Eugen Systems strike workers are holding on

We are once again relaying a communiqué written by our fellow strikers from the Parisian studio Eugen Systems. You can support them through their strike fund, all participations are welcome : https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

They confirmed their strike continues on Thursday 22 February.

[Version française]

Still Division

We have been on strike for a week now.

Every day we receive messages of support from players and people working in the industry, from France and abroad. They remind us that the problems we are currently concerned with are not restricted to our company but are much more common, even if the symptoms may differ. We are very moved by these messages that give meaning to the struggle we are forced to wage today. Nor do we forget the people who are currently experiencing similar situations in other industries or in the public sector.

Our demands are about the application of law, especially concerning our salaries. But the problems we face seem to be rooted in a deeper phenomenon: a lack of appreciation for the work we do every day. All of us would seemingly be perfectly replaceable tools. Our know-how, experience, qualities and qualifications are obviously parameters that shouldn’t be taken into account.

Yet who designs games, creates them, enriches them with content, and ensures they function properly?

At this time, we have yet to receive any kind of response or proposal from the management of Eugen Systems.
We regret that they continue to bury their faces in the sand after fifteen months of desperate attempts to draw attention to the seriousness of the problems we face and the need to find a solution that also takes into account the interests of employees, not just those of management. When these solutions involve an unilateral reduction in wages, a second-guessing of the grades and qualifications of employees, or the negation of essential elements of their employment contracts, they are obviously unacceptable.

As we told our studio management earlier this week, we are not taking any pleasure in the fire that occurred in the building housing the company’s premises, which brought production to a halt. Our strike carries on nonetheless and we are still waiting for our demands to be met, which, let us not forget, are nothing extraordinary: the fair appreciation of our work and the consideration of our legal and contractual rights.

 

Eugen Systems strike workers

Les grévistes d’Eugen Systems tiennent le coup

Nous relayons une nouvelle fois un communiqué rédigé par nos collègues grévistes du studio parisien Eugen Systems. Vous pouvez les soutenir via leur caisse de grève, toutes les participations sont bienvenues : https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

Ils nous ont confirmé la reconduite de leur grève jeudi 22 février.

[English version]

Still Division

Voici désormais une semaine que nous sommes en grève.

Chaque jour nous recevons des messages de soutien de joueurs et de personnes travaillant dans l’industrie, de France et d’ailleurs. Ces derniers nous rappellent que les problèmes sur lesquels nous attirons actuellement l’attention ne sont pas restreints à notre entreprise mais sont bien plus répandus, même si les symptômes peuvent différer. Nous sommes très touchés par ces messages qui donnent un sens à la lutte que nous sommes contraints de mener aujourd’hui. Nous n’oublions pas non plus les personnes qui vivent actuellement des situations similaires dans d’autres industries ou dans la fonction publique.

Nos revendications concernent l’application de la loi, en particulier en ce qui touche à nos salaires. Mais les problèmes auxquels nous sommes confrontés semblent trouver leurs racines dans un phénomène plus profond : un manque de valorisation du travail que nous réalisons chaque jour. Nous ne serions tous et toutes qu’autant d’outils parfaitement remplaçables. Nos savoirfaire, notre expérience, nos qualités et qualifications diverses ne sont pas des paramètres qu’il convient de prendre en compte.

Pourtant qui conçoit les jeux, les fabrique, les enrichit en contenu, et s’assure de leur bon fonctionnement ?

À l’heure qu’il est, nous n’avons toujours reçu aucune forme de réponse ou proposition de la part de la direction d’Eugen Systems.
Nous regrettons qu’elle continue à se voiler la face après quinze mois durant lesquels nous avons désespérément tenté d’attirer l’attention sur la gravité des problèmes auxquels nous sommes confrontés et sur la nécessité de trouver une solution qui tienne compte des intérêts des salariés, et non pas uniquement de ceux de la direction. Quand ces solutions passent par une réduction unilatérale du salaire, une remise en cause des grades et qualifications des employés, ou par la négation des éléments essentiels de leurs contrats de travail, elles sont naturellement inacceptables.

