Depuis le 20 mai 2026, la section syndicale Quantic Dream est sur le pied de guerre pour défendre du mieux possible les salarié·es de l’entreprise face à un abject plan de licenciement, visant un quart des salarié·es.
Après un simulacre de négociations, des pressions de toute part et des tentatives de coercition, nous avons tenu bon et avons été en mesure de signer un accord le jeudi 27 août 2026. Nous ne pouvons ni nous en réjouir, ni appeler cela une victoire. Toutefois, par rapport au plan initial de la Direction, qui était tout simplement insultant et inique, nous avons fait d’énormes progrès, grâce à une mobilisation sans faille de nos camarades et collègues.
Nous allons revenir en détail sur l’historique de cette période sociale mouvementée, mais d’abord observons les mesures obtenues par rapport à celles qui étaient initialement proposées.
Synthèse des mesures obtenues
| Mesure | Proposition initiale | Après négociation |
|---|---|---|
| Prime supra-légale (départ contraint) | 5 000 € | 35 000 € |
| Prime supra-légale (départ volontaire) | 10 000 € | 35 000 € |
| Recherche d’emploi | 1 000 € | 5 000 € en France métropolitaine 7 000 € dans les DROM-COM et à l’étranger |
| Déménagement | 1 500€ | 5 000 € en France métropolitaine 10 000 € dans les DROM-COM et à l’étranger |
| Création ou reprise d’entreprise | 10 000€ | 10 000€ 15 000€ par salarié·e, pour une structure montée par plusieurs salarié·es licencié·es |
| Formation dans le cadre d’un projet d’entreprise | 1 500€ | 5 000€ |
Nous avons obtenu de nombreuses mesures en plus de celles qui étaient proposées initialement :
- Budget de formation dans le cadre d’une recherche d’emploi, une obligation légale qui ne figurait même pas dans le plan initial :
- 3 000€ pour une VAE (validation des acquis de l’expérience),
- 8 000€ pour une formation d’adaptation,
- 12 000€ pour une formation de reconversion ;
- Mutualisation de tous les budgets des mesures d’accompagnement (possibilité de dépasser le maximum s’il y encore du budget) ;
- Remboursement des prêts étudiants des salarié·es de moins de 36 ans, à hauteur de 5 000€ ;
- Dans le cadre d’un PSE, les salarié·es licencié·es ont la possibilité de bénéficier d’un régime spécial nommé CSP (contrat de sécurisation professionnelle). Dans le cas où la personne a au moins un an d’ancienneté, elle peut bénéficier de l’ASP (allocation de sécurisation professionnelle), correspondant à 75% de son salaire brut. À moins d’un an d’ancienneté, c’est l’ARE (allocation de retour à l’emploi) qui est versée, correspondant à 57% du salaire brut. Nous avons obtenu que la Direction paie la différence pour toustes les salarié·es concerné·es ;
- Reversement du reliquat des mesures d’accompagnement aux employé·es à l’issue des 12 mois du CSP ;
- Des mesures renforcées pour les salarié·es fragiles (+30% sur les budgets de formation), avec une définition de salarié·es fragiles que nous avons réussi à grandement élargir ;
- 25 départs volontaires de substitution (mécanisme qui permet de prendre un départ volontaire dans une catégorie non impactée si une personne dans une catégorie impactée peut prendre le poste) ;
- 20 départs volontaires de solidarité (mécanisme qui permet de prendre un départ volontaire dans une catégorie non impactée pour sauver une personne qui aurait été impactée par le plan) ;
- Remboursement de tous les jours de grève ;
- Intégration des personnes licencié·es dans les crédits du jeu ;
- Paiement des actions qui étaient dépendantes de la présence des employé·es dans l’entreprise à fin décembre.
Limites de l’accord
Il nous faut toutefois signaler que, bien que nous ayons signé, nous avons de vifs désaccords sur certains points.
Nous sommes notamment convaincu·es que ce plan n’améliorera pas la situation de l’entreprise car la Direction, de ses propres aveux, est incapable de prévoir quoi que ce soit. Nous avons passé trois mois à demander l’organisation cible suite à la réorganisation engendrée par ce PSE, chose qu’elle a été incapable de fournir.
