Guillaume de Fondaumière continue de maltraiter les travailleureuses de Quantic Dream

Sur fond rouge et noir, en haut de l'image le titre QUANTIC DREAM Plus bas, à gauche les personnages de jeux Quantic Dream (deux personnages de Spellcasters Chronicles et Yoda), à droite le sous-titre "Rendez l'argent !" En bas à droite de l'image, le logo du STJV

Une enveloppe de 6 millions accaparée par la Direction

Le 27 août dernier, nous avons signé à Quantic Dream, après d’âpres négociations, un accord pour le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). C’est dans ce contexte tendu, avec un dialogue social particulièrement difficile, que nous continuons les différentes NAO (négociations annuelles obligatoires), qui ont été fortement perturbées, voire mises en pause par le PSE. Parmi les négociations, il y a celle sur le « partage de la valeur ».

Durant cette négociation, l’objet qui nous préoccupe particulièrement est une enveloppe sanctuarisée de 6 millions d’euros à destination des employé·es de Quantic Dream, à Paris et Montréal. C’est une somme qui a été mise de côté suite au rachat de NetEase en 2022 et qui a été immobilisée pour permettre aux personnes rejoignant l’entreprise a posteriori d’avoir également un bonus lié à ce rachat (les personnes étant en poste à ce moment-là ayant reçu des actions dans ce cadre).

Le 5 août, en plein pendant le PSE, nous avons eu une NAO « partage de la valeur ». Lors de celle-ci, nous avions énoncé (conjointement avec Force Ouvrière, l’autre syndicat présent au sein de l’entreprise) notre souhait que cette enveloppe soit distribuée cette année, avant que les licenciements ne soient effectifs. Cela fait parfaitement sens : des employé·es au sein de tous les projets de l’entreprise vont être licencié·es très prochainement. Cette enveloppe avait même été présentée comme un bonus à venir lors d’entretiens d’embauche !

Au cours de cette négociation, la Direction a indiqué être d’accord avec nos revendications. Elle nous a informé qu’elle allait se renseigner sur les mécanismes banquiers permettant de mobiliser la somme et nous faire des propositions très prochainement.

Guillaume de Fondaumière, rends l’argent !

Le 10 septembre, un mois après la dernière réunion et deux semaines après la signature de l’accord pour le PSE, nous avons eu une nouvelle réunion. Lors de celle-ci, la Direction change de ton : elle commence à nous expliquer que le PSE est derrière nous, et qu’il faut tourner la page. Les collègues même pas encore licencié·es et les équipes inquiètes de leur avenir apprécieront.

La Direction, toute rayonnante, prétend que le contenu de la précédente réunion n’était que des discussions sans engagement, et qu’elle n’avait pas à ce moment-là le mandat pour discuter de ce sujet. Une seule manière de résumer le mépris dont elle fait preuve : du pur foutage de gueule !

Elle nous explique ensuite être entièrement fermée à utiliser cette somme en 2026, avant les licenciements. Elle considère que les personnes licenciées sont déjà très grassement indemnisé·es, et qu’il faut motiver les employé·es restant·es à travailler sur Star Wars Eclipse. Comme si conserver son emploi n’était pas une motivation suffisante dans une industrie massacrée par les errances des dirigeants de nos studios.

Sa volonté est désormais de distribuer cette somme à l’issue de la sortie de Star Wars Eclipse, en cas de bénéfices conséquents sur le projet, pour les personnes encore dans l’entreprise. Que se passe-t-il si le projet ne marche pas ? Si l’entreprise ferme faute de soutien de NetEase ? S’il y a un nouveau PSE ? Nous considérons que c’est maintenant que l’entreprise doit motiver ses troupes, et non pas essayer de tendre une carotte hypothétique, qui laisserait déjà sur le carreau de nombreuses personnes.

Nous connaissons la chanson car elle est jouée par toustes les dirigeant·es d’entreprise : un objectif volontairement inatteignable pour ne jamais redistribuer l’argent aux travailleureuses.

Face au refus catégorique de la Direction de discuter du sujet, nous avons claqué la porte de la négociation. Elle refuse systématiquement de négocier les sujets qui ne l’intéressent pas, et il est temps que cela cesse.

À titre d’exemple, pour la NAO « temps de travail » (suspendue à cause du PSE) nous avions deux revendications principales : la baisse du temps de travail (nous sommes la seule entreprise française du jeu vidéo à travailler 40 heures par semaine par défaut) et la pérennisation du télétravail via un accord. Elle n’a jamais souhaité aborder ces sujets. À Quantic Dream, on appelle cela « le dialogue social apaisé ».

Le double visage de la violence

Comble du hasard, 6 millions d’euros, cela représente l’argent qu’a personnellement touché Guillaume de Fondaumière lors de la revente du studio. Bien que nous comprenons qu’il soit frustré que son acolyte David « Cage » de Gruttola s’en soit mieux sorti que lui, en ayant engrangé treize fois plus (!) d’argent, s’étant mis la coquette somme de 80 millions d’euros dans sa poche, ce n’est pas une raison de ne pas distribuer l’argent aux travailleureuses. Après, on nous explique que les licenciements étaient inévitables faute d’argent… C’est au total plus de 100 millions d’euros qui ont été distribués en 2022, et on nous explique que les derniers 6 millions devront attendre encore des années. C’est proprement inacceptable.

Le lendemain, dans une réunion destinée à remotiver les troupes, Guillaume de Fondaumière s’est permis de critiquer de manière à peine voilée nos communications syndicales, les considérant comme violentes. La bourgeoisie patronale trouvera toujours cela normal de mettre à la porte nos collègues, et violent qu’on ose s’y opposer. La vraie violence, ce n’est pas quelques employé·es énervé·es par l’impétuosité de la Direction qui ont l’outrecuidance de réagir avec un emoji de clown. C’est précisément les communications violentes de la Direction où elle attribue l’échec de Spellcasters aux équipes, bien ingrates de ne pas remercier nos chers patrons de leur avoir donné du travail (avant de les licencier froidement).

