un nom, une réputation, parfois même des décorations de l’État. C’est Oskar Guilbert, d’abord, le PDG qui dirige l’entreprise, et devrait en toute logique s’inquiéter des risques juridiques qu’il lui fait courir en poussant le CSE à saisir les tribunaux contre elle. Sans même parler de sa responsabilité d’employeur envers la santé des salarié·es. C’est Julie Chalmette, ensuite, numéro 2 de l’entreprise et qui cumulait :

  • son poste de Directrice Générale Adjointe
  • la présidence du CSE
  • les responsabilités de DRH depuis le départ de Matthieu Hoffmann
  • les responsabilités de direction du studio depuis le départ de Samuel Jacques

durant toute la durée de l’affaire. C’est Nadia Onfray, enfin, nouvelle DRH de l’entreprise, qui poursuit la gestion instaurée par Julie Chalmette depuis son départ en catimini en mars 2026.

Mais des représailles envers les élu·es

Si les actions de messieurs C. et W., qui ont mené l’entreprise à être condamnée de façon exceptionnelle, n’ont suscité aucun émoi chez sa direction, il faut en revanche noter que les élu·es CSE ont été ciblé·es en représailles.

À l’occasion d’un licenciement de moins de 10 personnes, qui voit nos collègues partir en ce moment-même, l’entreprise en a profité pour « proposer » une modification de poste à une autre élue du CSE. Proposition qu’elle doit accepter, sans quoi elle sera licenciée également. Cette modification de poste consiste à lui retirer la charge d’une équipe qu’elle gère depuis plus d’un an et à lui retirer en pratique ses responsabilités de manager. Nous avons eu la surprise de découvrir que c’était pour en donner la charge à M. W. qui, comme nombre de collègues récemment, était temporairement sans affectation.

Dans ses demandes en tant que partie défenderesse, Don’t Nod a tenté de faire condamner personnellement l’élu ayant lancé le droit d’alerte à la somme de 2 500 €. Or, il est ici dans le cadre de son mandat de représentant du personnel. Il a été expressément mandaté par le CSE pour le représenter dans son action judiciaire, mais c’est bien le CSE en tant que personne morale qui exerce ses droits. Cette demande abjecte n’a aucun sens juridique et elle a bien évidemment été déboutée par le Conseil.

Elle démontre cependant les bassesses auxquelles la direction de Don’t Nod est prête à recourir. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une tentative d’intimidation et de représailles envers un élu du personnel qui défend ses collègues. Il a par ailleurs été violemment pris à partie par Julie Chalmette à l’entrée des locaux quelques jours après l’audience.

Dans un récent rapport d’expertise, le cabinet mandaté par le CSE dans le cadre d’une autre alerte, indique que :

Alors même que l’élu intervenait en qualité de membre de la délégation du personnel, mandaté pour exercer le droit d’alerte prévu à l’article L.2312-59 du Code du travail, l’action a été largement recentrée, dans les écritures de l’employeur, sur sa personne, sa qualité pour agir et sa responsabilité individuelle, jusqu’à solliciter sa condamnation personnelle. Le Conseil a finalement reconnu la recevabilité tant de l’élu que du CSE, rappelant ainsi que l’action s’inscrivait dans l’exercice d’une prérogative légale de représentation collective. Cette individualisation du contentieux, qui tend à identifier un représentant plutôt que l’institution qu’il représente, est susceptible d’exposer les élus à une pression personnelle dépassant le seul débat juridique. Au delà du cas d’espèce, une telle dynamique peut avoir un effet dissuasif sur l’exercice des mandats, alimenter un climat de défiance et déplacer le dialogue social d’une logique de traitement collectif des difficultés vers une confrontation centrée sur les personnes, peu propice à l’exercice serein des prérogatives représentatives.

Depuis Janvier 2026, le CSE questionne la direction pour comprendre cette manœuvre d’intimidation, sans succès. Julie Chalmette, qui était en charge du dossier et la représentait au tribunal, a quitté l’entreprise. Nadia Onfray prétend qu’elle ne s’en occupait pas à l’époque. Et les avocats de l’entreprise bottent en touche en prétendant qu’il s’agit d’une demande tout à fait normale.

En réalité, non seulement Don’t Nod ne sanctionne pas le harcèlement, mais elle conforte ceux qui le commettent, et réprime celleux qui le combattent.

Et au-delà : la fin de l’impunité dans le jeu vidéo

Il faut bien saisir la portée de cette décision : Don’t Nod, le studio considéré comme « progressiste » en France et qui en a fait son image de marque, dirigé par la co-fondatrice de Women In Games France durant les faits (dont elle était parfaitement informée), est condamné pour son inaction face à du harcèlement, en particulier sexiste et transphobe. C’est son propre CSE qui a du aller en justice, après une enquête accablante mise sous le tapis.

Nous avons ici un cas d’école d’une entreprise condamnée en justice parce qu’elle ne respecte pas la « législation sociale », critère soi-disant nécessaire pour l’obtention de la principale aide publique au jeu vidéo, le Crédit d’Impôts Jeu Vidéo (CIJV). Et ce faisant, les Prud’hommes jugent que l’entreprise ne s’est pas contentée de violer la legislation sur un cas « individuel » – bien que cela a été le cas pas plus tard qu’en décembre 2025 dans une autre condamnation de Don’t Nod aux Prud’hommes – mais a porté atteinte à l’ensemble de la profession.

