Manifestons par milliers pour l’interdiction des licenciements, contre les suppressions d’emplois et la réforme de l’assurance chômage !

Nous reproduisons ici le communiqué de la coordination nationale contres les suppressions d’emploi à l’appel des TUI, dont le STJV est signataire. Notre syndicat sera présent à la manifestation du 19 Juin.

Le 23 janvier dernier, plusieurs milliers de manifestant‧e‧s, syndicalistes, militant‧e‧s, travailleuses et travailleurs du public et du privé, licencié‧e‧s, jeté‧e‧s comme des malpropres à la porte des entreprises, défilaient à l’appel des TUI dans les rues de Paris de l’Assemblée Nationale au Medef.

Plus d’un an après le début de la pandémie et 100 000 morts plus tard, le maintien à tout crin des profits des actionnaires sème sur son chemin des milliers de salarié‧e‧s sans-emploi.

Les aides publiques par milliards remplissent les caisses des patrons du CAC 40, les engraissent jusqu’à faire exploser les chiffres des profits. Ils s’appuient sur la crise sanitaire pour licencier et continuer à se goinfrer même si cela veut dire que nous toutes et tous, quelque soit notre secteur professionnel, soyons viré‧e‧s par charrettes et emplissions la file déjà immense des privé‧e‧s d’emplois.

Début avril 2021, le Ministère du travail recense 928 plans de licenciements PSE cumulés entre le1er mars 2020 au 21 mars 2021. Cela représente plus de 105000 ruptures de contrats envisagées dans ce cadre, auxquelles s’ajoutent les 7375 licenciements dans le cadre de procédures concernant moins de 10 salariés.

13 nouveaux plans de licenciements sont toujours annoncés chaque semaine.

Alors que les plans de licenciements se multiplient depuis plus d’un an, le gouvernement ne trouve rien de mieux à faire qu’une réforme de l’assurance chômage, qui va accroître la misère de centaines de milliers de privés d’emploi. Le cynisme de nos dirigeants n’a d’égal que la soif de profits. Ce carnage concerne l’ensemble du monde du travail.

Dans les services publics, c’est par milliers que les postes ont été supprimés dans les services postaux, l’éducation nationale, la justice, l’inspection du travail…Dans la Santé, la CGT estime qu’il manque 100 000 emplois dans l’hôpital public et 200 000 dans les Ehpad pour assurer un service public de qualité.

On ne va pas se laisser faire !

Chaque jour, des équipes se battent pour sauver leurs emplois, se démènent contre la répression patronale ou d’État qui s’abat sur elles, sur celles et ceux qui résistent.C’est avec les dents que nous devrons arracher des victoires et nous ne pourrons pas gagner en restant isolé‧e‧s, séparé‧e‧s, divisé‧e‧s.

Pourquoi construire le 19 juin? Ce ne sera pas la date d’un secteur seul, isolé confronté aux licenciements et aux suppressions d’emplois, mais l’occasion de sortir du boîte par boîte et de se donner les moyens de frapper ensemble! De dire ensemble notre opposition aux licenciements et aux suppressions d’emplois et à la réforme de l’assurance chômage.

Mais surtout le 19 juin est issue d’un cadre inédit, initié par «l’appel des TUI», un cadre qui regroupe à la fois des secteurs, des syndicats et des organisations politiques différentes. Des organisations différentes, mais qui sont prêtes à dépasser leurs divergences, leurs «structures» pour faire bloc pour ne pas payer cette crise, car elles savent que c’est dans la rue que ça se gagne!Toutes et tous ensemble!

Faisons du 19 juin, une étape massive, visible, revendicative, collective dans laquelle chacune et chacun se sente la responsabilité de la construire et de la populariser.

Ce n’est pas à nous, de payer leur crise !

C’est à nous en revanche de tout faire pour nous regrouper et frapper ensemble pour mettre un coup d’arrêt à ce jeu de massacre qui n’épargne aucun secteur du public comme du privé. Partout mobilisons-nous: organisons des départs collectifs, des réunions unitaires et montons sur Paris.

Condition des étudiant-es en animation : une tribune indigne pour LISAA

Il y a quelques mois, nous alertions sur le suicide d’un étudiant de la section Animation de L’Institut Supérieur d’Art Appliqué (LISAA). Pheanith Hannuna avait mis fin à ses jours suite à une campagne de harcèlement d’autres étudiant‧es de sa promotion. La direction de LISAA ne l’avait non seulement pas protégé, malgré les alertes de sa famille, mais avait même fini par laisser entendre, peu avant son passage à l’acte, qu’il était fautif de son propre harcèlement. Par la suite, l’école a renvoyé de manière irrégulière un‧e professeur‧e qui cherchait à trouver des solutions aux problèmes des élèves pour que ce genre de situation de se reproduise pas, et a même poussé la répression jusqu’à empêcher les étudiant‧es et professeur‧es de parler des articles sur l’école. Plus d’information dans notre communiqué d’alors.

C’est donc avec choc, et un très vif dégoût, que nous avons découvert que Catherine Constant-Grisolet, directrice des sections Animation et Jeux Vidéo de LISAA, et donc une des personnes qui était responsable d’assurer la sécurité de Pheanith, avait été choisie pour modérer une table-ronde sur « les efforts » du Réseau des Écoles du Cinéma d’Animation (RECA) pour lutter contre le mal-être étudiant dans le cadre du Marché International du Film d’Animation du festival d’Annecy. Cette directrice a été pointée du doigt dans plusieurs témoignages d’élèves et de professeur‧es de LISAA comme une des responsables des mauvaises conditions d’études dans cette école.