Il appelle de ses vœux à ce que chacun·e puisse travailler sereinement au sein du studio. Petit conseil : distribuer l’argent qui est dû aux travailleureuses, arrêter de les insulter régulièrement dans les communications de l’entreprise, ce serait déjà un premier pas pour que cela soit le cas. Sans compter la question des licenciements : qui peut sereinement travailler dans une entreprise quand on risque à tout moment de se faire licencier ?

Nous n’avons qu’une seule chose à dire à Guillaume de Fondaumière : le respect s’acquiert, il ne se décrète pas. Tant que le cirque patronal ne cessera pas, les travailleureuses seront en colère. Que nous soyons là ou pas, tant que vous continuerez vos actions iniques, iels seront légitimement révolté·es. D’autant plus avec des doubles discours sur NetEase, notre unique actionnaire : pendant le PSE ils sont à deux doigts de fermer le studio, deux semaines plus tard ils nous soutiennent sans réserve. Comment pouvons-nous croire la Direction de Quantic Dream quand elle se contredit de la sorte ?

À Quantic Dream, le crunch fait partie de la culture d’entreprise. Chaque fin de production a été particulièrement difficile, et toustes les travailleureuses du studios redoutent la période à venir. C’est tout logiquement qu’iels se sentent lesé·es par une Direction inconséquente et violente. Il est temps que cela cesse.

La Direction doit payer pour son ignominie

Pour toutes ces raisons, et pour nous faire entendre auprès de cette Direction qui n’en manque pas une, nous appelons à la grève reconductible à partir du mardi 15 septembre.

Nos revendications sont les suivantes :

  • que la Direction verse enfin aux employé·es concerné·es l’enveloppe de 6 millions d’euros, avant les licenciements liés au PSE ;
  • que la Direction diminue notre temps de travail sans baisse de salaire ;
  • que la Direction cesse sa communication méprisante envers les employé·es ;
  • que la Direction arrête sa discrimination syndicale permanente et sa diffamation systémique, sans quoi nous prendrons toutes les mesures légales nécessaires.

Notre caisse de grève est toujours ouverte pour soutenir la présente mobilisation et les futures à venir. Elle pourra permettre de redistribuer de l’argent aux grévistes pour limiter au maximum l’impact financier. Nous vous encourageons à la diffuser le plus largement possible.

Nous avions prévenu que nous ne nous laisserions pas faire : dont acte. Nous nous battrons aussi longtemps que nécessaire contre Guillaume de Fondaumière, David « Cage » de Gruttola et toute cette clique qui nous méprise tant.

Quantic Dream : un PSE au bulldozer

Bluesky mastodon dernier communique pse

Le combat de nos camarades à Quantic Dream contre un plan de licenciements, dont les rebondissements ne sont toujours pas finis, continue. Alors qu’approchent la fin des négociations, notre section syndicale alerte sur les irrégularités qui ont entaché tout le processus.

Brutalisation de la représentation du personnel

Nous en parlions lors de l’article précédent, la direction du studio semble choisir de lire la loi avec un angle inédit : imposer des délais illégaux, s’entêter sur des dispositions qui ne tiendront pas à l’examen le plus élémentaire du plan par l’inspection du travail… tout cela n’inspire pas confiance. C’est d’autant plus le cas quand elle a fait perdre près de la moitié du temps alloué (1 mois et demi sur 3 mois) pour négocier l’accord de méthode. Pour notre lectorat qui n’est pas adepte du « dialogue social », l’accord de méthode, c’est la base de toute négociation puisqu’on y définit les moyens alloués et le fonctionnement prévu. C’est la garantie que la négociation peut se dérouler correctement, et il est évidemment crucial quand plus de 100 emplois sont menacés.

Ce n’est malheureusement pas tout. La direction de Quantic Dream ne semble pas comprendre que dans « dialogue social », il y a « dialogue ». Nos camarades ont vu la direction refuser de fournir des documents nécessaires à l’exercice par peur que les négociateurices les « pervertissent » – quoi que cela puisse bien vouloir dire, se faire reprocher des « méthodes de fascistes » (la République française, dont nous demandons l’application des lois, appréciera l’insulte…), ou encore se faire asséner qu’il ne « faut pas lire la presse, c’est un tissu de mensonges ». Sans parler de ce que cela révèle sur la personne des dirigeants du studio, il est clair qu’un plan de licenciements ne peut pas etre négocié correctement si la direction choisit l’insulte et la violence à tous les étages.

Nous ne pouvons évidemment pas non plus faire l’impasse sur le fait que la délégation syndicale a formulé des propositions et revendications tout au long de la négociation, propositions savamment ignorées par la direction qui met 4 réunions à les considérer. Dans l’une des dernières réunions, alors que des propositions étaient formulées plus d’une semaine avant, la direction n’en a tout simplement pas parlé. Est-ce là le sérieux et la considération qu’il faudrait attendre des patrons quand ils souhaitent licencier 115 personnes ?

Malveillance et pingrerie

Un constat général est que la direction de Quantic Dream vise à se contenter du strict minimum en tout point. Quand l’entreprise ne souffre ni d’un marché en berne (qui se porte très bien, merci pour lui), ni du manque de bonne volonté des travailleureuses (leur mobilisation montre bien leur envie de sauver leurs emplois et le produit de leur travail), il est normal d’offrir des conditions un tant soit peu décentes au départ pour accompagner celleux qui doivent perdre leur place simplement parce que la direction le veut. À Quantic Dream, ce n’est pas le cas. Tout au long des réunions la direction, et en particulier Guillaume de Fondaumière, n’a pas écouté ce qui lui était proposé. Au contraire, elle semble souhaiter s’aligner sur le bas du panier autant que possible, oubliant qu’elle est obligée à une négociation loyale, pas à une parodie.