« Le staff plan change quasiment tous les jours », nous dit-elle. Nous ne sommes pas étonné·es du développement particulièrement compliqué que subit Star Wars Eclipse quand Guillaume de Fondaumière est incapable d’organiser son entreprise et quand David « Cage » de Gruttola change d’avis chaque matin en tant que Directeur Créatif.
Le rapport d’expert ne dit pas autre chose : il y est montré que, à chaque niveau de l’entreprise, une culture de « l’itération » poussée à l’extrême cause des risques psycho-sociaux à l’immense majorité des employé·es. Une culture qui « fait partie de l’ADN du studio » selon ses dirigeants. Le crunch et le burn-out aussi, apparemment. Plutôt que de regarder la vérité en face, la direction cherche à tout prix à ne pas payer le cabinet d’expertise, et lui demande des informations personnelles très précises sur chacun·e de ses salarié·es, contestant le métier qu’iels exercent.
Par ailleurs, certains documents n’ont jamais été fournis ni au CSE, ni aux organisations syndicales, ni à la DRIEETS (Direction régionale interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) qui les demandait. La direction a-t-elle des choses à cacher sur son incompétence organisationnelle ?
Faute d’une quelconque vision pour le futur de l’entreprise, faute de documents prouvant une quelconque soutenabilité, le CSE a rendu un avis défavorable. En tant que section syndicale, nous soutenons cette analyse : les développements chaotiques de Spellcasters Chronicles et de Star Wars Eclipse ne vont pas magiquement s’améliorer, au contraire. Cela fait déjà plus de trois mois que les équipes de Spellcasters n’ont aucun travail, l’employeur faillissant explicitement à ses obligations. Entre cela et le risque de licenciement qui plane sur les équipes de Star Wars, il nous apparaît bien difficile d’atteindre des conditions de travail ne serait-ce qu’acceptables au sein de l’entreprise. Voir ses collègues se faire licencier, des équipes décimées qui ne pourront plus répondre aux besoins d’autres équipes, cela va créer de lourdes tensions inévitables, que nous déplorons d’avance.
Au milieu de tout cela, la Direction réfute tout risques psycho-sociaux, considérant le rapport d’expert comme biaisé en faveur des employé·es. Pire encore, la Direction reproche aux experts de ne pas faire le travail qu’elle aurait dû elle-même faire, notamment sur le report de charges (du travail des personnes licencié·es vers les personnes qui restent). Encore une preuve qu’elle navigue à l’aveugle. Pas étonnant, vu que David « Cage » de Gruttola se compare à Christophe Colomb en réunion d’équipe…
Et quand elle fournit des documents, il faut voir leur qualité : on a notamment eu un benchmark censé prouver qu’Eclipse se vendrait suffisamment pour rembourser la dette colossale auprès de NetEase. Dans celui-ci figure uniquement une dizaine de jeux à succès sans cohérence, qui se sont bien vendus, avec quelques mots pour expliquer le rapport avec Star Wars Eclipse. Ce document omet même magiquement les jeux Star Wars qui ne se sont pas bien vendus. Et nous sommes censés leur faire confiance…
Un autre élément qui nous pose un problème majeur est la définition des catégories professionnelles. Elles ont été établies à la base de manière illicite en ciblant explicitement les équipes de feu Spellcasters Chronicles. Si elles ont été remaniées, les livres présentaient en toute illégalité les postes impactés jusqu’à une semaine avant la signature… Malheureusement, nous n’avons pas réussi à les faire correspondre à la définition jurisprudentielle. Notre objectif étant de limiter les départs contraints, notre stratégie a été d’ouvrir au maximum les départs volontaires.
Nous avons donc aujourd’hui sur 95 suppressions de postes, soit 91 licenciements et 4 postes vacants, avec :
- 24 postes en reclassement ;
- 91 départs volontaires potentiels pour les postes impactés (nombre qui sera évidemment bien inférieur) ;
- 25 départs de substitution ;
- 20 départs de solidarité.
Nous espérons qu’avec les départs volontaires et les reclassements, le nombre de départs contraints sera réduit au maximum. Nous avons sondé les salarié·es et avons connaissance d’un nombre conséquent de personnes en souffrance au sein de l’entreprise qui souhaitent la quitter : c’est également ce qui nous a poussé sur cette voie.