Comme nous l’avons fait savoir à la direction de notre studio en début de semaine, nous ne tirons aucune satisfaction du sinistre qui a eu lieu dans l’immeuble qui abrite les locaux de l’entreprise et qui a conduit à un arrêt temporaire de la production. Notre mouvement de grève se poursuit malgré tout et nous attendons toujours la satisfaction de nos exigences, qui rappelons-le ne représentent rien d’extraordinaire : la juste valorisation de notre travail et la prise en considération de nos droits.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems

Les grévistes d’Eugen Systems répondent au communiqué de leur direction

Nous relayons encore une fois un communiqué de nos camarades grévistes d’Eugen Systems.

 

Le communiqué publié hier par Eugen Systems sur tous ses réseaux nous semble être une démonstration publique des raisons nous ayant menés à cette grève.

À l’heure actuelle la direction n’est toujours pas revenue vers nous, et préfère publier un démenti, lequel consiste, encore une fois, à nier certains faits, en ignorer d’autres, prétexter des erreurs et faire de creuses promesses.

 

Cela ne nous étonne pas, puisque la négation du problème est la réponse systématique de la direction depuis le début de nos tentatives de discussions.

 

On nous demande, une fois de plus, de faire confiance, et de bien vouloir attendre un peu pour régler les problèmes soulevés. Nous avons perdu confiance en notre employeur et en son cabinet de RH pour faire valoir nos intérêts, tous deux ayant démontré leur objectif à plusieurs reprises : ne pas avoir à appliquer nos droits, ne pas avoir à payer les salaires selon les règles en vigueur, diviser les salariés et réprimer toute contestation.

Tous les délais que nos interlocuteurs réclament depuis le début des discussions il y a quinze mois visent à gagner du temps, car si proposition il y a, il s’agira d’une explication permettant de ne pas avoir à payer ce qui nous est dû.

 

Le dernier argument en date, à savoir l’erreur de bonne foi, est tout bonnement inaudible, s’agissant de problèmes soulevés il y a plus d’un an de façon officielle, et qui sont présents dans l’entreprise depuis aussi longtemps que nous pouvons nous en souvenir. Ces problèmes étaient déjà présents tandis que l’entreprise n’avait aucun délégué du personnel pour les soulever.

 

La direction prétend faire un effort particulier dans la communication avec les représentants du personnel. Pourtant, il a fallu une lettre signée par la vaste majorité des employés au mois de novembre 2017 pour lui faire prendre en compte les remarques que ces délégués transmettent.

 

Les derniers entretiens individuels en date se sont déroulés sans trace écrite et ont été l’occasion de faire pression sur des salariés pour qui les minimas conventionnels n’étaient pas respectés afin qu’ils signent des avenants à leur désavantage. Par conséquent l’annonce de ces prochains entretiens ne nous rassure absolument pas.

 

Nous rappelons présentement les revendications pour lesquelles nous sommes entrés en grève. Nous réclamons une régularisation immédiate des points suivants :

  • Minima conventionnels non appliqués
  • Classifications (grades et coefficients) dues et non attribuées
  • Primes de vacances non versées depuis de nombreuses années
  • Non-respect des lois en vigueur sur le temps de travail
  • Baisse de nos salaires bruts au moins de Janvier 2018 pour y intégrer les heures supplémentaires auparavant non déclarées, en tentant de faire passer cette action pour une rectification d’erreur de comptabilité alors que le problème a été signalé au printemps 2017 — cette baisse faisant au passage tomber certains salaires sous les minima conventionnels
  • Rémunération intégrale de la période de grève

En outre, nous exigeons immédiatement que cessent les convocations en réunions individuelles d’employés grévistes pour les interroger sur ce sujet. Il s’agit d’une remise en cause du droit de grève, ce qui est intolérable.

De la même façon, la direction qui a explicitement fait savoir à certains collègues qu’elle identifiait les employés syndiqués comme ennemis avérés de l’entreprise assume par ce fait une position claire : la négation du droit des travailleurs à se syndiquer.

Enfin, nous tenons à remercier du fond du cœur les personnes qui participent à la caisse de grève organisée par le STJV, ainsi que celles et ceux qui font parvenir leurs messages de soutien par mail, twitter, facebook, forums, parole… Votre solidarité n’est pas passée inaperçue. Merci.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems

Des employés d’Eugen Systems en grève

Nous relayons ci-dessous le communiqué rédigé par nos collègues grévistes du studio parisien Eugen Systems.

