Guillaume de Fondaumière continue de maltraiter les travailleureuses de Quantic Dream

Une enveloppe de 6 millions accaparée par la Direction

Le 27 août dernier, nous avons signé à Quantic Dream, après d’âpres négociations, un accord pour le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). C’est dans ce contexte tendu, avec un dialogue social particulièrement difficile, que nous continuons les différentes NAO (négociations annuelles obligatoires), qui ont été fortement perturbées, voire mises en pause par le PSE. Parmi les négociations, il y a celle sur le « partage de la valeur ».

Durant cette négociation, l’objet qui nous préoccupe particulièrement est une enveloppe sanctuarisée de 6 millions d’euros à destination des employé·es de Quantic Dream, à Paris et Montréal. C’est une somme qui a été mise de côté suite au rachat de NetEase en 2022 et qui a été immobilisée pour permettre aux personnes rejoignant l’entreprise a posteriori d’avoir également un bonus lié à ce rachat (les personnes étant en poste à ce moment-là ayant reçu des actions dans ce cadre).

Le 5 août, en plein pendant le PSE, nous avons eu une NAO « partage de la valeur ». Lors de celle-ci, nous avions énoncé (conjointement avec Force Ouvrière, l’autre syndicat présent au sein de l’entreprise) notre souhait que cette enveloppe soit distribuée cette année, avant que les licenciements ne soient effectifs. Cela fait parfaitement sens : des employé·es au sein de tous les projets de l’entreprise vont être licencié·es très prochainement. Cette enveloppe avait même été présentée comme un bonus à venir lors d’entretiens d’embauche !

Au cours de cette négociation, la Direction a indiqué être d’accord avec nos revendications. Elle nous a informé qu’elle allait se renseigner sur les mécanismes banquiers permettant de mobiliser la somme et nous faire des propositions très prochainement.

Guillaume de Fondaumière, rends l’argent !

Le 10 septembre, un mois après la dernière réunion et deux semaines après la signature de l’accord pour le PSE, nous avons eu une nouvelle réunion. Lors de celle-ci, la Direction change de ton : elle commence à nous expliquer que le PSE est derrière nous, et qu’il faut tourner la page. Les collègues même pas encore licencié·es et les équipes inquiètes de leur avenir apprécieront.

La Direction, toute rayonnante, prétend que le contenu de la précédente réunion n’était que des discussions sans engagement, et qu’elle n’avait pas à ce moment-là le mandat pour discuter de ce sujet. Une seule manière de résumer le mépris dont elle fait preuve : du pur foutage de gueule !

Elle nous explique ensuite être entièrement fermée à utiliser cette somme en 2026, avant les licenciements. Elle considère que les personnes licenciées sont déjà très grassement indemnisé·es, et qu’il faut motiver les employé·es restant·es à travailler sur Star Wars Eclipse. Comme si conserver son emploi n’était pas une motivation suffisante dans une industrie massacrée par les errances des dirigeants de nos studios.

Sa volonté est désormais de distribuer cette somme à l’issue de la sortie de Star Wars Eclipse, en cas de bénéfices conséquents sur le projet, pour les personnes encore dans l’entreprise. Que se passe-t-il si le projet ne marche pas ? Si l’entreprise ferme faute de soutien de NetEase ? S’il y a un nouveau PSE ? Nous considérons que c’est maintenant que l’entreprise doit motiver ses troupes, et non pas essayer de tendre une carotte hypothétique, qui laisserait déjà sur le carreau de nombreuses personnes.

Nous connaissons la chanson car elle est jouée par toustes les dirigeant·es d’entreprise : un objectif volontairement inatteignable pour ne jamais redistribuer l’argent aux travailleureuses.

Face au refus catégorique de la Direction de discuter du sujet, nous avons claqué la porte de la négociation. Elle refuse systématiquement de négocier les sujets qui ne l’intéressent pas, et il est temps que cela cesse.

À titre d’exemple, pour la NAO « temps de travail » (suspendue à cause du PSE) nous avions deux revendications principales : la baisse du temps de travail (nous sommes la seule entreprise française du jeu vidéo à travailler 40 heures par semaine par défaut) et la pérennisation du télétravail via un accord. Elle n’a jamais souhaité aborder ces sujets. À Quantic Dream, on appelle cela « le dialogue social apaisé ».