Il faut également noter que malgré les affirmations de la Direction, il n’y a eu aucune baisse du nombre de postes supprimés.
Pourquoi avoir signé dans ce cas ? C’est une question légitime. Tout d’abord parce que le risque d’un passage en force de la Direction aurait été au détriment des salarié·es. Elle nous l’a répété en négociation de nombreuses fois : elle ne se plierait qu’aux volontés minimales de la DRIEETS, pénalisant doublement les salarié·es impacté·es par les licenciements. L’exemple le plus flagrant : elle aurait réduit de 20 000€ l’indemnité supra-légale pour la ramener à 15 000€.
L’autre raison, c’est la coercition et la déloyauté permanente de ces négociations. Éléments que nous détaillons dans l’historique ci-après.
Historique d’un PSE d’une terrible brutalité
Le 20 mai 2026, la Direction a annoncé sans préavis l’établissement d’un « plan de sauvegarde de l’emploi », un plan de licenciement économique visant un quart des travailleureuses de l’entreprise en France, et une vingtaine de nos collègues à Montréal.
Alors que, en tant que syndicat majoritaire dans l’entreprise, nous essayions simplement d’avoir une négociation normale (c’est-à-dire proposer des mesures, et en attendre des contre-propositions, plutôt que se faire entendre dire « non » en permanence), la Direction a traité notre méthode de perverses, et même de fasciste… Venant d’une entreprise qui voulait censurer un affichage contre l’extrême-droite dans notre panneau syndical, c’est cocasse. C’est en tout cas un bon exemple du ton féroce employé par la Direction durant ces trois mois.
Une communication d’entreprise sous forme de harcèlement généralisé
Nous n’avons pas été les seuls insulté·es par la Direction. Nos collègues en ont aussi directement fait les frais. Plutôt que d’avoir une communication ouverte et compatissante face à la situation difficile que représente la perte de son emploi dans un secteur qui ne recrute plus, Guillaume de Fondaumière et David « Cage » de Gruttola ont préféré asséner les salarié‧es de mails infâmes. Florilège :
- Guillaume de Fondaumière a accusé le CSE de provoquer des risques psycho-sociaux car les représentant·es du personnel ont informé les salarié‧es sur la première proposition de la Direction, pour ne pas les laisser dans le noir. Il est même allé jusqu’à menacer les représentant·es du personnel de poursuites judiciaires devant l’ensemble des salarié·es ! Menaces réitérées jusqu’au harcèlement par un second mail de Guillaume de Fondaumière et un autre de David « Cage » de Gruttola extrêmement hostile envers les membres du CSE.
- Dans ce même mail, la Direction indiquait accepter les candidatures aux postes de reclassement, mettant la charrue avant les bœufs pour essayer de couper l’herbe sous le pied au CSE et aux organisations syndicales, et créant au passage de l’incertitude, de l’incompréhension et du stress dans les équipes, qui ne savaient même pas si elles étaient concernées ou non à ce stade.
- Seulement 9 jours après l’annonce du plan de licenciements, David « Cage » de Gruttola a envoyé un long mail à l’ensemble des salarié·es pour s’offusquer de leur « ingratitude », et se défausser entièrement de toute responsabilité. Son ego n’a pas supporté d’avoir été visé par la colère des employé·es qui imputent, à juste titre, l’échec de Spellcasters à la Direction Créative qu’il dirige. Plus tard, nous apprendrons même que la Direction considère que l’échec des Spellcasters a pour principale cause les soi-disant retards des équipes… à qui la faute, lorsqu’on est dirigé·es par des girouettes incapables de se décider ? Dans ce mail il expliquait qu’Eclipse est un jeu « exceptionnel », et que les futur‧es licencié‧es devraient être reconnaissant d’avoir eu l’opportunité d’obtenir un emploi au sein de Quantic Dream. Un niveau de mépris à vomir, alors que le choc de l’annonce du PSE était encore frais.
- Suite à cela, David « Cage » de Gruttola, apparemment peu occupé par les productions en cours et la gestion de l’entreprise, s’est amusé à envoyer régulièrement des messages aux équipes d’Eclipse pour affirmer dans le vent que tout va bien, alors que la défiance augmentait considérablement au sein de l’entreprise. Il n’a jamais eu un mot pour les personnes visées par le licenciement et les équipes de Spellcasters dont il se fiche éperdument.