Cette pingrerie de bas étage se traduit par des manœuvres complètement incompréhensibles. Par exemple, la direction se plaint du coût que représenterait le financement des formations des personnes licenciées, semblant complètement ignorer qu’il s’agit d’une obligation légale. S’il est toujours désagréable de s’acquitter de ses dettes, nous aimerions que la direction de Quantic Dream partage ses recettes magiques qui l’en dispenseraient.

La situation de Quantic Dream, filiale du groupe NetEase (qui lui aussi se porte très bien, merci pour lui), devrait au moins permettre d’envisager une compensation décente aux personnes lésées par les décisions de la direction. Au contraire, leur recherche permanente du moins-disant amène à une situation proprement absurde, où les propositions de la direction seraient inférieures à ce qui avait été obtenu par nos camarades à Don’t Nod, entreprise largement moins bien soutenue financièrement. Il est tout bonnement infâme de se retrouver dans cette situation. Si Quantic Dream veut détruire des emplois, elle doit payer.

Et les employé·es dans tout ça ?

Enfin, nous voulons revenir sur le traitement des salarié·es de l’entreprise, qui souffrent également de la situation. D’abord, bien évidemment, de l’incertitude créée par ce plan bancal qui risque bien de jouer les prolongations. Ces risques psycho-sociaux subsistent d’autant plus que nos camarades ne peuvent pas communiquer correctement avec les travailleureuses de l’entreprise après que la direction leur ait retiré les droits qui étaient pourtant les leurs par usage. Loin des yeux, loin du cœur ?

Il faut aussi pointer du doigt le destin funeste réservé à l’équipe ayant travaillé sur le jeu Spellcasters Chronicles. Alors que le fruit de leur labeur a vu son existence coupée court plus tôt dans l’année, cela fait maintenant deux mois que leurs compétences sont laissées en jachère. Nous rappelons que le contrat de travail lie un·e travailleureuse qui loue sa force de travail à un employeur, qui de son côté a l’obligation de fournir du travail. Avant de rompre le contrat, encore faudrait-il en remplir les obligations les plus élémentaires.

Finissons sur la considération apportée aux craintes des employé·es. Nous l’avons dit, la direction s’est attaquée à la capacité de la représentation du personnel à partager l’avancée des négociations aux salarié·es. Par contre, elle ne se gêne pas de son côté pour se répandre en mensonges. De toute cette période, la direction n’a pas reconnu une seule fois les nombreux manquements qui ont été les siens, parfois sur des règles pourtant élémentaires. Au contraire, David « Cage » de Grutola a pu se gargariser que les personnes bientôt licenciées aient eu la chance de travailler sur le projet, comme si le seul fait de l’approcher était déjà un grand privilège. Est-ce ainsi que l’on respecte celleux qui créent la valeur exploitée par l’entreprise ?

Quantic Dream, d’antiques crimes

Un aparté ici : cette procédure s’arrête aux frontières du pays, mais il ne faut pas oublier non plus nos collègues à Montréal, dont une vingtaine sont également concerné·es par ces licenciements. La protection (toute relative comme on a pu le voir au long de cet article) de la loi française ne leur est pas accordée, alors même que leur situation est très similaire à la notre. Nous leur témoignons toute notre solidarité, car iels méritent le respect tout autant que leurs collègues de France.

Cette négociation risque de n’avoir été qu’une pantomime d’une direction ayant décidé de n’en faire qu’à sa tête, mais se prêtant au théâtre d’un « dialogue social » performatif plutôt que d’écouter les suggestions qui lui sont faites. Notre section se battra jusqu’au bout pour que les travailleureuses de Quantic Dream soient respecté·es et que s’il leur faut perdre leur emploi, cela se fasse au moins dans des conditions décentes. C’est notre message à la direction depuis le début du processus de négociation, et nous nous y tenons.

Nous nous adressons donc à toutes les personnes ayant entravé cette négociation (elles se reconnaîtront) : si vous ne respectez pas la loi quand elle vous est rappelée, vous en subirez les conséquences. Nous défendrons nos camarades et le droit des travailleureuses à vivre décemment de leur labeur, quoi qu’il nous en coûte.

Enfin, pour démontrer notre détermination et notre unité, nous appelons à la grève reconductible à Quantic Dream à partir du mercredi 5 août pour dénoncer la conduite indigne de cette négociation par la direction, demander l’extension des négociations et, au minimum, l’inclusion des demandes des représentant‧es du personnel dans le plan de licenciements.

Arkane : pour un télétravail négocié selon notre expérience, contre une réforme imposée

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Depuis plusieurs mois, les organisations syndicales à Arkane demandent que le télétravail fasse l’objet de négociations, notamment pour en sécuriser les usages dans un accord d’entreprise plutôt qu’une charte. Toutes nos demandes de négociations ont été refusées par la direction.

Nous avons lancé avec Printemps écologique une pétition demandant la tenue de négociations avec les syndicats sur ce sujet, afin de parvenir à un accord d’entreprise. Mais malgré un large plébiscite la direction démontre un réel déni de démocratie, préférant imposer ses méthodes et son calendrier plutôt que d’écouter et respecter les salarié·es d’Arkane.

La semaine dernière, la direction a décidé de mettre en application son projet de charte télétravail au mépris de l’avis des instances de représentation du personnel. Cette nouvelle charte met en danger l’équilibre de vie de nombreux·ses collègues. Non seulement elle présente un réel recul sur nos conditions de télétravail actuelles, qui reposaient sur la flexibilité et la confiance, mais elle ne règle aucunement les problématiques de la précédente charte : des inégalités de traitement selon les équipes en faisant reposer l’accès au télétravail sur des critères flous et arbitraires.

Journée de grève le jeudi 28 mai 2026

La section syndicale STJV d’Arkane refuse de laisser nos collègues être maltraité·es par une politique patronale qui n’a pour seul objectif que d’avoir plus de contrôle sur les travailleureuses. Comme nous avons pu le constater ces derniers mois dans notre industrie, le respect de la démocratie interne et la transparence sont essentiels pour la sécurité de nos emplois.