Le CIJV commence à être remis en cause de plus en plus largement, notamment pour l’inefficacité évidente de cette condition de « respect de la législation sociale en vigueur ». Quelles conséquences peut-on attendre d’une telle condamnation pour les futures demandes d’agrément de l’entreprise au CIJV ? Le SNJV compte-t-il inventer de nouvelle pirouettes rhétoriques dignes de ses attaques sur une députée qui leur faisait l’affront d’avoir une opinion pour justifier le comportement de son adhérente, et nous expliquer que balayer sous le tapis des faits de harcèlement n’est pas très grave ?

Pour aller plus loin : qu’en pense le CNC, qui encadre les aides au secteur, et notamment Mme Pauline Augrain, directrice du numérique au sein de l’institution ? En effet, Julie Chalmette est également vice-présidente de la commission d’attribution du Fond d’Aide au Jeu Vidéo (FAJV). Il nous semble que les faits relatés dans cet article, ajoutés à sa gestion catastrophique de Don’t Nod et son parcours, démontrent qu’elle est indigne d’attribuer l’argent public. Il est grand temps que les règles posées par la loi s’appliquent réellement. Pour nous, il semble évident que si Julie Chalmette avait un reste d’intégrité professionnelle, elle démissionnerait sans attendre de ce mandat.

Quoi qu’il en soit, nous revenons à notre analyse que cette structure de subventions vues comme un dû par des entreprises qui ne font pas le minimum d’efforts attendus pour les mériter doit évoluer et intégrer la représentation des travailleureuses du secteur par la voix de leurs syndicats, ainsi que le préambule de la constitution de 1946 le prévoit.


Mise à jour 23/09/2026 : en application de l’article 1-1 III de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, nous publions ci-dessous le droit de réponse reçu de société DON’T NOD ENTERTAINMENT. Cette publication intervient au titre du régime légal du droit de réponse et ne vaut aucunement approbation par le syndicat des assertions qu’il contient.


La société DON’T NOD ENTERTAINMENT dément fermement certaines allégations formulées dans l’article, qui sont inexactes et portent injustement atteinte à l’entreprise, mais surtout aux équipes qui s’y engagent au quotidien.

Sur les demandes formulées par le salarié et le CSE, deux mesures d’amélioration sont retenues par le Conseil de prud’hommes dans sa décision du 31 mars 2026 : la mise en place d’un mécanisme d’alerte associant davantage le CSE et une formation de sensibilisation contre le sexisme dispensée par un organisme proposé par le CSE. L’affichage de la décision a en outre été décidé.

Il s’agit de mesures cohérentes prononcées en réponse au mécontentement d’un salarié et du CSE concernant le traitement, par l’employeur, d’un signalement portant sur un cas individuel.

La décision ne vise en aucun cas une situation ou un climat de harcèlement systémique au sein de l’entreprise, et il est inexact et trompeur de titrer « Face au harcèlement à Don’t Nod, une victoire inédite ».

Le harcèlement, les discriminations et les violences sont en contradiction fondamentale avec les valeurs essentielles de DON’T NOD ENTERTAINMENT, qui ne laisse en aucun cas « prospérer le harcèlement ».

L’entreprise s’est dotée de longue date d’un dispositif de signalement reposant sur une adresse dédiée et des référents identifiés. Chaque signalement reçu donne lieu à une enquête.

Il est inexact d’indiquer que la société « n’a pris en pratique aucune mesure » à la suite du jugement du Conseil de prud’hommes. Dès la transmission de l’alerte, une large enquête interne avait été diligentée conjointement avec le CSE et un questionnaire d’évaluation avait été adressé à 16 collaborateurs du salarié mis en cause, afin de s’assurer qu’ils n’avaient pas rencontré de difficulté.

Le salarié concerné a fait l’objet d’un rappel à l’ordre, a suivi une formation à la communication managériale et bénéficie d’un suivi hebdomadaire par sa hiérarchie et par les ressources humaines. Il n’exerce plus aucune fonction d’encadrement.

Concernant les mesures complémentaires ordonnées par le Conseil des prud’hommes, la formation obligatoire de sensibilisation est déployée auprès de l’ensemble des collaborateurs à compter de septembre 2026, la décision a été dument affichée et le dispositif d’alerte fait l’objet de travaux en cours avec le CSE, ce que l’article confirme quelques lignes après avoir affirmé qu’aucune mesure n’aurait été prise.

On peut être en désaccord avec la nature des mesures décidées par l’employeur, mais il est inexact d’affirmer qu’aucune mesure n’a été prise et que DON’T NOD ENTERTAINMENT laisse prospérer le harcèlement dans ses équipes.

Aucun représentant du personnel n’a fait l’objet de mesures de représailles.

La modification de poste évoquée est sans rapport avec l’affaire en cause. Elle procède de l’arrêt d’une activité d’édition et de la disparition du service correspondant. La salariée concernée s’est vu proposer un poste cohérent avec ses fonctions et les besoins de l’organisation, qu’elle a accepté, sans que ses responsabilités d’encadrement lui soient retirées.

Il convient du reste de préciser que les demandes de condamnation au titre des frais de justice dans le cadre d’une procédure judiciaire sont systématiquement formulées par les avocats, et ne constituent en aucun cas une sanction ou un mode de pression.

La société DON’T NOD ENTERTAINMENT regrette qu’un signalement correctement traité, émis dans un contexte contentieux lié à une rupture de collaboration, entraîne la mise en cause nominative et publique de membres et anciens membres de son équipe et la demande de retrait d’un crédit d’impôt indispensable à la survie des studios français de jeux vidéo, dans une conjoncture économique particulièrement difficile. »