Après plus d’un mois de mobilisation sans relâche de la part des lycéen·nes, des manifestations massives le 17 et le 24 Octobre, des actes de solidarité et de joie que nous avons toustes vécu, la seule réponse de ce gouvernement autoritaire est de criminaliser et de réprimer. Le nombre de gardes à vue explose, la plupart étant infligées à des mineur·es, et chaque jour la milice du capital mutile et blesse en espérant fracturer notre détermination.
Encore une fois, il s’agit faire passer en force un budget inique et de nous pousser jusqu’à notre point de rupture, et ce à grands coups de hache dans les services publics et l’éducation. Ces « économies » réalisées sur le dos des masses laborieuses sont une fois de plus détournées vers les poches des actionnaires, grands patrons et capitalistes en tout genre.
Capitalisme et racisme allant de pair, la violence envers les personnes racisées continue de se débrider comme le montrent les alliances entre nervis fascistes et police, ainsi que l’ignoble attentat raciste de Trappes. Dans ce paysage politique et médiatique qui a normalisé la parole d’extrême droite, il est de notre responsabilité d’y opposer une mobilisation antiraciste et antifasciste de masse grâce à l’action syndicale.
Ce que ce gouvernement et ses chiens de garde ignorent, c’est qu’on ne brise pas la solidarité de classe avec des matraques ou des montages larmoyants de vitrines brisées. Il est plus que jamais temps d’amplifier le mouvement et de faire converger les luttes. Sur tous nos lieux de travail, allons chercher les collègues et camarades et organisons assemblées générales et grèves. Imposons nos revendications par la cessation du travail et la solidarité.
Il est important de se souvenir qu’on n’appelle pas à la grève générale, on la construit. Cantines solidaires, caisses de grève, piquets et blocages sont autant de mesures qui permettent aux mouvements de durer dans le temps et de gagner.
C’est pourquoi le STJV appelle à la grève dans le jeu vidéo du 5 au 13 Novembre, pour prendre l’initiative et ne pas laisser le patronat s’organiser. Nous invitons toustes les travailleureuses à se mobiliser et ce quel que soit leur statut : les licenciements injustes que nous subissons depuis des années maintenant n’abîment en rien nos capacités.
Nous demandons une politique budgétaire qui améliore la vie des travailleureuses, des étudiant‧es et autres écoliers, une politique sociale qui met fin aux licenciements massifs dans le jeu vidéo et les autres industries, et l’arrêt immédiat de la répression du mouvement social, aussi bien dans la rue que dans les entreprises.
Profitons de ce premier appel national pour s’organiser localement sur le long terme. Participons aux blocages et actions locales, protégeons nos plus jeunes camarades en manifestation et donnons de notre temps pour les cantines solidaires et l’action syndicale. Ce n’est pas aux syndicats d’organiser les travailleureuses, c’est aux travailleureuses d’organiser les syndicats.
Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tout·es les enseignant·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.
