GG25, Grève générale du jeu vidéo : pourquoi ? pour qui ? comment ?

Pourquoi Fr

Le STJV a appelé à une grève générale du jeu vidéo en France le 13 février 2025. Voici un article pour répondre à quelques question courantes et expliquer pourquoi nous choisissons le recours à la grève.

Pourquoi la grève et pas autre chose ?

Les patron·nes ont le pouvoir total en entreprise. En pratique la loi leur permet toujours de dire non à tout, dans un certain cadre et tant qu’iels suivent les étapes légales. De plus, les salariés sont soumis à des règles édictés par les entreprises, qui peuvent les sanctionner pour beaucoup de choses, ce qui les empêche beaucoup de s’exprimer.

Cela fait des années que le STJV, et les autres syndicats présents dans l’industrie, demandent normalement au patronat des améliorations de l’industrie et de ses conditions de travail. Jusqu’ici, les patron·nes refusent toujours tout en bloc, sans même s’embarrasser de respecter la loi. À ce jour, nous n’avons obtenu aucune avancée sociale sans qu’elle soit soutenue par un mouvement de grève.

Le STJV n’appelle donc pas à la grève par plaisir, pour le folklore, mais bien parce que la grève est le seul vrai moyen légal et protégé d’exprimer son mécontentement et de faire des demandes à ses patron·nes, et ça marche.

La grève c’est l’arrêt total du travail pendant une période donnée, un moyen de refuser à continuer de produire de la valeur pour nos patron·nes tant qu’iels n’accèdent pas à nos demandes.

Pourquoi un seul jour ?

Pour qu’une grève marche de manière sûre en entreprise, il faut se mobiliser sur le long terme pour que le coût de la grève pour l’entreprise devienne supérieur aux demandes exprimées.

La grève du 13 février ne vise pas une entreprise spécifique mais l’ensemble des sociétés de l’industrie. Le but de la grève générale du 13 février est d’alerter sur le danger de mort qui pèse sur l’industrie du jeu vidéo en France, et de réclamer les changements nécessaires pour l’éviter.

Nous appelons donc à une unique journée de grève nationale pour nous regrouper et faire la démonstration de la volonté de tou‧tes les travailleur·ses, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, de ne pas laisser notre industrie agoniser sans réaction.

Nous laissons aux travailleur·ses le soin de transformer ce mouvement national en mouvement local pour défendre leurs droits partout où c’est nécessaire. Le STJV se tient à disposition pour les y aider.

Qui peut participer ?

Côté salarié·es, l’appel couvre les sociétés d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit le domaine d’activité de la société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des cursus privés en lien avec le jeu vidéo.

Mais tout le monde peut participer à la grève, pas seulement les travailleur·ses en poste salarié. Car les travailleur·ses, ce sont l’ensemble des personnes qui dépendent, dépendaient ou dépendront d’un travail pour (sur)vivre, pas seulement les salarié·es.

Étudiant·e ? Tu peux venir défendre tes futures conditions de travail et t’assurer d’avoir un emploi à la sortie de tes études et au delà.

Chômeur·se ? Améliorons l’industrie pour que tu aies la possibilité de retrouver un travail rapidement, dans de bonnes conditions, et pour t’assurer de pouvoir le garder aussi longtemps que tu le souhaites.

Freelance en salariat déguisé ? Il faut se battre pour que l’industrie n’ait plus recours à cette pratique illégale et que tu récupères tes droits de salarié‧e.

Freelance par choix ? Si rien ne change et que l’industrie s’effondre tu n’auras plus assez de clients pour vivre.

Ancien‧ne du jeu vidéo, par choix ou contrainte ? Viens soutenir l’industrie que tu as quitté pour que les problèmes que tu y as rencontré ne se reproduisent plus.

Joueur·se ? Au rythme actuel, si rien ne change la qualité des jeux ne va faire que se dégrader.

Soutien externe au jeu vidéo ? La solidarité entre travailleur·ses est ce qui permet à tout le monde de gagner de nouveaux droits. Le STJV lutte aussi pour que les travailleur‧ses du jeu vidéo soutiennent les luttes des autres industries.

Comment participer ?

Nous avons un guide pour faire grève en tant que salarié·e : La grève dans le droit privé – STJV

De manière générale, le plus important est de se rendre sur les rassemblements et événements qui seront organisés dans vos villes le 13 février. Nous organiserons autant que possible un comptage des participant‧es à la grève et aux rassemblements.