[english version below]

EDIT : une caisse de grève a été mise en place, toutes les participations sont les bienvenues / a strike fund has been setup, all participations are welcome: https://www.lepotcommun.fr/pot/kfy5g3ta

Act of Grève

En ce 14 février 2018, nous, 21 employés d’Eugen Systems, avons décidé de nous mettre en grève. En cette date on pourrait être tenté de se dire que nous avons préféré flatter l’être aimé au lieu de nous rendre, comme il se doit, sur notre lieu de travail. Il n’en n’est rien, même si nous sommes animés d’une certaine passion qui elle en revanche est teintée de fureur.

Cela fait maintenant près de quinze mois que nous discutons avec la direction de graves atteintes à nos droits. Comme n’importe qui à notre place, nous sommes partis du principe que le dialogue, les arguments et la raison seraient plus efficaces qu’une confrontation directe. Après tout un employeur devrait être capable de comprendre que la loi est ce qu’elle est, et qu’il est légitime que ses employés exigent qu’elle soit appliquée, y compris à leur avantage. Devant le mur qui nous a été opposé durant les six premiers mois de négociation, nous avons été contraints de faire appel à un avocat pour rappeler la loi à notre employeur. Rappeler que les minima de salaires ne sont pas sujets à négociation et que ni notre qualification, ni notre contrat de travail ni la loi ne le sont davantage. Des demandes qui se situent bien loin de l’inacceptable. Pour toute réponse nous avons eu des promesses, « tout sera réglé » nous disait-on. Naïfs que nous sommes nous y avons cru.

Plus naïfs encore, nous avons continué à y croire encore de nombreux mois, mais au matin de ce 14 février nous nous sommes rendus à une évidence qui désormais n’échappait plus à grand monde : trop c’est trop.

En arrivant au bureau, chacun d’entre nous a pu découvrir plusieurs mails sur sa boîte professionnelle : tout d’abord un mail collectif nous indiquant que nos heures supplémentaires, non rémunérées jusqu’alors, un sujet de contentieux depuis le début, n’auraient été absentes de nos fiches de paie que par la faute de nos deux gestionnaires de paie successifs. En somme, ce que nous présentions comme une atteinte à nos droits nous est maintenant présenté comme une erreur administrative. Ainsi, notre salaire brut a diminué pour pouvoir justifier nos heures supplémentaires sans nous régulariser d’un centime. Alors même que ces nouveaux salaires bruts passent pour plusieurs salariés en-dessous des minima légaux.

Par ailleurs, un certain nombre d’employés se sont vus annoncer dans un autre mail que les conditions spécifiquement mentionnées dans leur contrat de travail, ainsi que dans la convention collective, n’étaient pas reconnues comme légitimes par la direction. Cette dernière justifiant à ce titre de ne pas leur attribuer les grades, salaires et avantages associés. Quelle joie par exemple pour un développeur bac +4 avec plusieurs années d’expérience et un poste d’ingénieur, que d’arriver un matin et de voir qu’il a désormais le statut et le grade de technicien, avec un salaire qui va de pair.

Cette nouvelle fuite en avant de la direction a mis le feu aux poudres : devant le refus de nous payer comme la loi l’exige, et face à l’absence manifeste de considération pour la valeur de notre travail, nous en sommes arrivés à la conclusion que, pour nous faire entendre, nous n’avions plus d’autre option que de nous mettre en grève.

Nous n’avons pas voulu le conflit, et nous étions même prêts à accepter un certain nombre de compromis. Mais face à un tel manque de respect, il ne nous reste plus qu’à faire usage de nos droits les plus fondamentaux qui, à défaut de résoudre la totalité des problèmes auxquels nous sommes confrontés, aura, espéronsle, le mérite d’attirer l’attention des joueurs, de l’opinion publique ou des élus sur la situation catastrophique de l’industrie pour laquelle nous travaillons.

 

Les employés grévistes d’Eugen Systems, qui, s’il est nécessaire de le rappeler, ne sont pas des PNJ

 


Act of Strike

On this February 14 th 2018, we, 21 employees of Eugen Systems, decided to go on strike. On this date we might be tempted to say that we preferred to flatter the loved one instead of going to our workplace as it should be. This is not the case, even if we are animated by a certain passion, it is actually tinged with fury.