C’est pourquoi nous appelons tout les travailleureuses d’Arkane à se mettre en grève le jeudi 28 mai.

Nos exigeons :

  • La tenue de négociations sérieuses et loyales, dans le but d’atteindre un accord d’entreprise sur le télétravail ;
  • Le maintien des conditions de télétravail telles que prévues par la charte précédente, en attendant que les négociations aboutissent.

Nous vous invitons à nous rejoindre pour un piquet de grève dès 9h devant les locaux d’Arkane Lyon.

Étant conscient‧es de la difficulté pour certains de se mettre en grève une journée entière, nous encourageons également à débrayer – c’est à dire faire grève sur une courte durée, de quelques minutes à quelques heures – le temps du Studio Meeting du 28 Mai, et de rejoindre les camarades aux piquets de grève physiques ou en ligne.

Vous pourrez également trouver ici :

  • un rappel du droit de grève : La grève dans le droit privé – STJV ;
  • le tract distribué, résumant la situation et listant les revendications du STJV, ainsi que différents moyens d’agir pour montrer votre rejet de la nouvelle charte :

Et si vous souhaitez soutenir les mouvements de grève dans le jeu vidéo : https://www.stjv.fr/2024/03/caisse-de-greve-du-stjv/

Licenciements, liquidations, entraves dans le jeu vidéo : Appel à la grève nationale le 27 mai 2026

Banniere super metal grv

L’industrie du jeu vidéo en France est au bord du gouffre, et subit sa pire crise sociale depuis plus de 20 ans. Depuis 2024, nous avons décompté, entre autres :

Et, au moment où nous publions cet appel, le patronat veut supprimer encore plus d’emplois avec :

  • Un plan de suppression de 200 emplois au siège d’Ubisoft à Saint-Mandé ;
  • Un plan de licenciements à Cyanide, avec la fermeture envisagée de Big Bad Wolf ;
  • Un plan de licenciements à Kylotonn ;
  • Un plan de licenciements à Nacon ;
  • Un plan de licenciements à Quantic Dream ;
  • Un plan de licenciements à Eden Games ;
  • La mise en redressement judiciaire de Midgar Studio ;
  • Deux plans de licenciements déjà annoncés chez Don’t Nod pour 2026…

On dénombre au total plus de 1 000 emplois supprimés ou menacés à très court terme. Et ces listes sont loin d’être exhaustives, car de nombreuses « petites » entreprises disparaissent sans faire de bruit, et les postes non renouvelés ne sont pas comptés. Pour le moment, nous ne pouvons pas non plus évaluer précisément l’effet domino à venir sur les prestataires, travailleureuses indépendant·es et entreprises spécialisées, qui va être dévastateur.

Dans le même temps les luttes pour la transparence et la démocratie en entreprise, qui sont absolument nécessaires pour assurer la pérennité de nos emplois, continuent notamment à Amplitude, à Arkane, à Ubisoft et dans de nombreuses autres entreprises moins connues. Les dernières années nous ont montré que l’opacité forcenée des entreprises est toujours la première étape sur la pente menant aux licenciements et liquidations,

Ils veulent tuer le jeu vidéo : c’est mort !

En spéculant sur des projets au doigt mouillé, en suivant des modes vouées à l’échec, en refusant de viabiliser les méthodes de production, en s’opposant aux travailleureuses par principe, le patronat a décidé de saborder l’industrie qu’il siphonne depuis tant d’années.

N’acceptons pas le fatalisme et la passivité béate de nos dirigeant·es, ne laissons pas notre industrie se faire assassiner sous nos yeux sans réagir.

Les travailleureuses alertent depuis des années sur les dangers de la gestion de nos patron·nes, et proposent des solutions.

Partout dans le jeu vidéo, on entend les cris de solidarité des travailleureuses qui font vivre notre medium. Le jeu vidéo, c’est nous. Nous pouvons nous battre et surtout, nous pouvons gagner.

Se mobiliser dès le 27 mai autour des luttes en cours

Le STJV appelle à une journée de grève nationale dans toute l’industrie du jeu vidéo ce mercredi 27 mai 2026. Nous refusons de céder au fatalisme et au discours déresponsabilisant du patronat sur la soi-disant « conjoncture », et demandons :

  • que nos patron·nes prennent leurs responsabilité, si besoin en démissionant de leurs fonctions, qu’iels ont démontré inutiles ;
  • l’annulation de tous les licenciements envisagés ;
  • la remise du pouvoir décisionnel aux travailleureuses, seul·es personnes compétentes pour produire des jeux vidéos.

Utilisons cette journée pour nous rencontrer, rompre l’isolement, construire des solidarités et des revendications, autrement dit pour s’organiser pour les luttes en cours et à venir.

Cette date coïncide avec la réunion finale concernant le plan de licenciement outrageux à Kylotonn. Plan qui, nous le rappelons, est opéré lâchement et à distance par Nacon, qui a déjà éventré et liquidé Spiders et Nacon Tech, en plus de prévoir d’autres licenciements dans les studios du groupe tels que Big Bad Wolf et Cyanide ainsi qu’à Nacon directement.

Les travailleureuses de Kylotonn invitent travailleureuses, chômeureuses, retraité‧es et étudiant·es du jeu vidéo à participer à leur piquet à Paris, au 96 rue Orfila dès 10h ce Mercredi 27, pour revendiquer avec elleux l’annulation du plan de licenciement abject qui leur est imposé.

Nous appelons également à répondre massivement aux éventuels appels et demandes des travailleureuses de Quantic Dream, Cyanide, Big Bad Wolf, Midgar, Amplitude, Arkane…

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

Grève 27 Mai
Les patrons veulent tuer le jeu vidéo ?
C'est mort !
Piquet à Kylotonn
10h - 27 mai
96 rue Orfila 75020 Paris

Appel à la grève du 10 au 18 septembre : face à l’impasse gouvernementale, choisissons la sortie par le haut !