Son manque de considération pour les élèves fait peu de doute, comme on peut le constater dans des témoignages retranscrits par Gamekult dans son article Sexisme, harcèlement et « bro culture » au sein des écoles de jeu vidéo : « Moi, je me fais pas diriger par une fille » :

« On reçoit un communiqué abject de la directrice : il manquait d’empathie et était rédigé n’importe comment. (…) Après la gestion un peu maladroite de l’école à ce sujet, j’ai remarqué que nous n’avions reçu aucune consigne de la part de la direction pédagogique pour s’assurer du bien-être des élèves dans une telle situation et sur quoi leur dire, tout simplement. »

« Le responsable pédagogique a réuni toutes les classes de game avant de recevoir le communiqué officiel de l’école, le corps enseignant n’a pas été convié (…) Quand on l’a appris on était tous très choqués de ce qui s’est passé mais le pire, c’était la communication surréaliste de la directrice, on aurait cru à un live Twitch bon enfant avec des blagues. Elle a notamment imité le son du silencieux, comme dans le film « Les Tontons Flingueurs », en faisant référence au fait de se tirer une balle dans la tête. C’est à ce moment-là que plusieurs personnes sont parties, c’était irrespectueux au possible. Elle a même rigolé devant la caméra. »

L’article de Capital indique quant à lui le choix de LISAA de totalement ignorer la famille dans son deuil :

Aucun des deux responsables pédagogiques ne s’est manifesté auprès de la famille pour présenter ses condoléances.

Aucun représentant de LISAA n’était présent à l’enterrement.

La présence de Catherine Constant-Grisolet comme modératrice de cette table-ronde, conjuguée à la répression interne, et au silence de l’école suite à la sortie des articles et de notre communiqué, atteste de la volonté de LISAA d’étouffer le suicide d’un de ses étudiants, quand bien même il y ait 2 procédures judiciaires en cours (1 devant le conseil des prud’hommes, 1 au pénal).

Dans ce contexte, cette participation interroge sur la sincérité des efforts du RECA, qui n’était soit pas au courant de ce qu’il s’est passé à LISAA (ce qui serait assez inquiétant), soit l’était et a sciemment choisi d’ignorer cet état de fait pour se rendre complice de la direction de cette école.

S’il est plus que jamais important de parler des problèmes des conditions d’études dans l’animation, le jeu vidéo et au-delà, il est inacceptable que ces discussions soient menées par des personnes responsables de ces problèmes. Ce genre de discussion doit faire intervenir des étudiant·es actuel·les et passé·es, ce qui est le cas ici et nous le saluons, et des personnes les représentant et les défendant (syndicats, associations, etc.). Pas des directions d’écoles : on ne laisse pas le loup et l’agneau dans la même pièce.

Le STJV, qui travaille depuis Décembre avec différent·es acteurs et victimes de LISAA, dénonce la présence de Catherine Constant-Grisolet à cette table-ronde. Celle-ci est en effet une véritable claque renvoyée à la figure de tout‧es les étudiant‧es souffrant des conditions de leurs études et subissant l’inaction de leurs directions. Nous demandons aux organisateur·ices du festival d’Annecy de corriger ce que nous espérons être une erreur de bonne foi, pour le bien des étudiant·es en Animation du RECA.

Évaluations et rémunération à Ubisoft : Moins d’arbitraire, plus d’équité !

Ce communiqué a été écrit par des salarié‧es du groupe Ubisoft en France, incluant les sections STJV d’Ubisoft Annecy, Ubisoft Montpellier et Ubisoft Paris.

À nos camarades travailleurs et travailleuses d’Ubisoft,

Comme vous le savez sûrement, la période des évaluations et des augmentations vient de se dérouler, et avec elle son lot de remises en question. Parce que nous connaissons cette situation, les membres du STJV travaillant chez Ubisoft ont mis en commun leurs constats et réflexions, que nous souhaitons partager avec vous.

D’abord, quelques constats. La problématique de la rémunération est complexe, et il nous semble clair que la direction joue la carte de la dilution de la responsabilité. Le processus qui nous est présenté est que le siège négocie avec les entités du groupe un budget, qu’elles doivent ensuite attribuer aux projets et équipes internes. Les managers sont ensuite en charge de faire une répartition à leur niveau.

Ce processus fait que personne n’assume réellement les décisions : le siège peut expliquer que les entités n’ont pas bien négocié, les directions locales que le siège n’a pas attribué un budget suffisant, les responsables d’équipes que les services RH n’ont pas voulu faire d’effort… Au final, personne n’est responsable, le niveau de rémunération d’une personne lambda chez Ubisoft est présenté comme un état de fait.

Au-delà de ce tour de passe-passe, nous dénonçons le lien établi entre l’évaluation annuelle de la performance d’une personne et le montant de son augmentation. Cela peut sembler contre-intuitif : quelqu’un qui fournit un effort spécifique et s’améliore dans ses compétences professionnelles ne mériterait pas récompense ? Pourtant, nous considérons que cela pose deux problèmes majeurs :

  • Tout d’abord, cela ne suffit pas à régler les inégalités de rémunération qui existent au niveau du recrutement, inégalités créées par des discriminations, par des circonstances qui font que certaines entités peuvent se permettre de recruter à des salaires plus hauts que d’autres, ou par d’autres éléments qui n’ont pas lieu d’être.
    Les augmentations, proportionnelles au salaire, ne font qu’augmenter ces inégalités : nous souhaitons recentrer le débat sur la rémunération absolue.
  • De plus, la limite imposée des augmentations mène à une situation de jeu à somme nulle, où la personne responsable d’une équipe va devoir distribuer un nombre limité de « bons points », quitte à devoir trouver des justifications parfois bancales aux performances qui auront été sous-évaluées. Comme si une équipe ne pouvait pas, dans son ensemble, avoir réalisé une très bonne année.