Si vous ne savez pas si quelque chose est organisé chez vous, n’hésitez pas à demander !

Si rien n’est encore prévu chez vous, essayez d’organiser quelque chose ! Même se retrouver à quelques travailleur·ses pour prendre un café le 13 février est une action importante. Profitons de cette journée pour nous retrouver, discuter de notre travail et de ce qu’on pourrait faire pour l’améliorer.

Pourquoi maintenant ?

Comme dit plus haut, cela fait des années que les travailleur‧ses essaient d’améliorer les productions et conditions de travail du jeu vidéo, et font face à des blocages. Toutes ces années, les travailleur‧ses ont anticipé tous les problèmes rencontrés, ont prévenu leurs directions, et ont même proposé des solutions réalistes pour les éviter.

Aujourd’hui, l’industrie du jeu vidéo est dans un état critique, qui menace nos emplois mais aussi l’existence de l’industrie elle-même. Nous savons qu’il y a encore d’autres catastrophes à venir sur lesquelles les directions ferment les yeux. On ne peut pas attendre le dernier moment, au bord du gouffre, pour agir.

Nous appelons à la grève maintenant pour nous compter entre travailleur‧ses, constater que nous ne sommes pas seul‧e, et envoyer un message fort d’unité, non seulement à nos patron‧nes mais aussi à nous-même. L’unité des travailleur‧ses est la seule force qui permettra d’obtenir les changements nécessaires.

Nous reviendrons sur les revendications dans de futurs articles.

Gg25test

GG25 : Appel à la grève générale de l’industrie du jeu vidéo – 13 février 2025

Fr

Fort de ses années d’expérience comme syndicat majoritaire de l’industrie du jeu vidéo, le STJV a pu dresser un bilan de celle-ci, devenue un véritable cirque patronal. Nous avons pu établir un plan d’action pour que nous, travailleur·ses du jeu vidéo, puissions améliorer durablement notre industrie.

Pour exiger que l’industrie devienne enfin mûre et stable, que les travailleur‧ses bénéficient de conditions de travail dignes et puissent avoir confiance dans l’avenir, le STJV appelle tous les travailleur‧ses et étudiant‧es à une grève générale du jeu vidéo le 13 février 2025.

Nous exigeons :

  1. Le maintien des emplois, l’annulation des licenciements et la responsabilisation des décisionnaires qui doivent se sacrifier en priorité quand leur entreprise est en difficulté.
  2. La transparence des entreprises sur leurs finances et santé économique, pour que les travailleur·ses puissent se projeter sur leur futur, et le partage des bénéfices avec elleux.
  3. La prise en compte de la santé au travail et de la vie personnelle, par la réorganisation du travail et la réduction du temps de travail.
  4. La participation directe des travailleur·ses aux prises de décision dans leur entreprise pour éviter les erreurs de leurs directions et contrôler le bon usage des financements, privés et public.

Ces revendications sont très concrètes, et viennent répondre aux décennies de mauvaise gestion des entreprises, d’opacité et de négation des souffrances des travailleur·ses. Par exemple, au moment de la publication de cet appel, les travailleur‧ses de Don’t Nod sont en grève contre un plan de licenciement causé par des années de mauvaise gestion, et d’alerte de travailleur‧ses non écoutées. N’hésitez pas à soutenir leur caisse de grève.

Si nos patron‧nes ignorent systématiquement les demandes polies, les travailleur‧ses ont pour elleux le nombre et la solidarité qui les relie. Nous devons nous organiser partout. Nous vous encourageons à aller à la rencontre de vos représentant‧es syndicaux pour en parler, à nous contacter, à organiser des actions et discussion chez vous, et à rejoindre ensemble les rassemblements qui vont s’organiser le 13 février prochain.

Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

Pour reprendre nos visuels GG25, nous avons mis à disposition un kit de presse : https://cloud.stjv.fr/s/FBSYLQ7QZcqMLcx

Nous organisons des rassemblements à Paris, Lyon, Montpellier, Annecy, Angoulême, Bordeaux, Lille, Nantes et Rennes :

