Mi-Clos condamné pour le harcèlement sexuel commis par son ex-directeur créatif

Nous avons accompagné une ancienne salariée de Mi-Clos (entreprise liquidée en 2024) qui se plaignait d’un harcèlement sexiste et sexuel de la part de son supérieur, et avait été contrainte de prendre acte de la rupture de son contrat de travail, afin de se préserver. Elle avait décidé de porter cette affaire aux prud’hommes.

La plaignante évoquait des propos sexuels répétés (remarques sur le physique, propositions de discuter « hors du bureau » autour d’une bière, demandes insistantes pour obtenir son numéro personnel, propositions de venir prendre son badge directement dans sa poche…). Malgré une alerte au CSE, suivie d’un « recadrage », les faits n’ont pas cessé.

Pire encore, la plaignante a subi des représailles. Malgré une nouvelle alerte du CSE, de l’inspection du travail et de la médecine du travail, aucune mesure n’a été prise par l’entreprise, en plus de l’avertissement initial, pour faire cesser le harcèlement.

Streetpress relatait plus en détails cette affaire en 2024 : Au studio de jeux vidéo Mi-Clos, l’ambiance sexiste et les incohérences de production épuisent | StreetPress

En septembre dernier, la société a été condamnée par le Conseil des Prud’hommes de Créteil à :

  • 3 750 € de dommages et intérêts en réparation du harcèlement sexuel et des agissements sexistes de son directeur créatif ;
  • 3 750 € de dommages et intérêts en réparation de la violation de l’obligation d’évaluation et de prévention des risques psychosociaux et de l’obligation de sécurité ;
  • Une requalification de sa prise d’acte en licenciement nul avec 11 250 € au titre du préavis, 1 125 € pour les congés payés, et 937 € au titre de l’indemnité de licenciement ;
  • 22 500 € de dommages et intérêts pour licenciement nul.

Le mandataire liquidateur n’ayant pas fait appel, la condamnation est donc devenue définitive.

Michael Peiffert, gérant de la société aux moments de faits, s’était permis des élucubrations dans son droit de réponse à l’article de StreetPress :

Une personne, Emilie sentant le vent venir, comme elle le déclare elle-même, fait des déclarations à l’encontre d’un autre salarié pour réclamer 50 000 € à l’entreprise. La liquidation de cette dernière n’a pas permis de contrôler la véracité de ses propos pour aller au-delà de l’avertissement, mais surtout a rendu son espérance de gain plus qu’hypothétique.

Entre temps, la véracité des faits a pu être contrôlé par la justice : Emilie n’a pas agi par effet d’opportunisme et Mi-Clos a été définitivement reconnue coupable et condamnée à verser plus de 43 000€ à la plaignante, dans le jugement reproduit ci-dessous.

Malgré le pink-washing des entreprises, la discrimination sexiste et le harcèlement sexuel restent monnaie courante au travail, et contribue directement au manque de diversité. Preuve s’il en est : la victime a depuis fait le choix de quitter l’industrie du jeu vidéo.

Mais ce n’est pas une fatalité. Nous continuerons d’aller chercher autant que possible les responsabilités des entreprises et des auteurs pour qu’ils en répondent devant la justice.

Si vous êtes victimes et que vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à prendre contact avec notre syndicat.

Nous conseillons à toutes et tous et la lecture de nos fiches pratiques, et en particulier celle sur l’auto-défense en entreprise.

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