Triple condamnation aux prud’hommes pour Ishtar Games (groupe Nacon)

En août 2023, au moins 6 salarié·es du studio Ishtar Games (détenu par le groupe Nacon) se sont vu proposer des ruptures conventionnelles. Leur employeur proposant des indemnités inférieures au paiement d’un préavis (3 mois), 3 d’entre elleux ont refusé. Quelques semaines plus tard, iels se faisaient licencier pour « insuffisance professionnelle ».

Accompagné·es par le STJV, iels ont saisi le conseil des prud’hommes, qui a rendu ses délibérés en janvier dernier. Les 3 licenciements ont été jugés sans cause réelle et sérieuse, et donc illégaux. La société a été condamnée à payer des dommages-intérêts d’environ 7 000 € par dossier, environ 25 000 € au total, et à rembourser 1 mois d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) à France Travail.

Au regard de ce résultat, le STJV considère qu’iels ont donc eu raison de ne pas céder à la pression de la rupture conventionnelle, bénéficiant ainsi de 3 mois de préavis (au lieu de 5 semaines), de l’indemnité légale de licenciement, du remboursement à l’assurance chômage des sommes qui étaient dues par l’employeur, mais également de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

La société n’ayant pas fait appel, sa condamnation est définitive.

Nous nous félicitons de cette victoire : l’arbitraire patronal, c’est terminé. Un syndicat, des cotisations, ça sert à se défendre, défendre les autres, et ça sert à gagner.

Les jugements anonymisés sont consultables ci-dessous.

Jugement Tourcoing janvier 2026 licenciements abusifs 00
Jugement Tourcoing janvier 2026 licenciements abusifs 01
Jugement Tourcoing janvier 2026 licenciements abusifs 02

Conformément aux dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la société ISHTAR GAMES a souhaité exercer un droit de réponse sur cet article :

Conformément à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la société ISHTAR GAMES, représentée par son réprésentant légal, entend exercer son droit de réponse à l’article publié le 19 février 2026 intitulé « Triple condamnation aux prud’hommes pour Ishtar Games (groupe Nacon) ».

Cet article présente ces décisions comme la sanction de « licenciements illégaux » et suggère que la société aurait exercé des pressions sur des salariés pour les pousser à accepter des ruptures conventionnelles.

En août 2023, six ruptures conventionnelles ont été proposées, dans le respect du cadre légal : trois ont été acceptées et homologuées, trois salariés ont refusé.

Les trois salariés concernés ont ensuite été licenciés pour insuffisance professionnelle et ont saisi le Conseil de prud’hommes, invoquant notamment harcèlement moral, atteinte à la liberté d’expression, manquement à l’obligation de sécurité, risques psychosociaux, licenciement économique déguisé et conditions de rupture vexatoire.

Le Conseil de prud’hommes a écarté tous ces griefs, et conclu expressément à l’absence de pressions, et jugé seulement que l’insuffisance professionnelle n’était pas suffisamment établie, retenant des licenciements sans cause réelle et sérieuse, sans prononcer leur nullité ni les qualifier d’« illégaux ».

En qualifiant les licenciements d’illégaux et en évoquant des pressions illicites, l’article donne une vision inexacte des décisions et du comportement de la société.

ISHTAR GAMES réaffirme son attachement au respect des droits des salariés, des décisions de justice et au dialogue social, dans un contexte économique actuellement difficile pour le secteur du jeu vidéo.

Comptes
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