  • À Paris, rassemblement à 15h place de la Bastille
  • À Lyon, rendez-vous à 9h00 au 31 Cours Emile Zola pour un itinéraire à la recherche d’un studio qui respecte le code du travail. Rejoignez nous pour la totalité, une étape ou bien prenez une pause pour discuter avec nous au moment du passage devant votre studio ! Arrêts pour des piquets de grève :
  • À Montpellier, rassemblement à 10h devant les locaux d’Ubisoft, au 85 rue Didier Daurat à Castelnau le Lez
  • À Annecy, rassemblement à 10h au 5 Rue du 27e BCA, à côté des locaux d’Ubisoft
  • À Angoulême, rassemblement à 10h devant l’ENJMIN, 138 Rue de Bordeaux
  • À Bordeaux, rassemblement à 10h devant Ubisoft Bordeaux, 15 avenue Abadie
  • À Lille, rassemblement de 12h à 14h à une table de l’Imaginarium, 99a Bd Constantin Descat à Tourcoing
  • À Nantes, RDV de 9h à 12h30 à La Centrale, coworking au 28 Bd Benoni Goullin 44200, et de 15h à 18h à La Maison Café à l’étage, 4 rue Lebrun 44000 (pas d’accès PMR)
  • À Rennes, rassemblement à 12h au coworking d’Atlangames, 3a rue de Paris
Gg25test

Plan et orientations du STJV pour améliorer durablement le jeu vidéo

Orientations Du Stjv

Contexte

À plus de 50 ans, le jeu vidéo n’est pas une industrie « jeune ». Elle reste pourtant précaire, avec des conditions de travail d’un autre âge, et sous-évoluée, faute d’avoir accumulé et fait évoluer les connaissances. L’extrême majorité des patron·nes du jeu vidéo sont des clowns à l’ego surdimensionné, n’acceptant que le contrôle totalitaire et tentant vainement de cacher leur incompétence en traitant les travailleur‧ses et les consommateur‧ices comme des enfants stupides.

La crise que traverse l’industrie du jeu vidéo actuellement est entièrement due à ces patron‧nes mais, comme le capitalisme le permet, ce sont les travailleur·ses, celleux-là même sans qui les jeux n’existeraient pas, qui perdent leur travail.

Les crises sociales et licenciements se multiplient, de Don’t Nod à Artisan Studios en passant par Ubisoft, Leikir, Spiders, Goblinz… La liste ne fait que s’allonger et les témoignages de travailleur·ses en détresse se multiplient.

Nous avons identifié dans un premier article trois grandes catégories de problème qui gangrènent l’industrie :

  • Des conditions de travail inacceptables, où les discriminations prospèrent, empêchant les travailleur‧ses de pouvoir y faire réellement carrière ;
  • La généralisation de la désorganisation, où l’absence de stratégie impacte directement la santé des travailleur·ses, la stabilité des emplois et la qualité des productions ;
  • Une indifférence complète, quand ce n’est pas une hostilité assumée, des entreprises au sujet de la santé au travail et du handicap.

Depuis sa création en 2017, le STJV met en place de nombreuses actions pour soutenir les travailleur·ses et améliorer l’industrie : soutien juridique, moral et financier, représentation en entreprise, production de données, liens avec des institutions politiques et syndicats en France et dans le monde entier…

Si le STJV a ainsi pu hisser le jeu vidéo dans les rangs des industries privées les mieux syndiquées de France, le combat reste permanent.

C’est le propos de notre conférence de presse du 16 janvier, lors de laquelle nous avons présenté les orientations du syndicat pour les prochaines années. Nous les reproduisons dans cet article.

Informer les travailleur·ses

Dans le secteur du jeu vidéo comme dans beaucoup d’autres, le patronat cherche à méthodiquement déposséder les travailleur·ses de la connaissance de leur propre industrie : les problèmes courants, nos compétences et métiers, nos droits, etc. Le STJV souhaite proposer un réel plan d’action pour former massivement les travailleur·ses du jeu vidéo à la réalité de leur industrie.

Nous souhaitons :

