Depuis fin septembre, un mouvement social lycéen demande de pouvoir étudier dans des conditions saines et décentes, avec des revendications aussi simples que d’avoir des emplois du temps raisonnables, de ne pas crever de chaud ou de froid dans les salles de classe (quand il y en a) avec des trous au plafond, d’être moins de 40 par classe, d’avoir des chaises en bon état et même, à certains endroits… d’avoir des toilettes fonctionnelles. Ce mouvement qui s’est initié en banlieue parisienne, à Saint-Denis, s’est maintenant étendu partout en France grâce à la solidarité des autres établissements scolaires. Il fait aujourd’hui face à une répression policière et judiciaire ahurissante dans tout le pays, et à un abject mépris infantilisant de la part des médias et de la classe politique bourgeoise.
Le timing de ce mouvement, et la violente répression auquel il fait face, n’est pas un hasard. Le gouvernement a présenté son budget pour 2027 et il cherche encore une fois à imposer des restrictions budgétaires qui empirent les conditions d’études, appauvrissent à nouveau les classes populaires, et rendent au passage les soins encore plus inaccessibles qu’ils ne l’étaient. Les écoles de jeu vidéo étant déjà largement privatisées et peu accessibles, ces diplômes ne valant souvent même pas leur poids en papier ailleurs que sur un CV, le jeu vidéo devient de facto encore plus inaccessible à chaque nouveau budget. La proposition du gouvernement est claire : « Lycéen·ne, espère que tes parents puissent te payer une école privée et ferme-la ».
Qui plus est, l’impact de ce budget inique touche directement toute la classe laborieuse. Les travailleureuses du jeu vidéo se retrouvent bien souvent au chômage par ces temps de casse sociale, et celleux qui gardent leur travail ont besoin de soins tant les conditions peuvent être dégradées dans ce « métier passion ». Il en va donc également de notre santé et de notre capacité à rebondir après une fermeture de studio ou un épuisement professionnel. Une fois de plus, nous ne céderons pas le moindre centimètre de terrain sans nous battre.
Il est important de se mobiliser contre la politique de pauvreté du gouvernement, son refus de la démocratie et de la liberté d’expression, aux côtés des lycéen‧nes qui sont en première ligne aujourd’hui. La réponse violente d’un pouvoir politique et d’une bourgeoisie qui se fascisent à vitesse grand V doit renforcer nos solidarités et nous rappeler que nous ne nous battons pas uniquement pour empêcher le pire, mais surtout pour faire advenir des lendemains meilleurs qui les terrifient.
Le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo soutient la mobilisation des lycéen·nes, et appelle tous‧tes les travailleureuses du jeu vidéo à faire grève et à rejoindre les manifestations et actions de mobilisation du 6 octobre prochain. Nous demandons une politique budgétaire qui améliore la vie des travailleureuses, des étudiant‧es et autres écoliers, une politique sociale qui met fin aux licenciements massifs dans le jeu vidéo et les autres industries, et l’arrêt immédiat de la répression du mouvement social.
Nous rappelons que cet appel couvre le champ d’action du STJV dans le secteur privé, et concerne donc toute personne employée par une société d’édition, distribution, services et/ou création pour le jeu vidéo quel que soit son poste ou son statut et quel que soit le domaine d’activité de sa société (jeux, consoles, mobile, serious games, VR/AR, moteurs de jeu, services marketing, streaming, produits dérivés, esport, création de contenu en ligne, etc.), ainsi que tous·tes les enseignants·es travaillant dans des écoles privées dans des cursus en lien avec le jeu vidéo. Puisqu’il s’agit d’un appel national à la grève, aucune démarche n’est nécessaire pour se mettre en grève : il suffit de ne pas venir travailler.