Sur un fond noir parcouru par une déchirure rouge, en haut de l'image le titre Appel à la grève. En-dessous, les dates du 10 au 18 septembre. À gauche du texte, une rangée de Pikmins en colère et en posture revendicatives (poings levés ou sur les hanches). À droite de cette image, le slogan : Face à l'impasse gouvernementale, choisissons la sortie par le haut ! En bas de l'image au centre, le logotype du STJV.

L’annonce du budget 2026 s’est faite, comme on en a désormais l’habitude, par des « fuites » à la presse servant plutôt de mesure des réactions, et tout au long de l’été, les mesures ainsi testées étant pour certaines purement sidérantes. C’est bien un budget d’agression sociale que propose le gouvernement Bayrou. Notons par exemple :

  • La suppression de deux jours fériés sans compensation, dont le 8 mai, commémorant s’il fallait le rappeler au Premier Ministre la capitulation du régime nazi ;
  • L’allongement du délai de carence en cas d’arrêt maladie, alors même que les conséquences sanitaires de la pandémie de coronavirus restent trop faiblement étudiées, mais tout-à-fait tangibles (voir même ce que disent des think tank libéraux sur le sujet) ;
    • N’oublions pas non plus que le défaut de soins est excessivement lié à des séquelles plus graves : il s’agit non seulement d’un recul de droits, mais aussi d’une vraie attaque sur la santé des travailleureuses ;
  • De nouvelles attaques sur le régime d’assurance-chômage, le seul but du gouvernement restant de radier des personnes des listes pour ne plus payer d’indemnités et ne plus avoir à les inclure dans les chiffres officiels, pas de résoudre ce supposé « problème » ;
  • La volonté d’une « année blanche » pour le budget de l’État, soit un gel des budgets et aides sociales, se traduisant par :
    • Une baisse des moyens de notre système de santé, déjà saigné à vif ;
    • Une baisse du budget pour l’éducation, déjà brutalisée par quantités de gouvernements successifs ;
    • Un recul sur la culture, sur l’environnement, sur toutes les allocations nécessaires au maintien d’une vie pour toustes ;
    • Mais évidemment, un effort tourné purement vers les budgets militaires (seul horizon d’avenir pour un gouvernement aux abois ?).

Qui dit agression dit agresseurs et agressé·es. Ici, la cible est claire, ce sont les prolétaires : les personnes handicapées, les immigrant·es avec ou sans papiers et les travailleureuses salariées ou non. Ces personnes qui produisent pourtant la valeur réelle dans l’économie, à l’inverse de la classe oisive : les grands actionnaires qui héritent majoritairement leur position et ne savent rien faire d’autre que faire croître leur fortune, pour assurer une longueur d’avance à leur progéniture et lâcher quelques miettes à leurs exécutant·es.

Nos gouvernants choisissent de faire la chasse aux pauvres, aux chômeureuses et aux personnes malades – de maladies que l’État laisse proliférer. Mais plus généralement, « les français·es » sont accusé·es d’être responsables de la dette… pendant que les riches oisifs sont suspicieusement absents de ces efforts demandés au reste de la population, et gâtés des 211 milliards d’euros aux entreprises, pour beaucoup sans contreparties réelles ou vérifiables…

Et dans le jeu vidéo ?

Notre secteur n’est pas isolé du reste de l’économie. Nous sommes nous aussi des prolétaires, et nous contribuons à une économie qui nous reverse chaque année un peu moins de la valeur que nous créons. Les travailleureuses du jeu vidéo se sont massivement mobilisé·es cette année lors de la grève générale du jeu vidéo, lors de laquelle nous décrivions déjà comment notre industrie est conduite à la ruine par des directions plus intéressées par les profits à court terme et à tout prix que par la santé des travailleureuses et la juste répartition des richesses créées.

En guise de remerciements pour leurs efforts, les travailleureuses sont licencié·es. Nous avons également dû accompagner nos camarades au studio Don’t Nod face à un plan social inédit dans l’industrie vidéoludique française. Dans tant d’autres entreprises, le « dialogue social » se résume à un monologue glacial, comme par exemple à Virtuos, où le conflit est ouvert dans une entreprise qui rencontre de grands succès, mais s’arroge le droit de licencier.

Quant aux aides aux entreprises, le secteur n’est pas en reste, puisque non content de se servir au pot magique du Crédit d’impôt recherche (CIR), le jeu vidéo a son propre dispositif, le Crédit d’impôt jeu vidéo (CIJV). Ce dernier était d’ailleurs à peu près tout ce que les patrons de l’industrie avaient aux lèvres lors de leur audition à l’Assemblée nationale en mars dernier.

Que faire ?

Face à l’incurie de ces prétendus responsables, qui ne souhaitent retenir de ce terme que le pouvoir sur les autres, gouvernement comme patronat, il s’agit de montrer que nous nous élevons, pas seulement face à des mesures injustes comme ce budget indécent, pas seulement pour la défense des conquis sociaux que sont la sécurité sociale et plus largement le modèle de protection français, mais aussi pour la conquête de nouveaux droits et d’une vie digne.

Le modèle actuel est à bout de souffle et, dans un dernier râle, il souhaite tout nous prendre. À nous toustes de prendre ce qui nous a toujours appartenu : le contrôle de nos destinées.

À ce titre, le STJV appelle non seulement à se joindre aux journées de mobilisation, dont les dates du 10 septembre, née de l’initiative citoyenne à laquelle nous nous joignons avec enthousiasme, et du 18 septembre prévue par l’intersyndicale, mais aussi aux actions multiples qui vont avoir lieu entre temps et après. Ainsi, le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo appelle à la grève dans le jeu vidéo du 10 au 18 septembre.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

Comme nous le disions le premier mai : on fabrique, on produit, on décide !