We have been discussing serious violations of our rights with management for almost 15 months now. Like anyone else in our place, we assumed that dialogue and reason would be more effective than direct confrontation. After all, an employer should be able to understand that the law is what it is, and that it is legitimate for its employees to demand that it be enforced, including for their benefit. Faced with the wall that was set up against us during the first six months of negotiations, we were forced to call in a lawyer to remind our employer of the law. To remind that minimum wages are not subject to negotiation and that neither are our qualifications, our employment contracts, or the law. These demands are far from unacceptable. For every answer we were given promises, « everything will be settled » we were told. Naive as we are, we believed it.

Even more naively, we continued to believe in it for many more months, but on the morning of February the 14th we came to realise an obvious fact that no longer escaped anybody: enough is enough.

When we arrived at the office, each of us discovered several e-mails on our professional mailboxes: first of all a collective e-mail indicating that our overtime, which had not been paid up until then, a contentious subject since the beginning, was absent from our pay slips only because of the fault of our two successive payroll managers. In short, what we considered as an infringement of our rights is now presented to us as an administrative error. As a result, our gross salaries have been reduced so that our overtime can be justified without even regularizing our situations by a penny. Even though these new gross salaries are considered to be below the legal minimums for several employees.

Additionnally, several employees were notified in another e-mail that the conditions specifically mentioned in their employment contract, as well as in the collective agreement, were not recognized as legitimate by management. The latter justifiying not granting them the grades, salaries and associated benefits. What a joy, for example, for a developer with several years of experience and an engineer’s job, to arrive one morning and see that he now has the status and rank of a technician, with the lowered salary accompanying it.

This new evasive maneuver from management has inflamed the situation: in the face of the refusal to pay us as required by law, and the manifest lack of consideration for the value of our work, we have come to the conclusion that, in order to make ourselves heard, we have no option but to go on strike.

We did not want the conflict, and we were even prepared to accept a number of compromises. But in the face of such a lack of respect, all that remains is to make use of our most fundamental rights, which, if we fail to resolve all the problems we are confronted with, will hopefully have the merit ofdrawing the attention of players, public opinion or elected representatives to the catastrophic situation in the industry for which we are working.

 

The striking employees of Eugen Systems, who if it needs to be reminded are not NPCs

L’Assemblée Nationale crée un groupe d’études sur le jeu vidéo

Le syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo a suivi la création du groupe d’étude Jeu Vidéo par l’Assemblée Nationale, et pris connaissance du compte rendu qu’en fait le Monde (en ligne via le blog Pixels de lemonde.fr). Nous regrettons évidemment que ce groupe d’étude ne considère pas nos conditions de travail comme un sujet digne d’intérêt. L’Assemblée clame que nous sommes une industrie de pointe, une fierté nationale dont il faut brandir les chiffres et s’enorgueillir, tout en fermant les yeux sur les entorses aux droits des femmes et des hommes qui la font vivre.

Lorsqu’il déclare pour Le Monde : « dans ce secteur, il y a plus d’offres que de demandes, libre à chacun d’aller où bon lui semble », Denis Masseglia montre sa méconnaissance des conditions de recrutement de notre industrie, et son mépris face à ce que vivent les travailleurs et les travailleuses, tous secteurs professionnels confondus. Si dans certains domaines (comme l’ingénierie) il est relativement facile d’être mobile, de rebondir et de changer d’entreprise, c’est tout simplement faux pour la plupart des métiers de notre industrie. En outre, de nombreuses personnes n’ont pas les moyens, le temps ou l’énergie nécessaires pour repartir sur un marché du travail à ce point concurrentiel, par exemple du fait de leur situation familiale, financière ou de santé.

Nous saluons au contraire l’initiative de Danielle Simonnet, qui a présenté au conseil municipal de Paris un vœu invitant la ville a être plus vigilante avec les conditions de travail des entreprises du secteur utilisant de l’argent public pour leurs productions. C’est vers cette reconnaissance, cette attention, que le STJV souhaite voir se diriger notre gouvernement. Nous continuerons à pousser les discussions en ce sens. Nous invitons les responsables politiques, ainsi que celles et ceux qui font notre industrie, à échanger avec nous, à ouvrir un dialogue constructif pour que nous puissions tous exercer nos métiers dans de bonnes conditions, respectueuses des lois et des personnes.

Au sujet du récent scandale à Quantic Dream

Voyant une partie des réactions que cette affaire a provoquées, il nous semble nécessaire d’intervenir et d’exposer clairement notre point de vue en tant que syndicat des travailleurs et travailleuses.