  • Produire plus de chiffres sur les problèmes et les conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo afin de toujours plus les objectiver.
  • Établir un référentiel des métiers du jeu vidéo crédible, par et pour les travailleur‧ses, dans le but d’établir des fiches de postes claires et de lutter contre le flou voire la désinformation active sur nos compétences et métiers, qui nuisent à nos carrières et profitent au patronat.
  • Créer plus de documentation publique sur les droits des travailleur‧ses et les obligations des employeurs, pour lutter contre les abus du patronat et former les travailleur·ses du secteur. Les patron·nes y apprendraient elleux-mêmes beaucoup de choses.
  • Établir un état des lieux du travail indépendant (« freelance« ), de plus en plus commun dans le jeu vidéo, mais dont les statuts sont mal connus et peu documentés. Il relève trop souvent du salariat déguisé, privant les travailleur‧ses de la majorité des dispositifs de protection de l’État, tout en les exposant directement à la précarité.
  • Informer les étudiant·es qui doivent connaître à la fois leurs droits spécifiques, mais aussi être davantage formé·es au droit du travail et aux spécificités de notre industrie en tant que futur·es travailleur·ses du jeu vidéo.
  • Améliorer la formation des travailleur·ses, en leur permettant notamment d’utiliser les douze jours rémunérés de congés de formation économique, sociale, environnementale et syndicale auxquels iels ont droit chaque année.
  • Faire respecter la voix, l’information et la représentation des travailleur·ses. Les instances représentatives du personnel ne sont, encore aujourd’hui, pas respectées par le patronat qui bloque toute tentative de changement et d’amélioration, laissant les travailleur·ses dans le noir. Nous encourageons ces instances à poursuivre leurs entreprises dès que nécessaire et engagerons les moyens nécessaires pour les y aider.

Sensibiliser les pouvoirs publics

Longtemps uniquement représenté par des lobbies patronaux, le jeu vidéo est resté obscur pour les pouvoirs publics, permettant au patronat de se faire arroser d’argent public en continuant à violer les droits des travailleur·ses dans une impunité totale. Le STJV veut mettre définitivement fin à cette situation en montrant le vrai visage de l’industrie aux élu·es, au CNC, à l’inspection du travail… et à toute autre institution concernée.

Nous voulons :

  • Démontrer les intérêts stratégiques de l’industrie du jeu vidéo. Entre les technologies de pointes utilisables dans des domaines sensibles, le soft power qu’elle représente, et l’hégémonie de groupes et capitaux étrangers, les pouvoirs publics doivent s’intéresser au secteur.
  • Informer les élu·es et institutions sur l’état des conditions de travail et le non-respect de la loi généralisé dans le jeu vidéo, la précarité des emplois et carrières menaçant directement la production française de jeu vidéo et sa compétitivité internationale à court et moyen terme.
  • Informer les élu·es et institutions sur les aides publiques utilisées dans le secteur du jeu vidéo, leur répartition et leur utilisation réelle. Iels doivent pouvoir mesurer l’intérêt réel de ces aides et les travers de leur usage actuel, pour leur permettre de mieux cadrer leur action politique.
  • Informer les élu·es et institutions sur les filières d’études jeu vidéo, publiques et privées, dont beaucoup bénéficient d’aides publiques. L’hégémonie des grands groupes privées et leur influence sur les conditions d’études, où prix élevé, niveau d’enseignement médiocre et entretien d’omertas sont tout autant une menace pour l’industrie.

Réorganiser les productions de jeu vidéo

La désorganisation et l’absence de stratégie des entreprises, entretenues par l’incompétence ou la malveillance de nos patron·nes, sont les menaces principales sur la santé des travailleur·ses, les emplois, ainsi que sur la qualité et la diversité des productions. Si ces problèmes ne sont pas réglés, c’est l’existence même de l’industrie du jeu vidéo qui est menacée.

Nous lutterons pour :

  • Établir des principes communs de gestion de production sains et efficaces qui ne broient pas les travailleur·ses, stabilisent les emplois, et laissent place à la créativité, l’innovation et l’expression des travailleur·ses pour aboutir à des jeux de qualité fabriqués dans de bonnes conditions.
  • Imposer une hiérarchie la plus horizontale possible dans les entreprises. Intégrer directement les travailleur‧ses dans les prises de décision est une mesure nécessaire pour les emplois et la survie des entreprises. Les travailleur·ses ont prédit chaque échec commercial ou faillite ayant touché l’industrie ces dernières années et seule une hiérarchie dictatoriale refusant d’écouter leurs solutions a empêché de régler les problèmes à temps.
  • Mettre fin au culte de l’auteur·ice et permettre aux travailleur·ses de choisir à quoi leur travail contribue. Il s’agit d’une mesure démocratique, de salut culturel et de salut économique pour briser le cercle vicieux d’uniformisation actuelle des jeux. Les jeux sont le résultat complexe d’une collaboration entre travailleur·ses aux compétences très variées, pas de « génies » créatif‧ves qui n’existent pas.

Internationaliser les luttes

Tout comme de nombreuses industries, le jeu vidéo s’inscrit dans un contexte international qui influence directement le droit des travailleur·ses. Le dumping social est un exemple d’impact concret sur les emplois et les conditions de travail.