La lutte paie : accord trouvé à Don’t Nod

Sur un fond gris et noir, avec un léger cadre rouge entourant le texte, en bas à gauche trois personnages de jeux Don't Nod en postures revendicatives, et en bas à droite le logo du STJV. Titre La lutte paie ! Accord trouvé à DON'T NOD : Réduction du nombre de départs Élargissement des départs volontaires Bien meilleures conditions de départ Remboursement des jours de grève

Depuis novembre 2024, les travailleurs·ses de Don’t Nod sont en lutte pour sauvegarder leurs emplois et atténuer la catastrophe sociale qu’est le plan de licenciements mis en œuvre par la direction du studio.

Nous maintenons que ce plan n’est que la tentative désespérée par la direction de remédier à ses propres errements qui ont conduit le studio dans une situation difficile. Les travailleurs·ses vont en faire les frais et se retrouvent pris en otage par le patronat qui ne donne le choix qu’entre un PSE destructeur et un avenir encore plus morose, puisqu’il est incapable de remettre en question sa gestion de l’entreprise.

Le mouvement social a culminé par la grève reconductible de près d’une centaine de travailleurs·ses du 13 au 17 janvier. La détermination des collègues à garder la tête haute et maintenir des revendications dignes a forcé la direction à ouvrir sérieusement le dialogue et arriver à un accord que nous détaillons ci-après.

Termes de l’accord

Plan initial de la direction

Le plan initial prévoyait la suppression de 69 postes, dans certaines catégories professionnelles données.

Les personnes en poste dans les catégories professionnelles visées pouvaient profiter d’un reclassement ou d’un départ volontaire en présentant un projet professionnel « solide » (nouvel emploi, création/reprise d’entreprise, formation).

Les personnes restantes à ces postes auraient ensuite été classées par des critères d’ordre afin de déterminer qui est licencié·e, s’il restait des postes à supprimer.

Tout départ aurait été indemnisé au minimum légal, c’est-à-dire à hauteur de l’Indemnité Conventionnelle de Licenciement (ICL) définie dans la convention collective SYNTEC :

  • Concernant les ETAM :
    • pour une ancienneté jusqu’à 10 ans : ¼ de mois de salaire brut pour chaque année de présence,
    • pour une ancienneté égale ou supérieure à 10 ans : ⅓ de mois de salaire brut pour chaque année de présence,
  • Concernant les Cadres :
    • pour une ancienneté inférieure à 2 ans : ¼ de mois de salaire brut pour chaque année de présence,
    • pour une ancienneté égale ou supérieure à 2 ans : ⅓ de mois de salaire brut pour chaque année de présence.

Les départs volontaires touchaient en plus une prime de 1 500€.

Ce que nous avons obtenu

En concertation avec les collègues mobilisé·es, notre délégation syndicale STJV a bataillé et a réussi à arracher :

Un élargissement des départs volontaires

La possibilité de demander un départ volontaire est ouverte à des catégories professionnelles supplémentaires, qui ne sont pas concernées par les suppressions de postes.

Cette mesure pourrait sauver jusqu’à 23 emplois en laissant partir des personnes le souhaitant, même sans être visées, évitant ainsi autant de suppressions de poste forcées.

De plus, le nombre de suppressions de postes est porté de 69 à 49 en raison des nombreuses démissions depuis l’annonce du PSE, ainsi que des ajustements du plan par la direction après observations du CSE lors de son information.

Des conditions de départ plus dignes

Toustes les salarié·es concerné·es, y compris ETAM, bénéficieront d’une ICL calculée selon les termes appliqués aux Cadres.

Elle sera accompagnée d’une indemnité supra-légale versée par l’employeur. La prime au départ volontaire est supprimée pour augmenter le montant de l’indemnité supra-légale. Nous avions pour objectif de protéger au mieux les personnes précaires et subissant plus de difficultés à retrouver un emploi, qui sont les moins sujettes à vouloir un départ volontaire.

En conséquence, tous les départs, volontaires ou forcés, seront indemnisés par la valeur la plus élevée entre les deux formules suivantes :

  • ICL (cadre) + 13 000€
  • 2× ICL (cadre)

Remboursement de la grève

Aucun jour de grève effectué entre le 13 et le 17 janvier ne sera décompté du salaire.

La caisse de grève va finir de compenser les jours grévés en novembre et décembre, la somme éventuellement restante sera reversée à la caisse nationale du STJV comme annoncé lors de sa création.

Conclusion

Nous tenons à remercier et féliciter les collègues pour leur mobilisation historique et victorieuse. Leur soutien et leur solidarité ont été exemplaires.

Tout cela n’aurait pas été possible non plus sans le travail acharné depuis 4 mois du CSE (élu sur liste STJV) et de la section syndicale STJV Don’t Nod.

Un immense merci également à toustes nos soutiens et personnes ayant contribué à la caisse de grève.

L’action collective fonctionne, c’est notre meilleure arme.

Bien sûr, ce PSE nous laisse un goût amer, et le combat continue aussi bien pour les conditions de travail des collègues qui restent que pour le futur incertain des collègues qui vont être licencié·es.

Il n’est pas et ne sera jamais satisfaisant d’assister à des licenciements. Nous espérons cependant que cette lutte posera la première pierre sur laquelle s’appuyer, si d’aventure d’autres boîtes n’en tiraient pas la leçon.

Vive les grévistes et vive la grève !

À bon entendeur

Nous le disions de Don’t Nod, nous le disons aussi de l’industrie dans son ensemble : le cirque, c’est fini. Nos efforts de conscientisation et de problématisation des violations grossières du droit du travail dans l’industrie du jeu vidéo portent leurs fruits, et la grève du 13 février l’a bien prouvé.

Nous soutiendrons les travailleurs et travailleuses dans toutes les entreprises du secteur pour obtenir de telles victoires, et d’autres plus grandes encore.