Il est aussi important de noter que malgré tout le formalisme (parfois lourd) mis en place autour des évaluations, celles-ci se basent sur des critères souvent difficiles à suivre ou à anticiper. Les définitions des critères selon lesquels nous sommes toutes et tous évalué-es sont, au mieux, vagues, et les prérequis aux passages de niveau d’ancienneté (junior à confirmé, confirmé à senior, senior à expert, expert à senior expert) ou de changement de poste ne sont jamais explicités. Ce flou ne fait qu’encourager un arbitraire qui ne sert personne, à part une direction souhaitant pouvoir se défaire de toute demande motivée en invoquant ces critères pour justifier sa décision.


Ces constats nous amènent à formuler les revendications suivantes :

  • Les évaluations individuelles ne doivent pas être intrinsèquement liées à la rémunération. La rémunération est contrainte par un budget, qui n’est pas extensible à l’infini, alors que tout une équipe (ou toute une entité) peut très bien avoir atteint ou même dépassé les attentes.
    • En conséquence, nous revendiquons que les évaluations ne soient plus soumises à des quotas.
    • L’évaluation doit être menée uniquement par la personne directement responsable de l’évalué-e. Il n’est pas normal que certaines ou certains voient leur évaluation menée par une hiérarchie distante, ou que les services RH aient une influence surdimensionnée sur certaines évaluations. Là encore, décorréler rémunération et évaluations permettrait de rendre à ces dernières leur vocation originale d’outil de progression, utile à la fois à la personne évaluée, et aux équipes qui l’emploient.
    • Enfin, une meilleure évaluation (car recentrée sur son but premier) doit être accompagnée d’offres de formation appropriées, afin de permettre à toutes et à tous d’entretenir nos compétences sans avoir à changer de métier.
  • Les conditions de passages de niveau de séniorité doivent être explicitées. La reconnaissance professionnelle est importante dans notre industrie, et il est inacceptable que quiconque puisse subir une injustice malgré de bonnes évaluations.
    • En particulier, il s’agit de préciser non seulement les compétences attendues à tel ou tel niveau de séniorité, mais aussi les moyens pour une personne travaillent chez Ubisoft de faire reconnaître ces compétences.
    • Il est certain qu’une fois ces critères publiés, un certain nombre de personnes constateront qu’elles ont de fait des compétences supérieures à leur poste actuel. Il sera nécessaire de rectifier ces incohérences en accordant les promotions qui s’imposent.
  • L’équité de rémunération pour toutes et tous. Cela passe par les points suivants :
    • Bien évidemment, la fin de toute différence de salaire sur un critère discriminatoire comme interdit par la loi. En particulier, personne ne devrait subir un revenu plus bas du fait de son appartenance à un groupe marginalisé.
    • La transparence sur la rémunération est vitale. Aujourd’hui, la position de la direction est des plus ambigües : pas de grille de salaires, mais des fourchettes pré-établies ; un appel à négocier en individuel, mais une gestion extrêmement opaque et le plus souvent rigide des demandes légitimes qui lui sont remontées. Qui d’autre qu’elle peut bien bénéficier d’une telle chape de plomb ?
  • Un processus impartial doit être mis en place en cas de contestation. Ceci afin de garantir l’équité des rémunérations proposées par le groupe Ubisoft aux personnes qui lui permettent de réaliser des bénéfices records, et de mettre fin aux évaluations arbitraires et parfois discriminatoires.
    • Une réévaluation par une tierce partie neutre pourra être effectuée, en s’appuyant sur des critères devenus plus transparents et une grille salariale explicite.
    • Pas d’implication de la direction et des RHs locales.

Qu’il y ait encore des personnes en situation de précarité économique parmi les équipes travaillant pour Ubisoft, une entreprise qui ne cesse d’afficher son insolente santé financière, démontre bien à quel point ce sujet est vital. Ce communiqué vise à établir ces lignes directrices qui guideront nos actions de terrain dans le futur.

En attendant que la direction se positionne, nous invitons toute personne travaillant au sein du groupe Ubisoft à nous contacter si vous souhaitez vous joindre à nos efforts ou échanger avec nous. Nous invitons notamment les salarié·es ayant constaté des incohérences ou des discriminations à leur encontre lors des dernières évaluations à se rapprocher de leurs responsables syndicaux ou à écrire directement à contact@stjv.fr. Le STJV est prêt à défendre toute personne de l’industrie qui en a besoin, syndiquée ou non. Ne restez pas seul·es !

Mobilisation nationale contre l’extrême-droite – Samedi 12 Juin 2021

Celles et ceux qui suivent l’actualité politique de manière assidue depuis quelques années ont pu constater la droitisation de plus en plus extrême de la politique française. Depuis plusieurs années, les lois « anti-terroristes » s’accumulent, surfant sur la peur (légitime) que des attentats ont pu causer pour diminuer de plus en plus les droits de toutes et tous, s’attaquer à la justice et préparer le terrain pour un régime autoritaire. Cette pente dangereuse a connu une accélération récente, avec un gouvernement qui reprend les éléments de langages et idées de l’extrême-droite, nomme des ministres proches d’organisations royalistes et antisémites, et accusés de viol par plusieurs femmes, et répond aux problèmes sociaux de la seule manière qui s’accorde avec sa politique en faveur des riches : la force.

En conséquence, les divers organisations fascistes sortent de l’ombre et se sentent pousser des ailes, multipliant les attaques violentes envers des militant‧es et organisations de gauche, et envers les institutions démocratiques (invasion de l’assemblée régionale d’Occitanie, menaces envers des élu‧es). Les « syndicats » corporatistes de police multiplient les actions, très souvent illégales, pour demander explicitement que la constitution et la déclaration des droits de l’homme soient abolies afin d’assouvir leur soif de violence fasciste. Des militaires, soutenus par des politiques et des journaux, appellent à un coup d’état violent ciblant explicitement la gauche et les musulmans. Et tout cela sans que toutes ces personnes ne subissent de sanction, sans réaction de la présidence française, et au contraire avec le soutien de personnalités politiques et médiatiques.

