Appel à la grève dans le jeu vidéo pour le 17 septembre 2020

L’épidémie de Covid-19 qui nous touche depuis février, et les mesures nécessaires pour la contenir comme le confinement, ont imposé une période d’accalmie dans les luttes sociales. Mais le gouvernement ne s’est pas calmé dans sa volonté de détruire les protections sociales qui nous protègent toutes et tous.

Au contraire, l’épidémie sert d’excuse à attaquer le Code du Travail, ouvrant la porte à l’aggravation des conditions de travail de toute la population et précarisant encore plus les travailleureuses. Notre industrie étant prompte à faire usage de contrats précaires, les travailleureuses du jeu vidéo risquent d’être touché de plein fouet.

De plus, aucune mesure n’a été engagée par l’état pour restreindre les parts allouées aux actionnaires dans les entreprises, pour sécuriser la trésorerie des entreprises et les forcer à investir directement dans l’économie. Malgré la crise sanitaire et économique, les versements de dividendes n’ont pas montré signe de ralentissement. Cela risque fortement de se traduire par des licenciements de masse dans de nombreux secteurs.

Il ne faut pas se faire d’illusions : le jeu vidéo, dont les ventes ont connu un rebond au début du confinement, n’est pas à l’abri. Les cycles de production et de financement de notre industrie peuvent temporiser les retombées de la crise mais, à terme, ne les éviteront pas.

À tout cela s’ajoutent des aides d’état, via des subventions et un « plan de relance » récemment dévoilé, qui vont massivement venir financer des entreprises en ignorant les travailleureuses sans emploi et/ou sans contrats.

Pour ne pas faire face à la crise seul·es, nous devons nous serrer les coudes et nous mobiliser, entre travailleureuses de notre industrie mais aussi avec celleux de tous les autres secteurs.

Le STJV rejoint donc les organisations syndicales appelant à la grève le 17 septembre, et appelle les travailleureuses, chômeureuses, étudiant·es du jeu vidéo à se mobiliser dans leurs entreprises, dans les assemblées générales et les manifestations qui auront lieu partout en France, pour demander :

  • Une augmentation des salaires et des minima sociaux
  • Un renforcement des moyens pour la fonction publique et dans les entreprises publiques, en particulier les hôpitaux et les services sociaux
  • L’extension et le renforcement de la sécurité sociale et du système de retraites
  • L’arrêt des privatisations
  • La réduction du temps de travail
  • La sécurité pour toutes et tous au travail
  • La fin de l’utilisation des contrats précaires et la régularisation des travailleureuses précaires et sans papiers

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, de distribution, de service et/ou de création de jeu vidéo ou matériel pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le type de production de sa société (jeux consoles, PC, mobile, serious games, expériences VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, consoles de jeu, streaming, etc.), ainsi que tout·es les enseignant·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec la production vidéoludique. Pour toutes ces personnes, et puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler les jours où vous souhaitez faire grève.