DON’T NOD – Appel à la grève à partir du Lundi 13 Janvier 2025

Appel à la grève reconductible à Don't Nod à partir du lundi 13 janvier. Sur des tons gris, un bâtiment portant le logo de Don't Nod. Devant le bâtiment, en-dessous du texte d'appel à la grève, trois personnages de jeux Don't Nod dans des postures revendicatives. Au bas à droite de l'image, le logo du STJV.

Constat sur les négociations en cours

Les négociations entre le STJV et la Direction de DON’T NOD autour du PSE n’aboutissent à aucun engagement sérieux pour les salarié·es. Malgré les efforts immenses de la délégation syndicale pour parvenir à un accord, les propositions de la direction restent insignifiantes.

Nous avons tout tenté pour négocier raisonnablement, en supposant la bonne foi de nos interlocutrices.

Aujourd’hui, la date prévue de signature de l’accord potentiel est déjà dépassée et nous n’avons toujours pas eu l’occasion d’aborder des sujets cruciaux, tels que les conditions de départ (indemnité de licenciement, prime au départ volontaire…). Les négociations ont uniquement porté sur d’hypothétiques réductions des départs forcés, desquels la direction entend garder le contrôle total, lui permettant de rester in fine très très proche de son projet initial.

Force est de constater que la Direction n’a qu’un seul objectif, gagner du temps, et ne daigne pas négocier sérieusement.

Le STJV ne signera pas un accord qui entérinerait le projet inique de la direction, même s’il porte une moustache.

Notre appel

Puisque la Direction ne semble pas comprendre les conséquences que représente son projet pour les salarié·es qu’elle voudrait faire partir, mais aussi celleux qui resteraient dans une structure désorganisée aux conditions de travail dégradées, nous appelons à une GRÈVE RECONDUCTIBLE dès le 13 janvier 2025 jusqu’à satisfaction de nos revendications.

Cette grève, votée en AG des travailleur·euses de DON’T NOD, a été massivement plébiscitée (près de 90% des voix). Nous restons soudé·es et motivé·es pour lutter contre ce plan de licenciements, et ne reculerons pas face à l’entêtement de la Direction.

Caisse de grève

Pour soutenir les collègues dans leur combat pour sauver leur emploi, nous avons mis en place une caisse de grève : https://www.stjv.fr/2024/11/mise-en-place-dune-caisse-de-greve-pour-le-mouvement-social-a-dont-nod/

Vous avez déjà été nombreux·ses à donner et à nous laisser des messages d’encouragement, merci infiniment ! <3

Notre combat ne pourra pas se faire sans votre aide.

DON’T NOD – Nouvel appel à la grève le 29 novembre 2024

Quatrième semaine de conflit social à Don’t Nod, et le PSE suit son cours avec son lot désormais hebdomadaire de reports de réunions, et de documents erronés ou non existants, pourtant essentiels au lancement d’un PSE.

La direction ne pourrait pas faire mieux si elle souhaitait encore une fois démontrer la pertinence de ce que le CSE remonte depuis des années, en vain, et de tout ce qui a été relevé dans la lettre ouverte signée par 160 de nos collègues.

APPEL À LA GRÈVE – Vendredi 29 novembre

Il est inacceptable que la direction de Don’t Nod continue de faire entrave au CSE, élu par les employé·es pour les représenter, inacceptable qu’Oskar Guilbert ne participe pas à l’intégralité des réunions de négociation, inacceptable que la direction n’ait pas encore répondu et discuté de chacun des points de la lettre ouverte. 

Inacceptable, enfin, que nous en soyons encore à discuter de ce PSE mortifère au lieu de mettre notre énergie à ce qui pourrait réellement sauver l’entreprise.

Ce que nous voulons

  • Nous exigeons que la direction de l’entreprise réponde et discute de chacun des points abordés par la lettre ouverte, avec l’ensemble des employé·es.
  • Nous exigeons le renoncement immédiat de la direction à ce plan de licenciement irresponsable et injuste.
  • Nous exigeons que les employé·es, qui sont les personnes les plus compétentes, aient désormais voix au chapitre dans toutes les prises de décision.
  • Nous exigeons la présence d’Oskar Guilbert dans les négociations, qu’il assume ses responsabilités de PDG.

Ce n’est pas un futur, mais une lente agonie pour Don’t Nod que ce plan à la découpe, qui sans remise en question de la part de la direction ne pourra que se reproduire dans les mois qui viennent. N’en déplaise à Oskar Guilbert et Julie Chalmette, Don’t Nod c’est nous, employé·es, et c’est ce n’est qu’en restant toustes ensemble que nous pourrons sauver l’entreprise.

Nous appelons nos collègues à poursuivre la mobilisation par une journée de grève ce vendredi 29 novembre.


Caisse de grève

Vous le savez peut-être déjà, nous avons mis en place une caisse de grève pour soutenir le mouvement, et en priorité nos collègues les plus précaires.

Depuis son lancement, vous avez été nombreux·ses à donner, et tout autant à nous laisser des messages d’encouragement. Cela nous est aussi nécessaire que précieux, et nous ne pourrons jamais vous remercier assez.

Cependant, la direction nous oblige à durcir le mouvement et cela ne pourra se faire sans votre générosité.

Si vous y consentez, vous permettrez à davantage de nos collègues de pouvoir lutter pour la défense de nos emplois et pour rappeler à la direction du studio que la responsabilité de ses choix de gestion stupides n’est pas à chercher du côté des employé·es.

Par avance, merci infiniment pour votre don qui a une valeur bien plus grande encore que son montant. Il participera à permettre aux employés de défendre leur emplois et nous l’espérons, d’améliorer la situation des travailleuses et travailleurs du jeu vidéo dans une industrie qui se déshumanise peu à peu. Votre don est un acte de soutien militant.

Don’t Nod : nouvel appel à la grève le 22 novembre 2024

Il y a deux semaines, 160 employé·es de Don’t Nod avaient signé et envoyé une lettre ouverte à la direction du studio. Depuis, la direction a choisi d’ignorer complètement les constats formulés, pourtant clairs.