La place du jeu vidéo dans la radicalisation à droite de la société n’est pas négligeable. Le jeu vidéo, un des principaux médias actuels, est notamment gangrené depuis le début de son existence par ses liens avec les armées et les marchands d’armes. Ces organisation le financent et l’utilisent pour leur propagande nationaliste, « vendre » leurs guerres impérialistes et normaliser leur violence. Si les représentations dans les jeux vidéos et leurs messages évoluent, trop lentement et trop timidement, les propos des jeux à succès posent quasi systématiquement problème et participent activement aux discriminations et à l’ambiance fascisante.

La subordination volontaire, par intérêt capitaliste, d’une partie de l’industrie à une frange de l’extrême droite en ligne issue notamment du gamergate et à des intérêts gouvernementaux autoritaires pèse encore énormément sur l’industrie. En tant que travailleurs et travailleuses du jeu vidéo notre rôle dans la montée de l’extrême-droite n’est malheureusement pas anodin, mais nous pouvons nous mobiliser pour lutter contre et à terme faire pencher la balance. Cela se fera notamment en reprenant le pouvoir sur les productions, et donc par plus de démocratie en entreprise.

Ce climat inquiétant dans lequel nous vivons doit nous pousser à rester actif‧ves, uni‧es, et à nous mobiliser avec les autres organisations de gauche pour faire barrage à l’extrême-droite. Regrettant que les organisations antiracistes, qui luttent contre les violences policières et l’islamophobie depuis des décennies, n’y aient pas été associés dès le départ et déplorant le fait qu’un syndicat de policiers ait pu le signer, le STJV rejoint néanmoins, devant l’urgence de la situation, l’appel pour les libertés et contre les idées d’extrême-droite co-signé par un grand nombre d’organisations politiques, syndicales et médiatiques. Nous invitons toutes et tous à se mobiliser dans la rue le 12 Juin pour les manifestations qui auront lieu partout en France.

Les retours forcés au bureau sont (encore et toujours) irresponsables

De la même manière que lors du déconfinement en Juin dernier, ou qu’à la rentrée de Septembre, nous voyons se profiler une situation de retour au travail sur place désordonnée causée, entre autres, par des directives gouvernementales floues.

Or, si l’épidémie de coronavirus semble désormais en recul relativement stable, le virus se transmet toujours et des personnes en meurent encore chaque jour. Pire, si on regarde du côté de l’Angleterre, qui a connu une baisse du nombre de cas similaire à la France récemment, on voit que de récents variants font actuellement remonter la courbe de cas et inquiètent très fortement les épidémiologistes. La leçon à retenir de 2020 est bien qu’il faut éviter de se précipiter !

C’est pourtant ce que nous constatons dans plusieurs entreprises de jeu vidéo. Qu’une partie du patronat français s’empresse à faire revenir les employé·es dans les locaux est indigne. Cela révèle au mieux une lecture hâtive et simpliste de la situation, et au pire la recherche infâme de profits pourtant hypothétiques et d’une volonté de pouvoir sur les salarié‧es. Dans tous les cas cela met en danger la santé non seulement des travailleuses et travailleurs du jeu vidéo, mais aussi de la population en général.

Il est naturel et compréhensible que beaucoup parmi nous souhaitent désormais un retour à la normale. Après plus d’un an de confinements, de couvre-feu et de restrictions diverses et variées, qui n’aspire pas à relâcher la pression ? Mais si le but est réellement de contrôler cette épidémie, de prévenir le plus de morts possibles et d’enfin permettre à nos soignantes et soignants de respirer, alors il serait irresponsable de ne pas étaler dans le temps le retour à nos vies « d’avant ».

Le STJV invite donc fermement toutes les entreprises du jeu vidéo à :

  • Laisser encore au cours de l’été, puis en fonction de la situation sanitaire, le choix, sans demander de justification, aux employés et employées entre présentiel, télétravail, et toute solution hybride ;
  • Continuer à appliquer toutes les mesures sanitaires, en particulier les jauges maximales de présence, afin de limiter les risques de contagion au bureau ;
  • Permettre aux employé·es d’aller se faire vacciner sur les horaires de travail, sans pénalité et donc sans les forcer à utiliser des congés payés ou sans-solde, afin de lever le plus d’obstacles possibles à cette vaccination.

Le STJV restera attentif à la suite des événements et surveillera les attitudes des entreprises du secteur. Nous restons toujours à la disposition de celles et ceux qui auraient besoin de notre aide, ou auraient des questions sur leur situation ou celle de leur entreprise. N’hésitez jamais à nous contacter à contact@stjv.fr

Vendredi 23 Avril 2021 : Appel à la grève contre la réforme de l’assurance chômage

Depuis le début de la crise du Covid-19, les chiffres de la pauvreté sont en hausse à travers le monde et la France est loin d’être épargnée. Cette pandémie n’est pas seulement une crise sanitaire, elle est également une crise économique et sociale et ses effets sont destructeurs.

C’est pourtant malgré ce constat que la réforme de l’assurance chômage s’apprête à enfoncer le clou pour 1,15 million de demandeur‧ses d’emploi dès la première année selon les dernières estimations de l’Unedic. Certain‧es d’entre elleux perdront jusqu’à 260 € par mois par rapport aux règles actuelles, alors même que leur allocation initiale n’atteignait pas le seuil de pauvreté !

Un décret du 31 Mars 2021 détaille la mise en place des derniers volets de la réforme. Dès le 1er Juillet 2021, les montants des allocations des travailleur‧ses ayant perdu leurs emplois seront réduis de 20% en moyenne et ce taux pourrait monter jusqu’à 45% dans certains cas. Ensuite, à partir du 1er Octobre, la durée de travail nécessaire pour ouvrir des droits sera allongée à 6 mois sur les 24 derniers mois au lieu de 4 mois sur les 28 derniers mois.