Internationaliste, le STJV a fait de cet axe un facteur essentiel de son action depuis sa création, que ce soit par l’échange de connaissances ou le soutien à des syndicats étrangers, y compris dans leur processus de création. Le développement du syndicalisme global dans le jeu vidéo nous permet d’envisager de faire encore plus.

Nous avons pour ambition de :

  • Mettre en place des actions communes avec des syndicats étrangers, dans un esprit de solidarité internationale pour aider les travailleur·ses du jeu vidéo à se syndiquer partout et pour lutter contre la mise en concurrence des travailleur·ses par les entreprises, notamment via l’outsourcing.
  • Informer et sensibiliser les syndicats étrangers et les institutions internationales sur l’industrie du jeu vidéo pour faire intervenir des échelons supérieurs dans la législation et à terme négocier des accords internationaux. Cela pourra passer notamment par un renforcement de notre présence au sein d’Uni Global Union, dont le STJV est membre depuis plusieurs années.

Créer et acquérir de nouveaux droits

Si nous en sommes encore loin sur beaucoup de sujets, les conditions de travail obsolètes de l’industrie du jeu vidéo ne s’amélioreront pas uniquement en respectant le minimum légal. Les travailleur‧ses du jeu vidéo, comme l’ensemble des travailleur‧ses, doivent pouvoir travailler dans des conditions dignes et obtenir la reconnaissance qu’iels méritent, pour ne pas perdre leur vie à la gagner.

En plus de la représentation de l’industrie auprès des institutions, nous allons utiliser tous les leviers d’action à notre dispositions pour :

  • Obtenir de nouveaux droits au niveau de la société entière, en faisant participer l’industrie du jeu vidéo aux actions interprofessionnelles qu’elles soient internationales, nationales, de branches proches du jeu vidéo… La diversité de notre industrie nous permet notamment de pouvoir jouer un rôle de liaison entre des industries comme, par exemple, le milieu de l’informatique et celui du cinéma d’animation.
  • Obtenir de nouveaux droits dans les entreprises, par la négociation d’accords d’entreprise et dans le but d’uniformiser autant que possible ces droits entre les entreprises et travailleur‧ses de l’industrie.

Nous allons d’abord nous concentrer sur les sujets d’urgence dans le jeu vidéo :

  • Le suivi et l’aménagement et la réduction du temps de travail, pour que la vie professionnelle ne vienne plus dévorer la vie tout court et empêcher au maximum les abus des entreprises sur le temps de travail.
  • Le handicap, pour que l’industrie du jeu vidéo devienne enfin accessible à tous‧tes, que les postes soient adaptés à chacun‧e, et faire reconnaître les handicaps répandus dans le jeu vidéo mais peu ou pas reconnus par l’État.
  • La santé physique, les maladies et accidents professionnels, et l’ergonomie. Les risques des métiers de bureau, en particulier les troubles musculo-squelettiques, neurologiques et visuels, doivent enfin être pris en compte et des solutions apportées pour que les travailleur‧ses puissent rester en bonne santé au-delà de quelques années de carrière.
  • Les risques psycho-sociaux, comme la dépression, le burnout et l’anxiété qui font des ravages parmi les travailleur‧ses du jeu vidéo à cause des conditions de travail désastreuses et qui restent systématiquement ignorés par les entreprises.
  • La violence des consommateur‧ices auxquelles sont exposés les travailleur‧ses du jeu vidéo, en particulier les équipes marketing en ligne, et dont les conséquences sont quasi universellement ignorées. Le STJV souhaite introduire la notion de protection fonctionnelle, existante dans la fonction publique, dans l’industrie.
  • Les mesures de protection d’urgence des travailleur‧ses, notamment par l’interruption des productions lors d’excès d’arrêts maladie dans un laps de temps court, signe de dysfonctionnement organisationnel grave mettant en danger les travailleur‧ses.
  • La rémunération des travailleur‧ses et en particulier, sous forme de primes contractuelles, le partage de la valeur produite par elleux lorsqu’un jeu est un succès commercial.

La grève générale

Nous savons d’expérience que nos patron‧nes, quelle que soit l’entreprise et bien qu’iels prétendent l’inverse, n’écoutent pas quand on leur demande normalement d’améliorer nos conditions de travail et nos carrières. Il est donc nécessaire de leur faire comprendre autrement que les travailleur‧ses, leurs droits et leurs conditions de travail ne sont pas de simples variables d’ajustement pour éponger leur incompétence.