- Guillaume de Fondaumière a enchaîné les mails en hallucinant des accords imaginaires que le STJV aurait soi-disant signé chez Spiders, en comparant Quantic Dream à Don’t Nod pour justifier de proposer un accord en deçà de celui d’une entreprise qui était en très grande difficulté, en critiquant le coût du cabinet d’expert mandaté par le CSE (pourtant bien inférieur à la rémunération d’un patron d’entreprise de la taille de Quantic Dream), en mentant sur les documents transmis (certains ne seront au final jamais transmis, alors même que la DRIEETS les demandait)… Il s’est permis d’aller jusqu’à commenter notre action syndicale, ce qui constitue une entrave illégale manifeste, critiquer les articles de presse, la grève et les grévistes… Toujours sans aucune once de compassion pour les personnes qu’il licencie froidement.
- Au bout de deux mois de procédure, Guillaume de Fondaumière a enfin fait mine de vouloir répondre aux questions des employé·es. Pour cela, il leur a laissé à peine trois jours, en pleine période de vacances, pour envoyer des questions à la Direction… avant de largement réécrire ces questions sans consulter les salarié‧es les ayant envoyées. Les réponses sont un gloubi-boulga flou, produit à la va vite, qui mélange des éléments légaux à la pertinence douteuse avec des critiques à peine dissimulées des syndicats. La Direction y passe plus de temps à essayer de racheter son image qu’à répondre aux inquiétudes concrètes des travailleureuses. Ce sera la seule et unique fois que les salarié·es recevront des « réponses » de la part de la Direction.
Des avancées jusqu’à la dernière minute, grâce à la mobilisation des travailleureuses
Après plusieurs réunions improductives, durant lesquelles nous avons dû improviser des cours de droit du travail à une Direction bien ignorante sur le sujet, nous avons organisé une journée de grève nationale le 25 juin 2026. Cette mobilisation, et la couverture médiatique qui a suivi, ont forcé la Direction à arrêter de camper sur ses positions : dans la foulée, elle a envoyé une longue communication aux salarié·es pour expliquer qu’elle était en position de force… tout en commençant à s’ouvrir à nos revendications. Et ce timing n’est pas qu’une coïncidence : chaque mobilisation d’importance a fait avancer nos revendications, notamment à la fin de la procédure où la grève reconductible d’une semaine a drastiquement fait avancer nos demandes.
Il nous faut adresser un vif remerciement à nos collègues qui, malgré la chaleur harassante, la fatigue et la période de vacances, nous ont suivi tous les jeudis après-midis pour des débrayages pendant près de trois mois. La mobilisation a été constante avec une centaine de personnes tous projets confondus, soit un quart de l’entreprise en mobilisation permanente, sur place ou à distance. C’est cette force collective qui nous a permis de tenir sur la durée et d’en arriver là.
Nous regrettons cependant que le STJV ait été seul, tout au long de la procédure, à organiser la mobilisation sociale qui a permis d’obtenir des avancées pour les salarié‧es qui seront licencié‧es. La section syndicale et les élu·es CSE de FO ont explicitement refusé de se joindre à la grève, et ont fait des communication démotivantes auprès des salarié‧es.
Il faut aussi prendre en compte que, même si le STJV est le syndicat majoritaire de l’entreprise, nous avons perdu un nombre conséquent d’élu·es durant la mandature en cours. Nous ne sommes donc pas aligné·es avec la majorité des élu·es du CSE en place, ce qui a limité notre marge de manœuvre sur des questions comme les catégories professionnelles. D’autant plus que le CSE, rappelons-le, a été menacé et muselé par la Direction dès le début de procédure.
Nous avons pu avancer considérablement sur la fin, et nous nous attendions même à enfin avoir des négociations apaisées, mais il n’en fut rien. Comme une cerise sur le gâteau, la dernière réunion de négociation n’en était pas une. Plutôt que de prévoir un créneau en bonne et due forme, la Direction nous a invité à une « relecture finale » d’une petite heure, nous incitant très fortement à signer un accord en l’état, alors que nous avions encore de nombreuses revendications. Nous avons tenu bon, et avons réussi à faire évoluer considérablement l’accord, malgré les pressions de toute part.