Ce changement de règles permettrait à l’État d’économiser 2,3 milliards d’euros par an sur le dos des plus précaires, alors qu’en seulement 9 mois les milliardaires français ont retrouvé leur niveau de richesse d’avant la pandémie selon un rapport d’Oxfam.

Cette réforme a été refusée de manière partielle par le conseil d’état et de manière unanime par les organisations syndicales en raison des injustices flagrantes qu’elle va créer, du contexte de crise sanitaire et de son impact économique. Elle est pourtant poussée une nouvelle fois par un gouvernement inflexible et sans grands changements par rapport à sa première rédaction. Ce nouveau passage en force témoigne une fois de plus du peu de considération qu’a ce gouvernement envers les partenaires sociaux et les personnes précaires.

Les conséquences de la crise économique du Covid-19 entraînent déjà la perte d’emploi pour des millions de travailleurs/ses, et ces suppressions d’emploi vont continuer. L’assurance chômage concerne tout le monde ! Dans le jeu vidéo, le recours massif aux contrats et status précaires fait passer beaucoup de travailleur‧ses par la case chômage. Cette réforme nous concerne donc particulièrement.

Le STJV appel donc à la grève le vendredi 23 avril 2021 pour demander, avec les autres organisations syndicales, l’abrogation pure et simple de cette réforme. Une mobilisation populaire massive est nécessaire pour arrêter la casse de nos droits sociaux.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, de distribution, de service et/ou de création de jeu vidéo ou matériel pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le type de production de sa société (jeux consoles, PC, mobile, serious games, expériences VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, consoles de jeu, streaming, etc.), ainsi que tout·e·s les enseignant·e·s travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec la production vidéoludique. Pour toutes ces personnes, et puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler les jours où vous souhaitez faire grève.

LISAA : Face au suicide d’un étudiant, la direction fait le choix de la répression et de l’inaction

Il y a deux semaines, le magazine Capital publiait un article sur le suicide de Pheanith Hannuna, étudiant de la section Animation de L’Institut Supérieur d’Art Appliqué (LISAA) ayant mis fin à ses jours en Décembre suite à une campagne de harcèlement par d’autres étudiant‧es. Rapidement informé de ce tragique événement au moment des faits, le STJV avait assisté des étudiant·es et professeur·es de la section Game (jeu vidéo), les sections Game et Animation étant regroupées sous la même direction. Nous n’avions à ce moment pas souhaité communiquer publiquement sur ce sujet, les événements qui ont suivi et la réaction de l’école, par respect pour le deuil de sa famille. Cependant, maintenant que ce suicide a été rendu public, nous aimerions apporter un peu plus d’informations sur, et dénoncer, le comportement et les agissements de l’école qui l’ont suivi.

Nous tenons avant toute chose à présenter nos plus sincères condoléances à la famille de Pheanith Hannuna, suite à cette perte irremplaçable. Chacun·e d’entre-nous a appris cela avec une vive émotion.

Déresponsabilisation face à une situation grave

Nous avions déjà appris, dans le contexte instable actuel de pandémie, confinements, couvre-feux, etc., qu’une partie des élèves de LISAA dans les sections Game et Animation souffre mentalement, certain‧es ayant abandonné leurs études dans l’année écoulée, et que l’école gère très mal les cours en distanciel. Les professeur‧es n’ont en effet pas reçu d’instructions sur l’adaptation des cours, et la direction de l’école ne prend pas suffisamment en compte la difficulté du distanciel pour les élèves.

Nous avons été à nouveau choqué·es par la communication et la réaction de la direction de l’école suite au passage à l’acte de Pheanith. Celle-ci a été minimale, sans aucun tact, violente envers les personnes cherchant à améliorer la situation des étudiant‧es, et balayant toute responsabilité éventuelle de l’école.

Ce suicide a été annoncé à l’équipe pédagogique par un communiqué, dans lequel la direction des sections Game et Animation explique qu’il faut « accepter » de ne pas pouvoir connaître et comprendre les raisons qui poussent quelqu’un à mettre fin à ses jours. Elle conclut son communiqué par cette formule odieuse et culpabilisante au sujet des élèves fragilisé‧es : « nous leur tendons la main mais à eux de la prendre ».

Cette déresponsabilisation est d’autant plus intolérable que la direction semble avoir été au courant du harcèlement que subissait cet étudiant depuis son entrée à l’école, comme cela a été rapporté par des personnes interviewées par Capital et par plusieurs personnes qui nous l’ont confié directement. LISAA n’a pas pris de mesures pour protéger Pheanith de ses harceleurs·ses, et a au contraire abondé dans leur sens en le culpabilisant. L’école aurait-elle tenté de cacher cette situation plutôt que d’intervenir pour la régler ?

Les étudiant‧es avec qui nous avons pu échanger se plaignent d’une communication erratique et sans empathie de l’école. La mise en place d’une cellule psychologique par l’école a été annoncée avant toute communication sur le suicide de l’étudiant, cette information circulant donc d’abord de manière informelle entre étudiant·es. Par la suite, les réunions des étudiant·es avec différent‧es membres de la direction ont été décrites comme « très froides » et même « surréalistes ». La situation actuelle des étudiant·es, alarmante, et ce dernier événement tragique étaient, jusqu’à ce que ce suicide soit rendu public par voie de presse, passés sous silence en dehors du campus et des sections concernées, des professeur·es et étudiant·es n’étaient ainsi pas au courant de ce qu’il se passe dans leur école. Les étudiant·es ne se sentent pas écouté·es et n’ont plus confiance dans la direction de l’école.

