Mesures sanitaires : nous protéger collectivement, en dépit du gouvernement

D’autres que nous ont très bien exposé les problèmes de fond posés par la mise en place du « pass sanitaire » par le gouvernement : voir notamment cette tribune, ou les communiqués de la CGT, de l’Union Solidaires et de l’Union Communiste Libertaire. Au-delà des mesures elles-mêmes, il y a une méthode de gouvernance inacceptable qui consiste à annoncer sans débat, à faire voter sans négociation et à imposer sans justification, détruisant un des fondements d’une démocratie : la séparation des pouvoirs.

Ses justifications, le gouvernement ferait bien de les revoir car, derrière ses discours rassurants sur la situation sanitaire, il y a de réels problèmes voire des incohérences profondes. Son empressement à revenir « à la normale », mû comme souvent par des volontés électoralistes, l’amène à mentir pour laisser entendre que la vaccination est une sorte de baguette magique mettant fin à l’épidémie pour les personnes vaccinées.

Si les bénéfices (réduction significative des risques pour soi et pour les autres, et à terme participation à l’éradication du virus) de la vaccination sont immenses et incontestables, elle ne protège pas à 100% et n’empêche pas complètement de se contaminer ou de contaminer les autres. Le vaccin n’est donc pas une solution individuelle mais collective.

C’est pourquoi il est important que le plus grand nombre d’entre nous se fasse vacciner, non pas pour suivre le gouvernement dans son idéologie individualiste mais pour notre santé à toutes et à tous. La campagne du gouvernement est tissée de mensonges et favorise de manière disproportionnée les populations aisées, comme toutes ses politiques. Agissons de manière autonome pour construire une couverture vaccinale capable de protéger tou‧tes les travailleur‧ses !

N’oublions pas non plus que derrière cette gestion calamiteuse de la pandémie et de la campagne de vaccination, le gouvernement a la volonté de relancer des réformes tout aussi néfastes pour les travailleuses et travailleurs, en particulier sur la gestion du chômage et les retraites. Il est hors de question qu’après avoir fait moins que le strict minimum dans la gestion de la pandémie, Emmanuel Macron se pique d’imposer ces réformes injustes, injustifiées et rejetées en masse.

Devant l’absence de clarté du gouvernement qui, par exemple, a annoncé en grande pompe la possibilité de licencier un salarié sans pass sanitaire alors que celle-ci a bien heureusement été retirée de la loi votée, le STJV continuera d’aider et de protéger les travailleuses et travailleurs qui en ont besoin. Dans le contexte actuel, cela implique de rappeler les faits suivants (en complément de ce que nous rappelions déjà au début de l’été) :

  • Le télétravail reste une solution pratique, efficace et éprouvée par plus d’un an de crise sanitaire. Les métiers du jeu vidéo, dans leur ensemble, y sont très propices. Les entreprises du milieu du jeu vidéo doivent continuer à y recourir jusqu’à ce que la situation sanitaire permette réellement de relâcher les mesures prises.
  • L’application des mesures sanitaires (désinfection et aération des locaux, distanciation physique, protection par le port du masque durant toute la journée de travail) est indispensable et obligatoire si la présence physique au bureau est nécessaire. Le renouvellement minimal de l’air peut aussi être contrôlé (capteurs de CO2) et dans les lieux peu ou pas aérés, des dispositifs de filtration de l’air (norme HEPA) peuvent être installés et régulièrement changés pour diminuer les risques.
  • La possibilité de suspendre le salaire pour absence de pass sanitaire pour les personnes travaillant dans un endroit où il est requis (et donc PAS dans les entreprises produisant des jeu vidéo !) est une aberration, d’autant plus que le rythme de vaccination actuel ne permet pas à toutes et tous d’être vacciné au jour d’entrée en vigueur du pass sanitaire. Nous nous opposerons fermement à tout patron qui utiliserait cette mesure, d’autant plus quand d’autres solutions existent. La suspension de salaire est une sanction brutale et inacceptable, et est tout simplement à proscrire.
  • Le parlement a enfin entériné, dans l’article 17 du texte voté, l’autorisation pour les salariés d’aller se faire vacciner sur les horaires de travail, sans diminution du salaire ou des droits aux congés. Il n’y a donc plus aucune excuse possible à ce niveau, et nous serons intraitables face à toute entreprise qui s’opposerait à l’exercice de ce droit.

Quoi qu’il en soit, le STJV continuera de surveiller l’application des mesures gouvernementales et l’attitude générale des entreprises du secteur. Nous restons toujours à la disposition de celles et ceux qui auraient besoin de notre aide, ou auraient des questions sur leur situation ou celle de leur entreprise. N’hésitez jamais à nous contacter à contact@stjv.fr