Le STJV a été sollicité par certaines des personnes qui ont été amenées à témoigner. Nous leur avons prodigué conseil et soutien et sommes restés discrets au sujet des litiges qui les opposaient à leur employeur. Par conséquent nous étions informés de plusieurs de ces éléments depuis quelques temps. Travaillant nous-mêmes dans l’industrie, et connaissant bien le respect tout relatif du code du travail qui y règne, il nous a immédiatement paru très clair qu’il fallait prendre ces accusations au sérieux.

Les questions de sexisme ont été largement traitées, nous ajouterons simplement que dans un milieu où l’on estime à 17% la part de femmes, aucune légèreté de traitement n’est acceptable.

Il nous semble important de rappeler qu’en matière de protection des employés, l’employeur a une obligation de résultat. Autrement dit, son obligation n’est pas d’essayer de protéger ses employés face aux risques physiques ou mentaux, mais d’y parvenir.

Par ailleurs nous déplorons la façon dont ont pu être traités certains des employés au vu de ces témoignages. La façon dont y sont décrits le crunch, les méthodes de licenciement et la pression exercée sur les employés nous semble inquiétante.

La société Quantic Dream affirme que toutes les accusations dont elle fait l’objet sont sans fondement.
De notre côté, nous sommes en mesure d’estimer combien il est compliqué de témoigner de nos difficultés. Celles et ceux qui le font ne se retrouvent pas dans cette situation de gaité de cœur. Les menaces de blacklisting et de sabotage de carrière sont en effet courantes, quand nous ne les intériorisons pas, sans même qu’elles aient besoin d’être prononcées. Par conséquent nous pensons que ces témoignages méritent une attention sérieuse.

Certains studios sont plus vertueux que d’autres, nous le savons, mais force est de constater qu’un nombre conséquent d’entre nous a à se plaindre de ses conditions de travail.

Dans notre industrie, nous sommes souvent considérés comme une variable d’ajustement sous le prétexte de notre passion. La pratique quasi systématique du crunch en est l’un des aspects les plus patents, mais ce n’est pas le seul. Le harcèlement sexuel, les salaires au rabais, la mise au placard si ce n’est le harcèlement moral pour les contestataires sont autant de symptômes qui, s’ils ne sont peut-être pas généralisés, sont au moins récurrents.

Nous n’avons pas pour l’instant de chiffres précis à avancer, mais nous y travaillons (voir notre enquête: https://framaforms.org/enquete-stjv-novembre-2017-1508581061). Nous pouvons simplement affirmer que ces problèmes existent. La fin de l’omerta en vigueur dans notre industrie est la condition sine qua non pour que ce problème puisse être estimé et résolu.

Une chose est certaine : ce n’est pas en écrasant par la force brute celles et ceux qui prennent la parole, ni en s’enterrant la tête dans le sable, en ignorant les problèmes, que la situation pourra s’améliorer de façon globale.

Pour notre part, c’est également notre passion pour ce métier qui nous guide dans la démarche de la défense des travailleurs et travailleuses de notre industrie, car nous sommes persuadés que de mauvaises conditions de fabrication n’apportent en fin de compte que des expériences vidéoludiques de moindre qualité.

Un studio de jeu vidéo, une entreprise, et Quantic Dream n’y fait pas exception, n’est pas une entité floue et homogène, mais un collectif humain, composé de personnes qui travaillent ensemble. Ce n’est pas un dirigeant génial éclipsant des petites mains. Refuser d’écouter la parole des travailleurs et travailleuses, voire la discréditer, c’est donc attaquer le studio et c’est attaquer ses productions par la même occasion.

Si nous voulons améliorer la qualité des jeux que nous fabriquons, il va nous falloir être capables de regarder les problèmes en face quand ils sont soulevés. Ce “nous”, ce sont tous les acteurs du milieu, des studios aux joueurs, des éditeurs aux journalistes.

STJV.fr est en ligne

STJV.fr est enfin en ligne et accessible à tous !

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Dans un futur proche, nous prévoyons également de partager des ressources utiles aux travailleur·euse·s (liens utiles, fiches pratiques) ainsi que des portraits et témoignages destinés à mettre en évidence la diversité des profils et des situations que nous représentons.

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