Les établissements privés d’enseignement supérieur ont la responsabilité d’assurer le bien-être de leurs employé·es et étudiant·es. LISAA ne semble pas en prendre la mesure. Il aura fallu la publicisation, plusieurs mois après, de cet événement pour que l’école, dans un nouveau communiqué, propose enfin à ses étudiant·es d’aller plus loin et de discuter directement. Néanmoins, la direction prétend dans ce même communiqué que l’enquête en cours l’empêcherait de s’exprimer, et précise que le rythme de cours, les évaluations et les exigences qui vont avec ne changeront pas malgré sa reconnaissance des difficultés que la période actuelle impose aux étudiant·es.

L’école, dès le mois de Décembre mais encore maintenant, semble incapable de répondre aux besoins des étudiant·es et, au contraire, s’oppose activement aux personnes cherchant des solutions permettant d’améliorer la vie étudiante.

Licenciement abusif et atmosphère malsaine

En réaction à la détresse des étudiant‧es, et poussé à l’action par le suicide de l’un d’entre elleux, un·e professeur·e de la section Game a rapidement contacté en privé le corps enseignant de sa section pour créer un canal de discussion à ce sujet. Son but était de coordonner les professeur‧es pour discuter de la conduite à avoir face à cet événement, interpeller la direction pour demander des précisions et mesures claires sur l’accompagnement des élèves, mais aussi améliorer la pédagogie afin d’alléger la charge de travail des étudiant·es et de réduire la pression qu’iels subissent, d’autant plus dangereuse en période de confinement et d’isolement social.

Mise au courant de cette communication, la direction de la section Animation et Game de LISAA a réagi en mettant à pied cette personne, avant de lea licencier pour faute grave, prétextant qu’iel a cherché à semer le trouble au sein de l’école par ces échanges (privés), motif fallacieux que nous contestons vivement.

Au mépris de la loi, lea professeur·e a été remplacé‧e avant notification de son licenciement, comme en attestent des emails envoyés aux étudiant·es annonçant l’arrivée d’une nouvelle personne pour reprendre ses cours, et une offre d’emploi partagée par des personnes de l’école avec d’autres travailleur·ses du jeu vidéo.

De plus, l’école essaie de cacher ce licenciement en omettant de mentionner le rôle joué par la direction dans le changement de professeur·e, cherchant à couvrir ses traces dans la gestion des événements. Quand elle n’a pas le choix, elle prétend que lea professeur·e concerné·e est parti·e pour motif personnel, ce qui est bien évidemment faux.

Ce licenciement abusif n’est rien d’autre qu’un licenciement bâillon. Il vise à tuer toute autonomie des professeur‧es et à les empêcher de communiquer entre elleux, y compris en privé. Ce n’est pas un cas isolé, puisqu’il est possible d’identifier un schéma répété à partir des informations qui nous ont été rapportées sur la gestion de la section Game de LISAA. Des professeur·es ont déjà été poussé·es à quitter l’école, par divers procédés, après avoir exprimé un avis sur sa pédagogie ou remonté les doléances d’étudiant·es à la direction.

Ce dernier licenciement a eu pour conséquence l’annulation de 3 semaines de cours après que lea professeur·e ait été mis·e à pied. Cela a causé une forte incompréhension chez les étudiant·es qui appréciaient la qualité pédagogique, la disponibilité et la capacité d’écoute de ce·tte professeur·e. Les élèves ont dû subir ce vide pédagogique et le changement d’un·e de leur professeur‧es en cours d’année, sans explication par la direction et à un moment très chargé émotionnellement, en plus des incertitudes déjà causées par la période.

Il semble donc que des personnes dans la direction de l’école fassent passer leur ego et leur volonté de pouvoir avant la loi, la qualité de l’enseignement mais aussi, et bien plus grave, avant la vie et le bien être des étudiant·es, et créent ce qui nous a été décrit comme une atmosphère délétère, un climat de peur et de méfiance, pesant aussi bien sur le corps professoral que sur les étudiant·es. En effet les cas de favoritisme (ou son inverse) ne semblent pas rares, et peuvent avoir des conséquences très importantes sur le déroulement des études, allant jusqu’à l’abandon de certain·es élèves.

Un tel climat et des considérations marketing sur l’image de l’école n’ont pu que peser dans les prises de décision qui ont poussé l’école à ignorer le harcèlement subi par Pheanith, et les plaintes de sa famille. Il explique comment ce harcèlement a pu continuer en toute impunité sans que des étudiant·es et professeur‧es sortent du rang pour le faire cesser.

Toutes les personnes avec qui nous avons pu discuter, et la totalité des témoignages qui nous sont parvenus, expriment la crainte d’une « chasse aux sorcières » organisée par la direction de l’école après que des informations sur son fonctionnement interne soient rendues publiques, venant corroborer l’idée d’une atmosphère générale malsaine. Cette peur de la répression – calquée directement de l’industrie sur les études – est inacceptable et le STJV sera particulièrement attentif à la suite des événements.

En conclusion

De trop nombreuses écoles considèrent que ce qui se passe en dehors des cours et le contexte général de vie des étudiant·es ne les concerne que quand cela permet d’améliorer leur image, et les exemples de directions choisissant d’ignorer complètement les échanges sur les réseaux sociaux entre élèves sous prétexte que cela se passerait « en dehors de l’école » sont beaucoup trop nombreux. Ce genre d’attitude qui nie la responsabilité qu’ont les écoles envers leurs étudiant·es conduit à des abandons d’études, des troubles psychiques et, comme ici, pousse certain·es d’entre elleux au suicide.

Le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo demande à la direction de LISAA de prendre la mesure de la gravité de la situation et d’agir pour les élèves qui y étudient, et non contre elleux. Le STJV reste bien entendu disponible pour soutenir et aider les étudiant‧es et professeur‧es affecté‧es, qui peuvent nous contacter par mail à contact@stjv.fr ou par tout autre moyen.

