Lutte contre le projet de réforme des retraites : on fait le bilan (provisoire)

Le 5 Décembre dernier, le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo publiait, dans le cadre de la lutte contre le projet de réforme du système de retraite, le premier appel à la grève national de son histoire. Le 1er Janvier, nous avons publié un deuxième appel qui a été reconduit jusqu’au 23 Février, soit pendant 54 jours.

C’est, à notre connaissance, la première fois que l’industrie du jeu vidéo se mobilise de telle manière dans un combat politique national. Et cette mobilisation est bien supérieure à nos espérances. Nous avons pu recenser plusieurs centaines de jours de grèves ; jours qui ont permis aux travailleur·se·s de l’industrie de s’organiser, de se renseigner, de se reposer, de se rencontrer et de tisser de nouveaux liens ; jours repris aux entreprises qui nous exploitent, qui profitent de nos passions.

Le STJV s’est aussi montré présent dans les manifestations avec des cortèges officiels dans toutes les grandes manifestations depuis le début du mouvement, dans 6 villes en France, et rassemblant à plusieurs reprises plus de cent personnes. Ces manifestations ont été l’occasion de rencontrer et discuter avec des syndicats d’autres secteurs, des organisations de chômeur·se·s, d’étudiant·e·s, féministes, etc. et de nous faire de nouveaux·elles allié·e·s.

La mobilisation des syndicats et de toutes les organisations de gauches nous a permis, tou·te·s ensemble, de gagner la bataille de l’opinion. La majorité des françai·se·s souhaite en effet le retrait du projet de réforme, tandis qu’une encore plus grande majorité souhaite un référendum pour décider de son retrait ou non. Pendant ce temps le gouvernement reste inflexible, refuse d’écouter le peuple et préfère s’embourber dans un processus parlementaire où même sa majorité absolue ne l’aide pas. On entend même parler de recours à l’article 49.3 de la constitution, comme si l’affront fait à la démocratie n’était déjà pas suffisamment important.

C’est le moment que nous choisissons, à la suite des autres syndicats, pour faire une pause dans la mobilisation. Plus de 2 mois de mouvement social c’est épuisant, les militant·e·s ont besoin de se reposer, de renflouer les caisses après ces jours de grève non payés. Cette pause va nous permettre de mieux préparer la suite du mouvement, mais aussi d’avancer sur d’autres sujets importants. Notamment, et pas des moindres, nous serons mobilisé le 8 Mars pour le jour de lutte internationale pour les droits des femmes. N’hésitez pas à rejoindre le STJV pour nous aider, nous avons toujours besoin de plus de bras !

Cependant, et tant que le projet de réforme n’a pas été retiré, nous devons rester vigilant·e·s et actif·ve·s. Nous appelons d’ores et déjà à une mobilisation massive le 31 Mars, et à la formation de cortèges dans toute la France sous la bannière du STJV. Nous publierons pour l’occasion un nouvel appel à la grève.