Le double visage de la violence

Comble du hasard, 6 millions d’euros, cela représente l’argent qu’a personnellement touché Guillaume de Fondaumière lors de la revente du studio. Bien que nous comprenons qu’il soit frustré que son acolyte David « Cage » de Gruttola s’en soit mieux sorti que lui, en ayant engrangé treize fois plus (!) d’argent, s’étant mis la coquette somme de 80 millions d’euros dans sa poche, ce n’est pas une raison de ne pas distribuer l’argent aux travailleureuses. Après, on nous explique que les licenciements étaient inévitables faute d’argent… C’est au total plus de 100 millions d’euros qui ont été distribués en 2022, et on nous explique que les derniers 6 millions devront attendre encore des années. C’est proprement inacceptable.

Le lendemain, dans une réunion destinée à remotiver les troupes, Guillaume de Fondaumière s’est permis de critiquer de manière à peine voilée nos communications syndicales, les considérant comme violentes. La bourgeoisie patronale trouvera toujours cela normal de mettre à la porte nos collègues, et violent qu’on ose s’y opposer. La vraie violence, ce n’est pas quelques employé·es énervé·es par l’impétuosité de la Direction qui ont l’outrecuidance de réagir avec un emoji de clown. C’est précisément les communications violentes de la Direction où elle attribue l’échec de Spellcasters aux équipes, bien ingrates de ne pas remercier nos chers patrons de leur avoir donné du travail (avant de les licencier froidement).

Il appelle de ses vœux à ce que chacun·e puisse travailler sereinement au sein du studio. Petit conseil : distribuer l’argent qui est dû aux travailleureuses, arrêter de les insulter régulièrement dans les communications de l’entreprise, ce serait déjà un premier pas pour que cela soit le cas. Sans compter la question des licenciements : qui peut sereinement travailler dans une entreprise quand on risque à tout moment de se faire licencier ?

Nous n’avons qu’une seule chose à dire à Guillaume de Fondaumière : le respect s’acquiert, il ne se décrète pas. Tant que le cirque patronal ne cessera pas, les travailleureuses seront en colère. Que nous soyons là ou pas, tant que vous continuerez vos actions iniques, iels seront légitimement révolté·es. D’autant plus avec des doubles discours sur NetEase, notre unique actionnaire : pendant le PSE ils sont à deux doigts de fermer le studio, deux semaines plus tard ils nous soutiennent sans réserve. Comment pouvons-nous croire la Direction de Quantic Dream quand elle se contredit de la sorte ?

À Quantic Dream, le crunch fait partie de la culture d’entreprise. Chaque fin de production a été particulièrement difficile, et toustes les travailleureuses du studios redoutent la période à venir. C’est tout logiquement qu’iels se sentent lesé·es par une Direction inconséquente et violente. Il est temps que cela cesse.

La Direction doit payer pour son ignominie

Pour toutes ces raisons, et pour nous faire entendre auprès de cette Direction qui n’en manque pas une, nous appelons à la grève reconductible à partir du mardi 15 septembre.

Nos revendications sont les suivantes :

  • que la Direction verse enfin aux employé·es concerné·es l’enveloppe de 6 millions d’euros, avant les licenciements liés au PSE ;
  • que la Direction diminue notre temps de travail sans baisse de salaire ;
  • que la Direction cesse sa communication méprisante envers les employé·es ;
  • que la Direction arrête sa discrimination syndicale permanente et sa diffamation systémique, sans quoi nous prendrons toutes les mesures légales nécessaires.

Notre caisse de grève est toujours ouverte pour soutenir la présente mobilisation et les futures à venir. Elle pourra permettre de redistribuer de l’argent aux grévistes pour limiter au maximum l’impact financier. Nous vous encourageons à la diffuser le plus largement possible.

Nous avions prévenu que nous ne nous laisserions pas faire : dont acte. Nous nous battrons aussi longtemps que nécessaire contre Guillaume de Fondaumière, David « Cage » de Gruttola et toute cette clique qui nous méprise tant.

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