Nous dénonçons un licenciement illégal, qui advient en période de pandémie où la précarité explose et durant laquelle il est encore plus difficile de trouver un emploi. Nous sommes particulièrement inquiet de l’incertitude que ce licenciement, le contexte émotionnel à LISAA, et le changement de professeur‧e en court d’année va amener pour les étudiant‧es.

Lundi 8 Mars : Tous‧tes en grève et dans la rue !

La journée internationale de lutte pour les droits des femmes, ayant lieu chaque année le 8 Mars, se tiendra Lundi prochain. Née de la lutte socialiste féministe du début du XXe siècle, cette journée a toujours eu pour but de réclamer pour les femmes des droits égaux à ceux des hommes, et la fin des discriminations genrées au travail et dans la société de manière générale. Le 8 Mars est une référence directe à la grève des femmes du 8 Mars 1917 en Russie, événement déclencheur de la révolution russe (rien que ça). Depuis plusieurs années, le 8 Mars est redevenu une journée de grèves massives partout dans le monde.

Le contexte autour de la mobilisation de cette année est encore plus tendu que l’année dernière : recul de la démocratie, violences policières, montée de l’extrême-droite jusque dans les rangs du gouvernement et de la majorité, mais aussi bien sûr la situation autour de l’épidémie de Covid-19 qui entraîne appauvrissement, précarisation et hausse des violences sexistes et sexuelles. Les femmes et minorités de genres subissent des attaques en France et partout dans le monde. Ici notamment par l’islamophobie d’une grande partie des media et des politiques, suivis par une partie de la population, et via des projets de loi tel que celui relatif à la bioéthique, qui exclut toujours les femmes célibataires, lesbiennes et trans de tout accès à la PMA . À l’international avec, entre autres, la montée de la transphobie au Royaume-Uni et l’interdiction de l’avortement en Pologne.

Mais il ne faut pas pour autant oublier les victoires obtenues durant l’année et qui montrent que la lutte féministe paie, et qu’elle doit continuer toujours, partout, et ne pas faiblir. On peut lister la légalisation de l’IVG en Argentine et sa décriminalisation en Thaïlande, la gratuité des protections périodiques en Écosse, l’égalité salariale dans le football Brésilien, l’enlèvement de la mention du genre sur les cartes d’identité aux Pays-Bas, et biens d’autres encore qui prendraient trop de place ici.

L’égalité entre toutes et tous concerne tout le monde. Que l’on soit concerné‧es directement par les discriminations ou non, celles-ci ont un impact sur nos vies et lutter contre doit faire partie de notre projet de société commun. Nous devons constamment nous rappeler que nos droits ne sont jamais acquis, et qu’il est plus que jamais important de se battre, toutes et tous ensemble, pour les défendre et en acquérir de nouveaux.


Au travail on constate que les égalités théoriquement acquises et inscrites dans la loi sont en pratique très limitées, non appliquées ou simplement inexistantes.

Les violences et discriminations sexistes sont très présentes dans l’industrie du jeu vidéo. Très majoritairement masculine, elle combine de manière exacerbée capitalisme, l’exploitation des travailleurs et travailleuses par les personnes possédant les moyens de production, et patriarcat, la domination des hommes sur les personnes d’autres genres. Cette combinaison amène à des situations dans lesquelles les personnes marginalisées subissent des violences sexistes, homophobes, transphobes, etc. et ne disent rien car leur auteur a un pouvoir sur elleux au travail, sur leur situation économique et sur leur carrière. Bien souvent, ce sont même les victimes qui subissent les foudres de leur entreprise quand elles parlent en étant poussées à la démission, « mises au placard », suspendues, etc.

L’année dernière notre communiqué parlait déjà des témoignages publics de personnes ayant été victimes de prédateurs sexuels qui utilisaient leur statut, leur influence et leurs postes dans l’industrie. À l’époque ces témoignages venaient principalement d’Amérique du Nord, mais nous évoquions le fait que de tels prédateurs agissaient en toute impunité, protégés par leurs entreprises, dans l’industrie française. Depuis des témoignages publics sur ces prédateurs ont émergé massivement en France , avec de grosses révélations sur le système qui les protège, mettant en cause les directions, les départements RH et les managers de nombreux studios français. Si le nom du groupe Ubisoft est celui qui est le plus revenu dans ces témoignages, il faut bien rappeler que ces problèmes concernent l’ensemble de l’industrie, des plus gros studios AAA aux petits indés.

Un fait notable et parlant, qu’il faut rappeler : le pourcentage de femmes dans l’industrie est plus faible que dans les écoles et formations liées au jeu vidéo, et leurs carrières sont en moyenne bien plus courtes que celles des hommes. Les femmes et autres minorités de genre subissent de la discrimination à l’embauche et dans les promotions, sont confronté·es au harcèlement dès leurs premiers stages et souvent même dans leurs écoles, et sont en moyenne moins payé‧es que leurs collègues masculins.

De plus, les pratiques comme le crunch et l’inadéquation de l’industrie avec la vie familiale, combinées à la division patriarcale du travail et au nombre majoritaire d’hommes dans l’industrie, font reposer la production vidéoludique sur le travail des femmes. En effet tout le temps accaparé par le travail en période de crunch est volé à la vie familiale, ce qui entraîne une surcharge de travail domestique pour les femmes, à qui il incombe malheureusement déjà de manière disproportionnée dans l’organisation sociale actuelle.


C’est pour cela que la lutte syndicale est aussi une lutte féministe ! En tant qu’organisation créée pour défendre les travailleureuses dans leurs rapports avec les entreprises qui les emploient et améliorer leurs conditions matérielles d’existence, les syndicats sont très bien placés pour se battre pour l’égalité salariale et contre les discriminations, le harcèlement, et les conditions de travail délétères qui accablent les minorités de genre.