Le PDG de Don’t Nod, Oskar Guilbert, a explicitement refusé d’aborder le sujet malgré les demandes répétées des employé·es lors d’un espace d’échange mensuel où il a préféré lire un texte écrit à l’avance à toute l’entreprise, précisant au passage que « les temps sont durs pour tout le monde ici, et moi en particulier » et rejetant toujours l’idée de participer aux réunions de négociation du PSE.

Appel à la grève ce vendredi 22 novembre

Après trois semaines de conflit social, la direction de Don’t Nod refuse donc en bloc tout dialogue avec nous, employé·es. On nous conseille à la place « d’ouvrir nos chakras », et d’être « tourné-es vers l’avenir ». Mais quel avenir, avec 69 collègues en moins et une industrie du jeu vidéo en crise ?

Julie Chalmette, Directrice Générale Adjointe, a de son côté pris la parole pour indiquer « ‘Virer des gens’, personnellement c’est un terme que je déteste. » Ça tombe bien, nous aussi !

Ce que nous voulons

  • Nous exigeons que la direction de l’entreprise réponde et discute de chacun des points abordés par la lettre ouverte, avec l’ensemble des employé·es.
  • Nous exigeons le renoncement immédiat de la direction à ce plan de licenciement irresponsable et injuste.
  • Nous exigeons que les employé-es, qui sont les personnes les plus compétentes, aient désormais voix au chapitre dans toutes les prises de décision.
  • Nous exigeons la présence d’Oskar Guilbert dans les négociations, qu’il assume ses responsabilités de PDG.
  • Nous l’avons dit, et la direction nous le démontre par son incapacité même à se remettre en question : ce projet de PSE est absurde, violent, et ne permettra pas de sauver l’entreprise.

Nous appelons nos collègues à poursuivre la mobilisation par une journée de grève le vendredi 22 novembre.

Caisse de grève

Contrairement à notre employeur, nous ne pouvons pas faire payer nos dettes par d’autres. C’est la raison pour laquelle nous faisons appel à la générosité de ceux et celles qui souhaitent nous soutenir en contribuant à notre caisse de grève.

Ainsi, nous avons mis en place une cagnotte en ligne.

Si vous y consentez, vous permettrez à davantage de nos collègues de pouvoir lutter pour la défense de nos emplois et pour rappeler à la direction du studio que la responsabilité de ses choix de gestion stupides n’est pas à chercher du côté des employé·es.

Afin de procéder en toute transparence voici la manière dont nous souhaitons utiliser cet argent :

  • Pour les personnes précaires qui demandent le soutien de la caisse de grève, il sera compensé leur salaire net par jour de grève (jusqu’à un maximum de 100 €/jour de grève)
  • Pour le cas plus général, nous répartirons équitablement les montants soulevés au pro rata des jours de grève déclarés (toujours dans la limite de 100 €/jour de grève)
  • Les jours de grève sont déclaratifs, nous n’imposons pas à quelqu’un de réclamer le montant maximum
  • Si le montant était trop faible, le STJV peut abonder la caisse de grève pour garantir un montant décent à toustes
  • Si à la fin du mouvement de grève des fonds restaient après répartition, ceux-ci seront reversés à la caisse de grève nationale du STJV pour servir à d’autres mouvements sociaux dans le futur

Par avance, merci infiniment pour votre don qui a une valeur bien plus grande encore que son montant. Il participera à permettre aux employés de défendre leur emplois et nous l’espérons, d’améliorer la situation des travailleuses et travailleurs du jeu vidéo dans une industrie qui se déshumanise peu à peu. Votre don est un acte de soutien militant.

Mise en place d’une caisse de grève pour le mouvement social à DON’T NOD

La direction du studio DON’T NOD procède actuellement à ce qu’on appelle cyniquement un Plan de Sauvegarde de l’Emploi. Dans la pratique ça veut dire qu’elle a décidé de virer près d’un tiers de nos collègues. Cette même direction a été avertie à de très nombreuses reprises par la représentation du personnel que sa gestion de l’entreprise allait amener à une catastrophe. Maintenant que la catastrophe est là, leur réponse est de faire payer l’addition aux employé·es. Face à cette situation inacceptable, les travailleurs et travailleuses de DON’T NOD se sont déjà mobilisé·es par un débrayage le lundi 28 octobre et une journée de grève le vendredi 8 novembre et souhaitent continuer à lutter pour conserver leurs emplois.

Cependant, et contrairement à l’employeur, celles et ceux qui travaillent pour fabriquer les jeux ne peuvent pas faire payer leurs dettes par d’autres. C’est la raison pour laquelle nous faisons appel à la générosité de ceux et celles qui souhaitent nous soutenir dans notre lutte et permettre de pouvoir continuer à lutter en contribuant si vous le souhaitez à notre caisse de grève. Si vous y consentez, vous permettrez à davantage de nos collègues de pouvoir lutter pour la défense de nos emplois et pour rappeler à la direction du studio que la responsabilité de ses choix de gestion stupides n’est pas à chercher du côté des employé·es.

Pour participer à la caisse de grève, nous avons mis en place une cagnotte en ligne :

Utilisation de la caisse de grève

Afin de procéder en toute transparence voici la manière dont nous souhaitons utiliser cet argent :

  • Pour les personnes précaires qui demandent le soutien de la caisse de grève, il sera compensé leur salaire net par jour de grève (jusqu’à un maximum de 100 € par jour de grève)
  • Pour le cas plus général, nous répartirons équitablement les montants levés au pro rata des jours de grève déclarés (toujours dans la limite de 100 € par jour de grève)
  • Les jours de grève sont déclaratifs, nous n’imposons pas à quelqu’un de réclamer le montant maximum
  • Si le montant était trop faible, le STJV peut abonder la caisse de grève pour garantir un montant décent à toustes
  • Si à la fin du mouvement de grève des fonds restaient après répartition, ceux-ci seront reversés à la caisse de grève nationale du STJV pour servir à d’autres mouvements sociaux dans le futur