Si le patronat a des moyens colossaux, car il utilise la valeur créée par les travailleur‧ses contre elleux-même, à coup d’avocat‧es, de cabinets de communication de crise et de conseil en répression syndicale, les travailleur‧ses ont pour elleux le nombre et la solidarité qui les relie.

Pour exiger que l’industrie devienne enfin mûre et stable, que les travailleur‧ses bénéficient de conditions de travail dignes et puissent avoir confiance dans l’avenir, le STJV appelle tous les travailleur‧ses à une grève générale du jeu vidéo le 13 février 2025.

Nous avons publié un appel à la grève détaillé le 17 janvier.

Gg25test

DON’T NOD – Appel à la grève à partir du Lundi 13 Janvier 2025

Appel à la grève reconductible à Don't Nod à partir du lundi 13 janvier. Sur des tons gris, un bâtiment portant le logo de Don't Nod. Devant le bâtiment, en-dessous du texte d'appel à la grève, trois personnages de jeux Don't Nod dans des postures revendicatives. Au bas à droite de l'image, le logo du STJV.

Constat sur les négociations en cours

Les négociations entre le STJV et la Direction de DON’T NOD autour du PSE n’aboutissent à aucun engagement sérieux pour les salarié·es. Malgré les efforts immenses de la délégation syndicale pour parvenir à un accord, les propositions de la direction restent insignifiantes.

Nous avons tout tenté pour négocier raisonnablement, en supposant la bonne foi de nos interlocutrices.

Aujourd’hui, la date prévue de signature de l’accord potentiel est déjà dépassée et nous n’avons toujours pas eu l’occasion d’aborder des sujets cruciaux, tels que les conditions de départ (indemnité de licenciement, prime au départ volontaire…). Les négociations ont uniquement porté sur d’hypothétiques réductions des départs forcés, desquels la direction entend garder le contrôle total, lui permettant de rester in fine très très proche de son projet initial.

Force est de constater que la Direction n’a qu’un seul objectif, gagner du temps, et ne daigne pas négocier sérieusement.

Le STJV ne signera pas un accord qui entérinerait le projet inique de la direction, même s’il porte une moustache.

Notre appel

Puisque la Direction ne semble pas comprendre les conséquences que représente son projet pour les salarié·es qu’elle voudrait faire partir, mais aussi celleux qui resteraient dans une structure désorganisée aux conditions de travail dégradées, nous appelons à une GRÈVE RECONDUCTIBLE dès le 13 janvier 2025 jusqu’à satisfaction de nos revendications.

Cette grève, votée en AG des travailleur·euses de DON’T NOD, a été massivement plébiscitée (près de 90% des voix). Nous restons soudé·es et motivé·es pour lutter contre ce plan de licenciements, et ne reculerons pas face à l’entêtement de la Direction.

Caisse de grève

Pour soutenir les collègues dans leur combat pour sauver leur emploi, nous avons mis en place une caisse de grève : https://www.stjv.fr/2024/11/mise-en-place-dune-caisse-de-greve-pour-le-mouvement-social-a-dont-nod/

Vous avez déjà été nombreux·ses à donner et à nous laisser des messages d’encouragement, merci infiniment ! <3

Notre combat ne pourra pas se faire sans votre aide.

État de l’industrie du jeu vidéo : conférence de presse du STJV le 16 janvier 2025

Le mois dernier, nous faisions un rapide état des lieux de l’industrie du jeu vidéo. Nous y listions les 3 grands problèmes de celle-ci : les discriminations et blocages de carrière, la désorganisation et l’absence de stratégie des entreprises, et le mépris complet pour la santé et la sécurité des travailleur·ses.

Entre cet état qui persiste depuis trop longtemps et la situation catastrophique actuelle de l’industrie, il est clair que 2025 sera très important pour les travailleur·ses du jeu vidéo. À la fois pour sauvegarder leurs emplois, et pour obtenir des droits qui permettront d’arriver à des conditions de travail dignes.

Les organisations syndicales sont prêtes. Maintenant, comme les patrons le disent elleux-même : la balle est dans leur camp.

Le STJV tiendra une conférence de presse le 16 janvier 2025 à 19h

Nous y présenterons les orientations du syndicat pour réparer l’industrie dans les prochaines années. Elle sera retransmise en direct sur notre chaîne Twitch.

D’ici là, nous vous souhaitons une bonne année de lutte ! Organisons-nous pour lutter contre les patron·nes et leurs clowneries 🃏

Gg25