Les syndicats sont uniques dans leurs pouvoirs, car ils peuvent communiquer directement dans les entreprises, représenter les travailleurs et travailleuses ses en cas de conflit avec leur employeur (aussi bien au tribunal que dans un entretien disciplinaire), négocier avec ou faire pression sur les directions d’entreprises, etc. En bref, en organisant les travailleurs et travailleuses et en renversant le rapport de force dans le travail, les syndicats sont un outil puissant pour mener la lutte féministe et s’assurer que pas une seule personne ne reste isolée.

Nous appelons donc à la grève dans le jeu vidéo le Lundi 8 Mars, pour lutter contre les discriminations et inégalités entre genres dans notre industrie. Nous appelons pour toute la semaine du 8 Mars les femmes et minorités de genre à faire une grève du travail reproductif (tâches ménagères, garde des enfants, travail émotionnel, …), et les hommes à l’effectuer dans son intégralité durant cette semaine, et nous invitons toutes et tous à aller manifester le 8 Mars.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, de distribution, de service et/ou de création de jeu vidéo ou matériel pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le type de production de sa société (jeux consoles, PC, mobile, serious games, expériences VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, consoles de jeu, streaming, etc.), ainsi que tout·es les enseignant·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec la production vidéoludique. Pour toutes ces personnes, et puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler les jours où vous souhaitez faire grève.

Appel à la grève dans le jeu vidéo pour le 4 Février 2021

Dans un climat de mesures liberticides et anxiogène poussé par l’épidémie de Covid, le plan de relance économique annoncé par le gouvernement s’annonce comme un moyen supplémentaire de dégrader les conditions de travail et les salaires de toutes et tous, d’appauvrir et de précariser toute une partie de la population.

Ce plan prévoit l’injection d’argent publique dans les entreprises privées, sauf qu’investir massivement dans le secteur privé s’est toujours fait au détriment du secteur public, alors qu’il faudrait de toute urgence revitaliser ce dernier qui était déjà en crise avant la pandémie.

Ces « cadeaux » aux entreprises privées sont prévus sans conditions ni contreparties, alors que par le passé cette méthode s’est toujours montrée avare en résultats (rappelons-nous du CICE). Les entreprises qui vont toucher le plus d’aides seront les plus grosses, celles qui souffrent le moins de la crise et qui maintiennent déjà, malgré les aides précédentes et des bénéfices scandaleux, des plans de licenciements dans tout le pays.

La relance économique doit passer par la création d’emploi, le soutien au secteur public, la diminution du temps de travail, et la lutte contre la pauvreté, plutôt qu’être dictée par le dogme de la socialisation des pertes et de la privatisation des bénéfices. Il est crucial d’agir pour sauvegarder l’emploi des Français et offrir à chacun de quoi vivre dignement en ces temps de crise.

Le STJV rejoint donc les organisations syndicales appelant à la grève le 4 février, et appelle les travailleureuses, chômeureuses, étudiant·es du jeu vidéo à se mobiliser dans leurs entreprises, dans les assemblées générales locales et dans les manifestations qui auront lieu partout en France ce jour.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, de distribution, de service et/ou de création de jeu vidéo ou matériel pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le type de production de sa société (jeux consoles, PC, mobile, serious games, expériences VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, consoles de jeu, streaming, etc.), ainsi que tout·es les enseignant·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec la production vidéoludique. Pour toutes ces personnes, et puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler les jours où vous souhaitez faire grève.

Le STJV rejoint l’appel des Tui contre les suppressions d’emploi

L’épidémie de Covid-19 qui touche de manière disproportionnée les plus précaires, les pauvres et, de manière générale, toutes les minorités, n’est pas la seul menace à laquelle nous devons faire face. Dans tout le pays, des travailleurs et travailleuses doivent faire face à un raz-de-marée de plans de licenciement et de suppressions d’emplois, y compris dans le secteur de la santé, les hôpitaux et services publics, dont nous dépendons pour sauver des vies dans la lutte contre l’épidémie !

657 plans de licenciements ont été comptabilisés entre le 1er Mars et le 22 Novembre 2020, auxquels s’ajoutent les plans de départs « volontaires », les ruptures conventionnées collectives, les départs en retraite anticipée, … En tout, près de 100 000 emplois vont être supprimés sur la seule année 2020, malgré les aides versées par l’état, malgré les chiffres d’affaires extraordinaires, et alors que les profits d’un grand nombre d’actionnaires ne cessent d’augmenter. Et ce n’est pas fini, le risque qu’une forte crise économique vienne empirer la situation étant très élevé.

Le jeu vidéo, malgré les ventes records de cette année et en dépit des informations sur la santé économique du secteur colportées par nombre de patrons du secteur dans les media, est lui aussi touché. Le cas le plus visible est la volonté de fermeture de Blizzard France à Versailles, mais il n’est pas le seul et notre syndicat accompagne actuellement des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo dans leur lutte contre la suppressions de leur emploi. Nous craignons également que les conséquences de la crise sanitaire sur les productions de jeux entraînent à terme une augmentation significative des suppressions d’emplois dans le secteur.

Pour ne pas lutter chacun·e de notre côté dans nos entreprises, pour rendre visible la catastrophe sociale en cours, pour exprimer notre refus de ces suppressions d’emplois, et parce qu’unis les travailleurs et travailleuses sont plus fort·es, le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo se joint à l’appel des Tui.

Le STJV sera donc présent dans la rue le Samedi 23 Janvier, pour une grande manifestation nationale contre les licenciements et suppressions d’emplois. Plus d’informations, comme des points de rendez-vous pour pouvoir venir défiler avec notre syndicat, seront publiés avant la manifestation.

Retrouvez l’appel des Tui ici :

Et les deux communiqués en version .pdf là :

Ici l’attestation pour pouvoir manifester :