Pour que vous vous rendiez bien compte :
- Dimanche, la section syndicale FO poste un message sur le réseau de l’entreprise pour informer les salarié‧es qu’elle considère l’accord parfaitement acceptable en l’état ;
- Lundi, Guillaume de Fondaumière envoie un mail à l’ensemble des employé·es reprenant pour la première fois, après des mois de procédure, l’état actuel des négociations et explicitant ouvertement que les mesures les plus favorables seraient supprimées si nous ne signions pas ;
- Mardi matin, lors de notre prise de parole initiant notre grève pour la dernière journée de négociation (ou de « relecture »…), des membres du CSE informent les salarié·es présent·es que NetEase menace de fermer Quantic Dream si nous ne signons pas d’accord ;
- La Direction réitère cette menace une heure plus tard lors de la réunion, en nous faisant lecture d’un mail de NetEase qui est très explicite à ce sujet.
Nous avons considéré que, si cette menace est effectivement réelle et non pas une stratégie de négociation, il était du devoir de la Direction de céder à nos revendications pour permettre la signature d’un accord. Nous avons eu raison, puisque nous avons ainsi pu obtenir des avancées significatives, notamment sur les départs volontaires.
Conclusion et perspectives
De nombreuses directions ont eu l’idée lumineuse de vendre leur studio à des groupes qui les méprisent pour s’acheter un nouveau manoir et quelques voitures de luxe, à défaut d’une dignité. Avec des effets exceptionnels : fermetures de studios (Spiders, Big Bad Wolf, Midgar Studio…), destruction de centaines d’emplois (Kylotonn, Quantic Dream…), et maintenant menaces directes sur l’existence de Quantic Dream. Le tout avec les budgets de productions qui explosent, les conditions de travail qui se dégradent et la qualité des jeux produits en baisse. Il n’est juste pas envisageable d’avoir un emploi dans de bonnes conditions… Alors que les employeureuses se tordent le cerveau pour essayer d’expliquer que notre action syndicale détruit les emplois, nous réaffirmons que ce sont bien leur incompétence et leurs choix qui mènent nos entreprises droit dans le mur.
À Quantic Dream, nous avons refusé de plier du début à la fin de la procédure. Quand la Direction nous expliquait être contrainte financièrement par NetEase, son unique actionnaire qui a fait un bénéfice net de plus de 5 MILLIARDS de dollars en 2025, nous avons expliqué que nous ne signerions jamais un accord qui ne prenait pas cela en compte, et l’avons forcé à négocier régulièrement cette enveloppe à la hausse.
La mobilisation constante à travers l’entreprise a été déterminante, preuve de l’importance du mouvement social et de l’action syndicale. Nous avons dû faire le travail de la Direction en informant régulièrement nos collègues sur l’évolution de la procédure, sur l’état des négociations, sur les conditions de départ, sur les procédures légales… Pendant que la Direction essayait activement de maintenir les salarié‧es dans l’ignorance et l’angoisse.
Même si nous ne pouvons pas considérer qu’un accord sur des licenciements soit une victoire, nous avons l’ambition que les conditions de cet accord inspirent les travailleureuses dans d’autres entreprises et constituent une base minimale à respecter pour tout employeureuse souhaitant s’engager dans une procédure de PSE dans le jeu vidéo.
Nous avons également une pensée pour nos camarades de Montréal, où une vingtaine de nos collègues ont été licencié·es en juillet. Le droit du travail canadien étant bien moins protecteur, leur situation est d’autant plus compliquée, et bien que nous ne les représentons légalement pas, nous leur apportons tout notre soutien. Nous encourageons les travailleureuses du jeu vidéo à se syndiquer et à défendre leurs droits quel que soit leur pays, leur nationalité, leur métier, leur statut ou leur entreprise.
Au sein de Quantic Dream, nous continuerons à lutter pour obtenir des conditions de travail décentes, et pour forcer la Direction à enfin avoir une vraie stratégie d’entreprise, qui va au-delà de NetEase et de la sortie de Star Wars Eclipse, et assure que le studio existera encore après la production en cours.
Grâce à la solidarité entre travailleureuses et au soutien sans faille de nos collègues, nous ne lâcherons rien pour améliorer cette industrie.
