L’industrie du jeu vidéo en France est au bord du gouffre, et subit sa pire crise sociale depuis plus de 20 ans. Depuis 2024, nous avons décompté, entre autres :
- La liquidation de Mi-Clos Studio ;
- La liquidation de Starbreeze Paris ;
- La fermeture de Microïds Studio Paris ;
- Les plans de licenciements à Don’t Nod ;
- Les gels d’embauche, les licenciements et la liquidation de Spiders ;
- La liquidation de Nacon Tech ;
- La fermeture d’Unity Paris ;
- Les licenciements puis la fermeture de Leikir Studio ;
- La liquidation de Build a Rocket Boy France…
Et, au moment où nous publions cet appel, le patronat veut supprimer encore plus d’emplois avec :
- Un plan de suppression de 200 emplois au siège d’Ubisoft à Saint-Mandé ;
- Un plan de licenciements à Cyanide, avec la fermeture envisagée de Big Bad Wolf ;
- Un plan de licenciements à Kylotonn ;
- Un plan de licenciements à Nacon ;
- Un plan de licenciements à Quantic Dream ;
- Un plan de licenciements à Eden Games ;
- La mise en redressement judiciaire de Midgar Studio ;
- Deux plans de licenciements déjà annoncés chez Don’t Nod pour 2026…
On dénombre au total plus de 1 000 emplois supprimés ou menacés à très court terme. Et ces listes sont loin d’être exhaustives, car de nombreuses « petites » entreprises disparaissent sans faire de bruit, et les postes non renouvelés ne sont pas comptés. Pour le moment, nous ne pouvons pas non plus évaluer précisément l’effet domino à venir sur les prestataires, travailleureuses indépendant·es et entreprises spécialisées, qui va être dévastateur.
Dans le même temps les luttes pour la transparence et la démocratie en entreprise, qui sont absolument nécessaires pour assurer la pérennité de nos emplois, continuent notamment à Amplitude, à Arkane, à Ubisoft et dans de nombreuses autres entreprises moins connues. Les dernières années nous ont montré que l’opacité forcenée des entreprises est toujours la première étape sur la pente menant aux licenciements et liquidations,
Ils veulent tuer le jeu vidéo : c’est mort !
En spéculant sur des projets au doigt mouillé, en suivant des modes vouées à l’échec, en refusant de viabiliser les méthodes de production, en s’opposant aux travailleureuses par principe, le patronat a décidé de saborder l’industrie qu’il siphonne depuis tant d’années.
N’acceptons pas le fatalisme et la passivité béate de nos dirigeant·es, ne laissons pas notre industrie se faire assassiner sous nos yeux sans réagir.
Les travailleureuses alertent depuis des années sur les dangers de la gestion de nos patron·nes, et proposent des solutions.
Partout dans le jeu vidéo, on entend les cris de solidarité des travailleureuses qui font vivre notre medium. Le jeu vidéo, c’est nous. Nous pouvons nous battre et surtout, nous pouvons gagner.
Se mobiliser dès le 27 mai autour des luttes en cours
Le STJV appelle à une journée de grève nationale dans toute l’industrie du jeu vidéo ce mercredi 27 mai 2026. Nous refusons de céder au fatalisme et au discours déresponsabilisant du patronat sur la soi-disant « conjoncture », et demandons :
- que nos patron·nes prennent leurs responsabilité, si besoin en démissionant de leurs fonctions, qu’iels ont démontré inutiles ;
- l’annulation de tous les licenciements envisagés ;
- la remise du pouvoir décisionnel aux travailleureuses, seul·es personnes compétentes pour produire des jeux vidéos.
Utilisons cette journée pour nous rencontrer, rompre l’isolement, construire des solidarités et des revendications, autrement dit pour s’organiser pour les luttes en cours et à venir.
Cette date coïncide avec la réunion finale concernant le plan de licenciement outrageux à Kylotonn. Plan qui, nous le rappelons, est opéré lâchement et à distance par Nacon, qui a déjà éventré et liquidé Spiders et Nacon Tech, en plus de prévoir d’autres licenciements dans les studios du groupe tels que Big Bad Wolf et Cyanide ainsi qu’à Nacon directement.
Les travailleureuses de Kylotonn invitent travailleureuses, chômeureuses, retraité‧es et étudiant·es du jeu vidéo à participer à leur piquet à Paris, au 96 rue Orfila dès 10h ce Mercredi 27, pour revendiquer avec elleux l’annulation du plan de licenciement abject qui leur est imposé.
Nous appelons également à répondre massivement aux éventuels appels et demandes des travailleureuses de Quantic Dream, Cyanide, Big Bad Wolf, Midgar, Amplitude, Arkane…
Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.

