Nous relayons cette lettre-ouverte des représentant·es du personnel des entreprises de Nacon à la direction du groupe.
Suite à l’annonce de BigBen Interactive de son incapacité à rembourser son emprunt obligataire, le groupe Nacon a déclaré une cessation de paiement et a demandé au tribunal du commerce de Lille à être placé en redressement judiciaire. L’audience a eu lieu le 2 mars 2026, actant l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire et nommant les administrateurices judiciaires.
Nacon a annoncé avoir consulté son CSE et semble avoir communiqué auprès de ses salarié·es direct·es, mais aucune annonce n’a été faite au niveau du groupe. Nous avons appris que l’audience avait eu lieu après les faits, en même temps que le public. Les filiales de Nacon ont jusqu’ici été tenues à l’écart, sans information, les travailleureuses devant se contenter des déclarations de dirigeant·es elleux aussi maintenu·es dans le noir et de communiqués à destination des marchés financiers.
Sans aucun moyen de communication directe avec Nacon, nous avons peur que ses filiales ne soient pas inclues dans le redressement judiciaire, et/ou ne soient pas consultées pour établir le plan de redressement.
Nous tenons à rappeler que le groupe Nacon emploie plus de 900 travailleureuses dans 6 pays. Il est le deuxième plus gros employeur de France dans l’industrie du jeu vidéo. Sa mise en redressement judiciaire est une crise majeure pour notre industrie, et doit être traitée comme telle.
Alors même que l’emploi de près d’un millier de travailleureuses est en jeu et que l’avenir des entreprises du groupe est menacé, ce silence est incompréhensible et insupportable. Il nous semble incompatible avec le respect que devrait avoir le groupe pour les travailleureuses qui produisent ses jeux.
Nous demandons de Nacon :
- Des explications détaillées sur
- les circonstances qui ont menées à ce redressement judiciaire ;
- la manière dont les alertes levées ces dernières années par les représentant‧es du personnel des filiales du groupe ont été prises en compte ou, si elles ne l’ont pas été, pour quelles raisons ;
- ce qui est envisagé à court et moyen terme, et notamment ce qui a été présenté au tribunal et a été ou sera présenté aux administrateurices judiciaires ;
- La transmission aux directions et aux représentant‧es du personnel des différentes filiales, partout dans le monde
- des informations présentées lors des consultations du CSE de Nacon ;
- du jugement du tribunal de commerce de Lille ;
- L’implication et la consultation des directions et des représentant‧es du personnel des entreprises du groupe tout au long de la période d’observation à venir, et lors de l’élaboration du plan de redressement.
Nous demandons que les représentant‧es du personnel de toutes les filiales, partout dans le monde, soient reçus par Nacon au plus vite, à la fois à distance et sur place à Lesquin.
Nous nous tenons à disposition des administrateurs judiciaires qui ont été nommé‧es, pour les aider à remplir au mieux leur mission de sauvegarde des emplois.
Nous sollicitons également l’aide des élus, notamment des élus locaux des communes et circonscriptions où des emplois et une partie de l’activité économique risquent de disparaître.
Si vous êtes représentant du personnel ou simple salarié d’une entreprise du groupe Nacon, et que vous souhaitez partager des informations et/ou être tenus au courant de la procédure, contactez les sections syndicales du groupe.
Signataires, en ordre alphabétique :
- CSE Big Bad Wolf Studio
- CSE Cyanide
- CSE Eko Software
- CSE Kylotonn
- CSE Passtech Games
- CSE Spiders
- Section syndicale STJV Big Bad Wolf Studio
- Section syndicale CGT Kylotonn
- Section syndicale STJV Kylotonn
- Section syndicale STJV Passtech Games
- Section syndicale STJV Spiders
